02.08.2015, 19:52

Le débat nucléaire met en émoi toute la classe politique sauf l'UDC

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Par BERNE / CHRISTIANE IMSAND

L'UDC refuse de modifier ses priorités politiques à cause de la catastrophe de Fukushima. Elle espère que le soufflé atomique va rapidement retomber.

La catastrophe nucléaire japonaise a mis en émoi toute la classe politique. A l'exception notable de l'UDC qui reste muette sur le sujet. Il n'y a pas eu un mot sur la politique énergétique lors de l'assemblée des délégués, qui a eu lieu samedi dernier au Tessin. «Je m'étonne que le parti qui prétend défendre la patrie et la population n'ait rien à dire sur les centrales nucléaires», s'exclame le président des Verts, Ueli Leuenberger.

Réponse du secrétaire général du parti, Martin Baltisser: «Rien n'a changé pour la Suisse. Il est prématuré de tirer les conséquences politiques de cet accident. Nous menons une politique à long terme. Pourquoi marcherions-nous sur les traces des libéraux radicaux en faisant semblant de changer d'avis? Il n'y a pour l'instant pas de nouveaux éléments amenant à définir un changement de stratégie en politique de l'énergie.»

Une arrière-pensée explique cet attentisme. L'UDC espère encore que les Japonais seront en mesure de limiter rapidement les dégâts. «S'ils parviennent à régulariser la situation, plus personne ne parlera de Fukushima après l'été», estime le conseiller national valaisan Oskar Freysinger. «Par contre, les révolutions arabes pourraient entraîner une pression migratoire accrue. Nous avons tout intérêt à continuer à nous concentrer sur les questions de politique de sécurité et de migrations. C'est sur ce terrain-là que nous sommes crédibles.»

Les électeurs sont cependant en mesure d'imposer leurs propres priorités. On l'a vu ce week-end à Bâle-Campagne où le conseiller d'Etat UDC Jörg Krähenbühl a été éjecté au profit du Vert Isaac Reber. Martin Baltisser minimise «l'effet Fukushima». Selon lui, ce résultat s'explique avant tout par le manque de soutien apporté au candidat UDC par le PDC et le PLR. Il en veut pour preuve que l'UDC a gagné trois sièges au niveau du législatif.

Pour le politologue Oscar Mazzoleni, tous les partis bourgeois ont été bousculés par la catastrophe nucléaire japonaise. «La réaction de l'UDC est lente, mais les problèmes de stratégie sont complexes», commente-t-il. «Il ne suffit pas de retourner sa veste pour s'adapter à la situation. On l'a vu avec la chancelière allemande, Angela Merkel. Elle n'a pas réussi à empêcher une poussée des Verts dans le Bade-Wurtemberg.»

Il sera en tout cas difficile à l'UDC de prendre un virage écologique. Son orientation pro-nucléaire a été réaffirmée en janvier 2010, à l'occasion d'une assemblée des délégués consacrée à l'approvisionnement électrique. Les délégués avaient adopté à une large majorité une résolution exigeant la planification et la construction immédiate de nouvelles Centrales nucléaires. Le parti s'était aussi opposé à tout soutien public supplémentaire pour les énergies renouvelables. En maintenant sa ligne, l'UDC espère faire la différence avec la valse-hésitation des autres partis bourgeois. Le résultat des élections cantonales zurichoises, le week-end prochain, dira si ce calcul est pertinent. /CIM

Le PS veut sortir du nucléaire en 2025

Les socialistes ont dévoilé hier leur agenda de sortie du nucléaire. Selon eux, les trois petites centrales, qui sont également les plus anciennes (Mühleberg, Beznau I et II), doivent être progressivement débranchées d'ici 2015. Les deux autres (Gösgen et Leibstadt) seront mises hors service d'ici 2025. Pour que ces délais soient respectés, le PS préconise l'adoption d'une loi sur la sortie du nucléaire qui octroiera à chaque centrale un quota de production résiduelle. Une fois cette quantité d'électricité produite, la centrale sera arrêtée.

«Nous souhaitons une sortie active et maîtrisée du nucléaire», souligne le conseiller national vaudois Roger Nordmann. Pour compenser la fermeture des trois premiers réacteurs, le PS veut profiter des révisions en cours de la loi sur le CO2 et de la loi sur l'énergie pour exiger le remplacement des chauffages électriques et déplafonner le rachat du courant renouvelable. A plus long terme, il plaide non seulement pour le développement du courant vert mais aussi pour une utilisation plus intelligente de l'électricité. Les entreprises de distribution électriques devront atteindre des cibles d'efficacité à l'instar des importateurs automobiles. /cim


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