03.08.2015, 09:01

Le casse-tête des coûts de la santé

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Par SONIA FENAZZI - SWISSINFO.CH

Si la sant? n'a pas de prix, la facture de la sant? en Suisse a un go?t: tr?s sal?. Selon les donn?es les plus r?centes, les co?ts de la sant? publique ont atteint presque 61 milliards de francs en 2009. Les progr?s scientifiques et technologiques enregistr?s dans la m?decine et le vieillissement de la population laissent penser qu'il n'y aura pas d'inversion de tendance au cours des prochaines ann?es.

Ces augmentations des d?penses de sant? publique signifient des hausses constantes des primes d'assurance maladie de base, obligatoire pour tous les habitants du pays. Le grand d?fi consiste donc ? parvenir ? une rationalisation et ? un financement du syst?me tout en permettant ? chacun d'avoir acc?s ? une m?decine de qualit? ? un prix abordable.

Les grands partis sont d'accord sur ces principes th?oriques, mais ils divergent sur les mesures concr?tes ? prendre. Alors que la gauche r?clame davantage d'Etat et de solidarit?, la droite exige plus de march? libre et de responsabilit? individuelle. Le centre est pour sa part d'avis qu'il faut am?liorer le syst?me existant avec des ajustements.

Assurance publique ou priv?e?

Pour le Parti lib?ral-radical (PLR), ?il est essentiel de maintenir le syst?me actuel, bas? sur un march? r?gul? o? il y a des acteurs principaux: ceux qui fournissent les prestations et ceux qui les payent, avec l'Etat qui assume un r?le subsidiaire?, d?clare le d?put? Ignazio Cassis.

En d'autres termes, le PLR veut apporter des ?correctifs et des am?liorations?, mais refuse ?des r?volutions ? l'issue incertaine?, comme la ?caisse maladie publique? r?clam?e par le Parti socialiste et les Verts par le biais d'une initiative populaire qui sera prochainement d?pos?e et soumise au peuple durant la prochaine l?gislature. Le texte pr?voit de confier l'assurance maladie de base ? un organisme national unique qui pourrait ensuite constituer des agences cantonales ou intercantonales.

Cette proposition ne s?duit pas non plus le Parti d?mocrate-chr?tien (PDC), ?parce qu'il est s?r que la caisse maladie publique ne pourrait amener ni une am?lioration de la qualit?, ni un contr?le des co?ts?, explique la d?put?e Th?r?se Meyer-Kaelin. Sur le fond, le PDC est donc sur la m?me ligne que le PLR. ?Le syst?me actuel n'est pas parfait, il a besoin d'?tre am?lior?, mais il est meilleur qu'un syst?me avec une caisse maladie unique?, juge-t-elle.

Tout ? droite du spectre politique, l'Union d?mocratique du centre (UDC) est ?galement fermement oppos?e ? cette id?e. ?Le syst?me actuel est d?j? excessivement r?glement?. S'il y avait un monopole, il n'y aurait plus aucun int?r?t ? contr?ler les co?ts. Il faut au contraire accorder une plus grande libert? aux caisses-maladies pour mieux faire fonctionner le jeu de la concurrence?, estime ainsi le d?put? J?rg Stahl.

Ce r?le de la concurrence ne convainc pas la gauche. ?Depuis que la Loi f?d?rale sur l'assurance maladie est entr?e en vigueur, en 1996, la concurrence n'a jamais permis de faire baisser les co?ts de la sant? et les primes d'assurance. Il est au contraire ?vident que ceux-ci n'?voluent pas de la m?me mani?re que les co?ts de la sant?, car ils sont aussi constitu?s d'autres ?l?ments - comme les r?serves, la compensation des risques, le marketing - qui n'ont rien ? voir avec la sant?, r?plique le d?put? St?phane Rossini.

La voie m?diane des m?decins

Si le peuple devait refuser l'initiative ?Pour une caisse maladie publique?, le PS entrevoit une alternative avec une autre initiative actuellement en phase de r?colte des signatures: ?Pour la transparence de l'assurance maladie?. Lanc?e par les m?decins, celle-ci demande que les caisses actives dans l'assurance de base ne puissent pas exercer dans le domaine des assurances compl?mentaires. ?Il est fondamental de s?parer compl?tement ces deux types d'assurance, car ce lien produit des effets pervers et inacceptables?, estime St?phane Rossini.

