Comme chien et chat

Deux anciens amis face à face sur le banc d'infamie Le juge pénal Pierre Lachat a traité hier une affaire de voisinage qui a atteint son point critique en mai 2004. Cette dernière a pour cadre la commune de Courroux, près de Delémont. Les deux protagonistes, dans la quarantaine, étaient de parfaits amis, ils partaient même en vacances ensemble avec leur famille. Que s'est-il passé pour qu'ils soient devenus soudain comme chien et chat? Le changement d'attitude tient dans une simple cabane de jardin que le premier a construite sans demander de permis. Le second s'est pris un peu pour un shérif, ce d'autant plus qu'il a de la parenté au service de la commune.

08 févr. 2006, 12:00
Secoué par «amitié»

Depuis lors, les relations se sont détériorées. Les deux hommes ne se saluent plus. Ce fameux 8 mai, le premier a croisé le second avec sa femme dans le quartier. Un regard: il n'en fallait pas plus pour que l'un empoigne l'autre et le secoue. «La victime» va porter plainte, affirmant qu'il a reçu un coup de poing. Et a produit à ce titre deux certificats médicaux. L'autre protagoniste va également porter plainte pour injures. Son voisin, en le croisant, lui aurait fait un sourire narquois et lui aurait tiré la langue. Il n'a pas supporté non plus qu'il écrive au Conseil communal pour décrire l'altercation, en la gonflant.

A plusieurs reprises, le juge va lui demander s'il a lâché un coup de poing. L'autre va toujours contester le coup, admettant avoir simplement poussé son voisin. Il va même jusqu'à dire «Je l'ai secoué dans un élan d'amitié»...

Le magistrat va tenter de concilier les deux parties en leur proposant un arrangement à l'amiable, rappelant qu'ils devaient vivre en voisins. Mais rien n'y fera. Après avoir discuté en aparté avec son avocat, le principal plaignant va dire qu'il attend une sanction envers son voisin. «C'est encore moi qui juge», a répondu Pierre Lachat, qui a renvoyé l'affaire... / MGO