Déjà un mois de course dans l'Himalaya

Parti le 18 juillet de Saint-Imier, Vincent Scheidegger a bouclé son périple pakistanais, première étape de son défi fou dans l'Himalaya. Impressions de là-bas après 435 km parcourus sur des terrains casse-pattes.
02 août 2015, 18:47

Voilà un mois jour pour jour que Vincent Scheidegger a quitté la Suisse et sa petite famille pour se lancer à l'assaut du plus grand défi de sa carrière de globe-trotter de l'extrême: rejoindre les 14 camps de base des plus hauts sommets de la planète, soit 4000 km à parcourir entre ciel et terre. Tout cela à la seule force des mollets. Rappelons que ce défi servira aussi à financer l'hôpital népalais de Luka, créé par Nicole Niquille

«Comme d'habitude, la séparation fut douloureuse. Mattia, serein ou insouciant, semblait tout étonné de voir son père pleurer au moment du départ. Eh oui, on peut partir cinq mois dans l'Himalaya et adorer sa famille», avait déclaré Vincent Scheidegger au moment du départ. Depuis, il a parcouru 435 km avec un dénivelé positif de 7200 m, soit l'équivalent de onze marathons sur les 100 qu'il compte effectuer en traversant l'Himalaya d'ouest en est.

Après quelques jours d'acclimatation dans les montagnes pakistanaises où il a débarqué, l'aventurier imérien de 36 ans s'est lancé à l'assaut de la première partie de son périple au Pakistan, qu'il vient donc de boucler «La marche était très difficile, le terrain escarpé. Sur le glacier Baltoro, univers minéral, il n'y a que sable, glace, petits cailloux et rochers, qu'il faut soit escalader, soit contourner», raconte-t-il. Des jours pénibles, où on ne fait pas beaucoup d'avance. D'autant plus que Vincent Scheidegger a souffert de maux de tête dus principalement à l'altitude, mais aussi à la chaleur et aux grandes différences de températures. Et l'homme de préciser: «Soit j'étais gelé, soit je suais à grosses gouttes». Imaginez qu'à Concordia, à 4500m d'altitude, il peut faire -10 degrés la nuit et +40 le jour!

Si les maux de tête ont disparu avec la descente en altitude, en revanche il peine à se débarrasser d'une infection douloureuse à la lèvre inférieure. Autres bobos: «Je gère le va-et-vient de cloques et, pour l'instant, aucun signe de tendinite à signaler», précise-t-il. Côté alimentation, ce n'est pas le top. «La cuisine est très peu variée, alors que c'est mon combustible. J'essaie alors de compenser par un apport en protéines et vitamines en poudre. C'est dans ces moments-là que je rêve du fameux saucisson vaudois en croûte avec salade mêlée concoctée par mon épouse Anita», ajoute l'Imérien.

Depuis le camp de base de Nanga Parbat, fin de son périple pakistanais, Vincent Scheidegger a pris l'avion pour Islamabad, puis Delhi et enfin Leh (Inde). Ceci afin de contourner la ligne de cessez-le-feu. Il se prépare maintenant pour la deuxième partie de son incroyable défi, qui l'emmènera de Leh au camp de base de l'Anapurna (Népal) en passant par Mahendranagar (frontière indo-népalaise), soit environ 2000 km. Arrivée prévue (ou plutôt espérée, comme il préfère dire): fin octobre. A noter que durant trois semaines, Vincent Scheidegger sera accompagné de deux potes en VTT, Raymond Monnerat et René Schneider. «L'essentiel pour moi est de gérer l'effort et la fatigue, ne pas exagérer et surtout être constamment à l'écoute de mon corps. Mais avancer au maximum tout de même», explique-t-il Quel dilemme! Mais il en faut davantage pour décourager le sportif de l'extrême. Car il fait partie de la race des optimistes et surtout il peut compter sur sa grande expérience d'aventurier.

«J'ai un rendez-vous avec mon épouse Anita et mon fils Mattia à la mi-décembre à Lukla, au pied de l'Everest, et le chemin est encore long, très long. Mais j'y serai!», conclut-il. /MPR