13.02.2019, 12:42

Suisse: une femme sur dix est licenciée après un congé maternité

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Selon Dieter Egli, porte-parole du syndicat Syna, les femmes sont trop souvent poussées à démissionner au début de la grossesse. (Archives)

Marché du travail Une enquête parue dans la presse alémanique mardi révèle qu'un nombre croissant de jeunes mères sont discriminées par leurs employeurs. En Suisse, une femme sur dix est licenciée après un congé maternité. Et certaines sont poussées à la démission en début de grossesse.

Retourner travailler après un congé maternité peut s’avérer compliqué pour les femmes en Suisse. De plus en plus de jeunes mères sont discriminées par leurs employeurs, selon les données d’une enquête parue dans le Blick mardi, qui a récolté des informations dans les divers bureaux cantonaux de l’égalité. Les licenciements durant ou à la fin du congé maternité ont considérablement augmenté au cours des dernières années.

10% des jeunes mères

L’enquête va dans le même sens qu’une récente étude de l’organisation faîtière syndicale Travail Suisse, qui révèle que, en Suisse, une femme sur dix est licenciée après un congé maternité. En 2016, sans se baser uniquement sur les licenciements, l’Office fédéral de la statistique indiquait que près d’une mère sur sept quittait le marché du travail après une maternité.

A lire aussi : Suisse: près d’une mère sur sept cesse de travailler après une maternité

Dans le canton de Bâle-Ville, où des chiffres ont été donnés, on dénombre deux cas de licenciement de ce type par semaine et une hausse sur les dernières années, comme le relève Telebasel.

 

 

Poussées à la démission

«Cette discrimination augmente avec la pression générale qui frappe le monde du travail», a expliqué Dieter Egli, porte-parole du syndicat Syna, au Blick. «Les employeurs pensent souvent que les nouvelles mamans causent des problèmes. Et trop souvent, ils les poussent à démissionner au début de la grossesse en expliquant qu’ils n’ont pas de travail convenable à leur offrir.»

Les employeurs pensent souvent que les nouvelles mamans causent des problèmes
Dieter Egli, porte-parole du syndicat Syna

De nombreuses femmes enceintes démissionnent ainsi sans pouvoir bénéficier du congé maternité et de sa protection contre le licenciement.

«Incompréhensible»

Fredy Geuter, porte-parole de l’Union patronale suisse, qualifie le licenciement d’une femme après une grossesse d’«incompréhensible». Et souligne au journal alémanique qu’«il manque en Suisse une protection contre les licenciements pour raisons économiques après le congé de maternité légal.»

 

 

Un licenciement de ce type est défini comme discriminatoire, rappelle Le Matin. Il est donc possible de le contester, mais pas d’en demander l’annulation, ou de demander son réengagement. L’employée licenciée peut prétendre à une indemnité atteignant au maximum atteindre six mois de salaire.


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