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3 camions pour 1 wagon

La suppression des dessertes de CFF Cargo serait un obstacle au développement régional. Concernant le bois, 400 camions supplémentaires par an pourraient sillonner la région La mobilisation pour sauver les quais de chargement de la région s'accentue. CFF Cargo prévoit la suppression de la quasi-totalité des dessertes du Jura bernois. Jean-Pierre Ettig, secrétaire au Syndicat du personnel des transports (SEV), tire la sonnette d'alarme. Ce dernier s'inquiète quant aux conséquences d'un «démantèlement des infrastructures actuelles». La route remplacerait le rail, souligne-t-il. «En plus de la perte d'emplois que cela occasionnerait, l'augmentation du trafic de poids lourds sur les routes du Jura bernois suscite plusieurs interrogations en matière de sécurité routière.»

17 janv. 2006, 12:00

Ex-collaborateur de CFF Cargo et résidant de Courtelary, Jean-Pierre Ettig considère par ailleurs que le concept n'est pas cohérent avec celui de la Confédération, qui veut «renforcer les transports par le rail». Il se soucie encore des répercussions écologiques d'une telle stratégie. Mais, en premier lieu, il redoute que les régions périphériques ne soient prétéritées dans leur développement.

Camille Bloch, fausse solution?

Concernant le haut-vallon de Saint-Imier, les autorités cantonales révélaient à fin décembre le rapport intermédiaire que lui avait adressé CFF Cargo. En substance, la desserte de Saint-Imier «sera à nouveau examinée», précisait le document. Quant à Courtelary, après avoir annoncé sa fermeture, le quai de chargement a été maintenu. Essentiellement en faveur de l'entreprise Camille Bloch. Jean-Pierre Ettig estime qu'il s'agit d'une fausse résolution du problème visant «à noyer le poisson puisqu'on ne peut pas tout y charger. De plus, le service n'est pas assuré quotidiennement». Des propos soutenus par la bourgeoisie de Saint-Imier et le chef de la Division forestière du Jura bernois, Renaud Baumgartner.

Dans la région, l'une des préoccupations majeures concerne en effet le transfert du long bois.

Selon le SEV, les places de chargement de Sonceboz et de Reconvilier sont déjà condamnées. De plus, «un préavis négatif» frappe les dessertes de Saint-Imier, Tavannes, Court et Moutier. Seul celui de Reuchenette serait maintenu. Stephan Appenzeller, porte-parole de CFF Cargo, confirme l'intention de maintenir Reuchenette «dans le réseau de base».

400 camions en plus

Il assure cependant que «rien n'est définitivement décidé» concernant les autres sites. Les mesures définitives seront annoncées d'ici à fin février. Si celles-ci devaient être appliquées, comme l'envisageait le premier projet de CFF Cargo, le chef de la division forestière estime qu'environ 400 poids lourds s'additionneraient annuellement au trafic régulier. Pour le long bois, un wagon correspond à trois 40-tonnes. «Et c'est sans compter le transport des marchandises pétrolifères», ajoute Jean-Pierre Ettig.

Les bourgeois font pression

Réunie hier soir, la commune bourgeoise de Saint-Imier prévoit d'accentuer la pression en vue de sauver le quai de chargement de la localité. «Nous allons renforcer les contacts avec les autorités cantonales et les communes qui nous livrent du bois», précise son président, Jean-Jacques Terraz. Le soutien des autorités imériennes est déjà garanti.

L'inquiétude est aussi motivée par des raisons économiques. Selon Renaud Baumgartner «le fret sur la route est un tiers plus cher que par le rail.»

Et l'atout imérien? Aucun investissement ne serait nécessaire au maintien du quai de chargement. /MAG

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