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Deiss nomme un médiateur

En refusant de négocier et en annonçant le licenciement de 120 personnes sur le site de Reconvilier, le conseil d?administration renforce la détermination des grévistes. Le ministre de l?Economie entre en scène Le conseil d'administration de Swissmetal persiste et signe. Hier matin, soit trois jours après avoir rencontré une délégation des grévistes à Bienne, il a fait savoir qu'il exigeait toujours la reprise du travail avant toute amorce de dialogue. Et celui-ci ne pourra avoir comme objectif que « de déterminer comment le site de Reconvilier peut trouver sa place dans le groupe Swissmetal». Le conseil exclut donc toute remise en cause de sa stratégie et annonce dans la foulée qu'il va supprimer 120 postes de travail d'ici au mois d'avril.

10 févr. 2006, 12:00

Loin de décourager les grévistes, cet oukase du conseil d'administration a au contraire galvanisé leur détermination. Lors de la séance d'information au personnel d'hier, suivie par des médias toujours plus nombreux, Nicolas Wuillemin, président de la délégation du personnel, a démonté les arguments du conseil d'administration. Certes, a-t-il admis, la définition de la stratégie est du ressort du conseil et n'est pas négociable. «Ce n'est toutefois pas cela que nous remettons en cause, mais le concept industriel qui conduit au démantèlement de notre usine!», a-t-il asséné.

Garanties exigées

Au 16e jour de grève, chacun souhaite se remettre au plus vite au travail pour éviter à la Boillat de perdre des clients. Mais pour cela, les grévistes exigent des garanties. Quant à l'annonce des 120 licenciements, Nicolas Wuillemin a souligné que cela démontre l'incohérence totale du conseil d'administration: alors que la suppression d'une dizaine de postes risque déjà de paralyser certains secteurs de la production, «imaginez ce qu'il y aura avec 120 licenciements! C'est bien la preuve qu'ils veulent détruire notre entreprise!»

«Evitons les provocations»

Nicolas Wuillemin a par ailleurs demandé à tous ses collègues grévistes de continuer à faire front avec calme et dignité. Et, dans tous les cas, a-t-il répété, le personnel est prêt à se remettre très vite au travail, pour autant qu'il ait des garanties quant aux points revendiqués dans la demande de négociations. Concernant la rencontre de mardi entre le conseil d'administration et les plus importants clients de la Boillat, Nicolas Wuillemin a indiqué que ces derniers avaient posé des exigences presque similaires que celles du personnel - en particulier un réexamen du concept industriel. A l'évidence, le communiqué de Swissmetal d'hier n'a pas été du goût des décolleteurs: ces derniers recevront cet après-midi la presse pour faire part de leur position.

En tout cas, la grève est en train d'avoir des répercussions dans tout le pays. «Personne ne peut s'imaginer que notre entreprise puisse disparaître! Nous devons continuer à nous battre ensemble, c'est notre seule chance pour sauver cette entreprise. Il faut résister, résister, résister», a asséné Nicolas Wuillemin. Il a informé ses collègues que Joseph Deiss avait enfin accepté de mouiller sa chemise en recevant le personnel (lire ci-contre).

Pour sa part, Mario Grünenwald, président de la commission d'entreprise, a donné lecture de la lettre adressée par le conseil d'administration à propos des 120 licenciements annoncés. Le conseil les justifie par le fait que la grève qui paralyse le site de Reconvilier va entraîner des baisses de commandes, ce qui contraint Swissmetal à réduire ses effectifs. Une lettre signée Daniel Brendel et Laura Rossini, respectivement vice-président de la direction générale, et cheffe du personnel, copieusement conspués par l'assemblée des grévistes qui, plus déterminés que jamais, ont reconduit la grève par une immense clameur. / POU-Journal du Jura

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