Pour le PLR et le PDC, en revanche, bien que les assureurs doivent ?tre soumis ? davantage de transparence et de surveillance, cette initiative fait fausse route. Tant Ignazio Cassis que Th?r?se Meyer-Kaelin estiment que cette proposition est au d?savantage des assur?s, parce qu'il est plus compliqu? d'avoir deux caisses diff?rentes.

L'UDC se montre encore plus hostile. ?Etant donn? qu'il n'est plus possible de faire des b?n?fices dans l'assurance de base, la seule possibilit? d'y parvenir est d'?tre actif dans les assurances compl?mentaires?, rappelle J?rg Stahl. Par ailleurs, ?la transparence et les co?ts de marketing des assurances sont des questions marginales. L'UDC veut que la discussion se focalise sur les principaux responsables des co?ts, c'est-?-dire sur les h?pitaux et les m?decins sp?cialis?s.?

Priorit? au managed care: mais comment?

Sur le front des h?pitaux justement, le parlement a d?j? d?cid? une r?organisation du syst?me de financement. Les mesures entreront en vigueur en 2012, avec des dispositions transitoires jusqu'en 2017. L'id?e g?n?rale est d'introduire une uniformisation dans les soins et dans les facturations.

L'autre grande r?forme attendue pour la prochaine l?gislature, qui concerne les r?seaux de soins int?gr?s, n'est en revanche pas encore arriv?e ? bon port. Inclus depuis des ann?es d?j? dans l'offre de plusieurs caisses-maladie dans plusieurs r?gions du pays, principalement dans les centres urbains al?maniques, les r?seaux managed care devraient devenir la r?gle.

Tous les partis y voient une solution pour garantir une m?decine pr?sentant un meilleur rapport qualit?-prix et en font donc une priorit?. Les parlementaires n'ont cependant pas jusqu'? pr?sent r?ussi ? se mettre d'accord sur certains points. L'un des points les plus controvers?s est la hauteur de la participation aux d?penses ? la charge des assur?s. Le dernier acte se jouera au Parlement lors de la session d'automne. Si les Chambres ne trouvent pas un accord, l'ensemble du projet pourrait s'?crouler. Mais m?me si une solution est finalement trouv?e, un r?f?rendum n'est pas exclu, observe Ignazio Cassis.

Les assurés ne se font pas d'illusions sur l'évolution des primes de l'assurance maladie. Plus des trois quarts s'attendent en 2012 à une hausse semblable ou supérieure à celle de cette année. A moyen terme, seuls 13% prévoient un ralentissement de la hausse, selon un sondage mandaté par comparis.ch. Environ un tiers des personnes sondées (34%) pense que les primes progresseront davantage en 2012 que lors de l'exercice précédent, et 48% misent sur un renchérissement analogue, indique le comparateur sur Internet. Le tableau n'est guère plus favorable à moyen terme. Ainsi, 43% escomptent, durant les trois prochaines années, une augmentation plus prononcée que celle observée lors des trois dernières, tandis que 40% présument que les primes augmenteront dans une même mesure. Seuls 13% tablent sur un ralentissement de l'augmentation des primes par rapport à la période 2009-2011.

Le sondage a été mené par l'institut Link qui a interrogé, mi-juillet, 1211 personnes habitant dans toute la Suisse. ats

Les assurés ne se font pas d'illusions sur l'évolution des primes de l'assurance maladie. Plus des trois quarts s'attendent en 2012 à une hausse semblable ou supérieure à celle de cette année. A moyen terme, seuls 13% prévoient un ralentissement de la hausse, selon un sondage mandaté par comparis.ch. Environ un tiers des personnes sondées (34%) pense que les primes progresseront davantage en 2012 que lors de l'exercice précédent, et 48% misent sur un renchérissement analogue, indique le comparateur sur Internet. Le tableau n'est guère plus favorable à moyen terme. Ainsi, 43% escomptent, durant les trois prochaines années, une augmentation plus prononcée que celle observée lors des trois dernières, tandis que 40% présument que les primes augmenteront dans une même mesure. Seuls 13% tablent sur un ralentissement de l'augmentation des primes par rapport à la période 2009-2011.

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