Carton pour Saintimania

Après six représentations, la 12e édition du spectacle satirique imérien tire sa révérence. Les deux dernières ont fait salle comble. L'organisation dresse un bilan positif En état de grâce. Touchés par le succès de Saintimania, version 2006, les organisateurs (FC Saint-Imier) et la troupe de Saintimania étaient hier sur un nuage. «C'est que du bonheur!», déclarait Patrice Lüthi, responsable de la troupe, après la dernière soirée de samedi. Comme à l'accoutumée, elle a offert son lot de satisfaction à la troupe. Les superlatifs élogieux sur la 12e édition abondent et les caisses du FC Saint-Imier sont dignement remplies. Sur les 3200 spectateurs attendus, 350 places n'ont pas trouvé d'acquéreur. Des chiffres comparables à ceux de l'an dernier.

23 janv. 2006, 12:00

Quant aux critiques, elles sont récurrentes d'année en année. Les spectateurs ont, dans l'ensemble, relevé une évolution au niveau de l'écriture. Si d'aucuns s'offusquaient des grivoiseries passées, certains ont regretté la présence moins affirmée d'un «humour plus populaire». Le spectacle attire un public externe à la localité. Les sketches, moins centrés sur la cité, suscitent quelques remarques. En conséquence, la revue «dérange un peu moins qu'autrefois» regrette une frange du public.

«Saintimania: une soupape»

Co-fondateur de la revue satirique, Paul Aellen, endossait par moment le rôle de provocateur. Le «Paulet d'Sainti» par contre, a satisfait les inconditionnels d'un humour plus agressif et plus populaire. L'homme a même essuyé quelques sifflets quant il a ironisé sur la tragédie du petit Suleyman, attaqué par trois pitbulls. «Le but n'était pas d'être drôle, je voulais lancer une vérité en pleine figure», explique-t-il encore indigné par l'affaire. Son intention, dénoncer les personnes et «dresseurs de chiens» qui n'imaginent pas qu'une telle chose puisse se passer «chez nous». Paulet connaît l'humour noir. L'employé de la «Boillat», qu'il compare durant le spectacle à une belle femme trahie par un playboy allemand, ne manifestait pas samedi à Reconvilier, mais le coeur y était. «A chaque représentation, il y avait des collègues dans la salle. Je ne pense pas que je vais être viré pour ça», s'amuse-t-il. Une carapace? Certainement. Mais «Saintimania est une soupape pour décompresser» en ces instants «difficiles à vivre».

Joie et déception

«Rock'n'drôle attitude» marquera les esprits, notamment pour la qualité des costumes. Maryse Tschanz, la responsable de la nouvelle section couture (six personnes), s'est dite flattée des nombreux compliments reçus: «On est dans l'ombre et c'est agréable que l'on reconnaisse notre travail».

L'introduction du concept Drivermania n'a pas fonctionné comme espéré. Sous la responsabilité de Roberto Genesi, le service consistant à ramener les spectateurs, attardés au bar ou venus en train, a été sollicité une quinzaine de fois. «On n'était peut-être pas assez en vue, mais on le refera l'an prochain», affirme-t-il.

L'an prochain, on en parle déjà. Les différents responsables devraient rempiler. Une comédienne, Martine Schmid, a annoncé son retrait pour des raisons professionnelles.

Les comptes ne sont pas établis mais, a priori, Pierre-Alain Vocat, pour le comité des manifs du FC Saint-Imier, sait que l'exercice est à nouveau bénéficiaire. Et pas seulement d'un point de vue économique. /MAG