Des mentalités pas prêtes à une fusion?

06 mai 2009, 09:02

ÉCLAIRAGE - PAR DANIEL DROZ

Un supercanton de l'Arc jurassien? Il a les faveurs du conseiller d'Etat neuchâtelois Jean Studer (notre édition d'hier). Celles des internautes aussi, qui ont répondu à notre question du jour. Mais le oui l'emporte d'une courte tête et l'échantillon n'est pas du tout représentatif des populations des trois cantons.

Par contre, du côté du gouvernement jurassien, c'est niet! Le ministre démocrate-chrétien Philippe Receveur l'a dit clairement sur les ondes de la Radio romande hier. Réglons d'abord la question jurassienne, a-t-il déclaré en substance. Serait-ce la crainte de voir le PDC privé de pouvoirs dans une nouvelle structure? Ce dernier pèse certes bien peu dans les cantons de Neuchâtel et de Berne, mais on peut espérer que la réflexion va bien au-delà de considérations partisanes.

Tout comme ce cri du c½ur d'un internaute neuchâtelois qui n'a aucune envie de voir son canton s'unir à un autre, «dominé par les démocrates-chrétiens et les catholiques». Que de combats d'arrière-garde!

Autre considération à maintes fois répétées par nos lecteurs neuchâtelois: vaut-il mieux être le canton le plus fort parmi les faibles ou le plus faible parmi les forts? Et certains d'en appeler à «draguer» Vaud, Fribourg ou Berne, à l'instar de l'ancien conseiller national Claude Frey qui voit l'avenir de Neuchâtel avec ces deux derniers. Un internaute du Jura bernois ne voit, lui, aucun intérêt pour sa région à quitter un canton de 1 million d'habitants pour une nouvelle structure de 300 000 personnes. Pour d'autres, c'est l'avenir ou, au contraire, déjà dépassé. Un dernier évoque «le coup de Jarnac de Berne et du Jura lorsqu'il a fallu défendre l'Ecole d'ingénieurs du Locle».

Le supercanton? Sans vouloir jouer les Cassandre, ce n'est pas pour demain! Les mentalités n'y semblent pas prêtes. La tiédeur de certaines communes - dans les trois cantons - face à tout processus de fusion n'est-elle pas aussi un indice? Peut-on vraiment imaginer une avancée plus rapide à l'étage supérieur? D'ailleurs, Berne ne semble pas vraiment décider à lâcher «son» Jura.

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