Avec un peuple debout

Tout un village, mais aussi une région, ont célébré hier soir l'élection d'Elisabeth Baume-Schneider à la tête de l'Etat jurassien ui l'aurait dit voici dix ans? Une femme à la tête de la mairie des Breuleux et une autre Breulotière à la tête du Gouvernement jurassien. Deux socialistes en plus. Hier soir, ces deux femmes, Agnès Bourquard d'un côté, Elisabeth Baume-Schneider de l'autre, ne pouvaient que se croiser pour marquer l'élection à la tête de l'Etat de la seconde nommée. Chansons, verrée et discours au milieu des petits fours

29 janv. 2006, 12:00

Ce ne sont pas seulement les gens des Breuleux qui ont investi la salle de spectacles des Breuleux hier soir. Députés, maires et amis du Haut-Plateau étaient également présents. La ministre s'est dite touchée que les gens de tous bords participent à cette petite cérémonie, «preuve que les Francs-Montagnards sont des gens qui s'engagent avant tout», devait-elle relever.

Fière d'elle

C'est la syndique des Breuleux, Agnès Bourquard, qui devait tout d'abord lâcher la première salve oratoire. Et de noter tout d'abord le juste dosage de qualité de la nouvelle élue, à la fois mère de famille, attentive à l'autre et engagée en politique. «Une femme proche des gens, je suis fière d'elle», dira-t-elle, saluant ensuite l'ascension rapide d'Elisabeth Baume en politique avec, à la clé, «un mari qui découvre son statut de père au foyer».

Agnès Bourquard, prenant alors un ton plus politique, s'est dite acquise à l'idée de fusion de communes en souhaitant des entités fortes. Elle a pourfendu les peurs à ce sujet, en demandant aux citoyens de retrouver leur soif de liberté Faisant un appel du pied à la ministre, elle l'a remerciée pour l'engagement cantonal dans la réfection de la salle de spectacle et de la salle de la Pépinière, ajoutant que le développement du village passe aussi par la réfection de la Grand-Rue, le chauffage à distance et l'ouverture d'une crèche.

Des «djasous»

«On dit que les politiciens sont des gros djasous et des petits faisous», va attaquer Elisabeth Baume-Schneider. «C'est faux», a-t-elle lancé, avant de remercier sa famille - la tribu Baume notamment - pour son soutien. «Dans notre région, on peut compter sur les réseaux familiaux», dira-t-elle. La présidente du Gouvernement va aussi faire l'éloge de ceux qui s'engagent en politique, notamment les femmes. Et de relever le peu de candidatures féminines dans le canton de Berne voisin Elle rêve d'un canton en mouvement, de qualité de la vie. «Il faut assurer une dignité à chacun», a-t-elle ponctué, pour avoir connu de près la précarité des statuts des ouvriers agricoles étrangers.

C'est en entonnant «La Rauracienne» que la présidente devait clore son discours. /MGO