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Dix mille personnes!

La mobilisation a été exceptionnelle samedi à Reconvilier pour soutenir les grévistes. Phrases assassines lâchées. Une mère de quatre enfants s'est confiée: un moment émouvant S'il fallait encore une preuve de l'attachement des gens du Jura bernois - et plus largement de tout l'Arc jurassien - à la Boillat, elle a été administrée de manière magistrale samedi après-midi à Reconvilier.

13 févr. 2006, 12:00

En ouvrant officiellement la manifestation de soutien, Jean-Claude Chapuis, secrétaire Unia pour la région Transjurane, a pu annoncer la présence de quelque 10.000 personnes sur la place, en ce 18e jour de grève! Un chiffre confirmé de source policière. Du jamais vu!

«Retour à l'esclavage»

Visiblement touché par ce formidable élan de solidarité, Nicolas Wuillemin, le président de la délégation du personnel et tout frais licencié, a rappelé que les événements récents, comme le rachat de Busch-Jaeger, sont dans la droite ligne des agissements du conseil d'administration et de la direction, qui vise à démanteler le site de Reconvilier. «La volonté des dirigeants de soumettre le personnel n'est pas seulement une régression, c'est carrément un retour à l'esclavage!» Il s'est dit persuadé que si on lui en donne les moyens, la Boillat peut vivre sans Swissmetal. D'ailleurs, un comité stratégique et financier s'est constitué et va faire des propositions à Joseph Deiss et au médiateur Rolf Bloch.

Au nom du comité de soutien à la Boillat, le maire de Reconvilier, Flavio Torti, a constaté qu'avec le rachat vendredi de l'Allemand Busch-Jaeger, le scénario tant redouté est en train de se réaliser, avec le sacrifice programmé de la Boillat. «La stratégie de Martin Hellweg, qui vise à tuer la Boillat, coulera tout le groupe Swissmetal. Les actionnaires, dont les banques cantonales, en sont-ils vraiment conscients?»

Vice-président de l'Union syndicale suisse et conseiller national jurassien (PS), Jean-Claude Rennwald s'en est vigoureusement pris au double jeu des dirigeants de Swissmetal: «Ce n'est pas seulement de la provocation, c'est un véritable gâchis!», s'est-il exclamé. Et n'en déplaisent aux dirigeants de Swissmetal, qui répètent que cette grève est illégale, «elle est parfaitement légitime en pareille situation!»

Quant au coprésident d'Unia, Renzo Ambrosetti a fustigé la politique de la direction: «Martin Hellweg n'a toujours pas compris qu'ici, on ne joue pas au Monopoly!»

Mère de quatre enfants, l'épouse d'un des grévistes, qui compte 20 ans de maison Boillat, est venue témoigner à la tribune de son vécu. Elle a évoqué la solidarité des ouvriers, mais aussi la souffrance au quotidien, avec ce conflit qui ronge chacun de l'intérieur, «quand on n'a plus envie de manger, ni de faire à manger». Se refusant à donner un nom à ses bourreaux, «des gens qui ne méritent même pas d'être nommés», elle a dit espérer qu'ils aient, un jour, des comptes à rendre.

Un témoignage fort, qui a bouleversé l'assistance. / POU-Journal du Jura

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