18.06.2020, 10:27

Jeux olympiques: le rêve de «Sion 2006» s’est brisé il y a tout juste 21 ans

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Tout était prêt sur la Place de la Planta de Sion, où quelque 15'000 personnes s'étaient massées devant un écran géant en ce samedi matin.

Souvenirs Le rêve de «Sion 2006» s’est brisé il y a tout juste 21 ans, le 19 juin 1999. Le CIO avait alors préféré désigner Turin pour organiser des Jeux olympiques que tout un peuple espérait et souhaitait.

La fête devait être somptueuse. Tout était prêt sur la Place de la Planta de Sion, où quelque 15’000 personnes s’étaient massées devant un écran géant en ce samedi matin. La plupart des bars et restaurants n’avaient d’ailleurs même pas fermé durant la nuit…

Mais l’ivresse a fait place d’un coup à la stupeur, à 7h30 heure suisse, lorsque le président du CIO Juan Antonio Samaranch lança depuis Séoul un cruel «and the winner is Torino». A quelques mètres de lui, l’enthousiaste et enthousiasmant porteur du projet valaisan Adolf Ogi se tenait la tête entre les mains.

Celui qui était alors vice-président de la Confédération n’en croyait pas ses oreilles. Et il n’était pas le seul. A Sion, les bouteilles de bière ont fusé, comme les noms d’oiseaux. Et les mots «mafia» et «corruption» furent rapidement liés dans toutes les conversations au CIO, dont la décision semblait irréelle vu d’ici.

L’effet Hodler

Le peuple valaisan avait affiché à une large majorité (67%) son soutien à un projet qui semblait parfait, et le dossier de candidature de «Sion 2006» avait d’ailleurs fait l’unanimité parmi les experts du CIO. Mais Adolf Ogi et Cie ont compris trop tard que le lobbying pratiqué dans l’urgence par Turin portait ses fruits.

La candidature italienne a parfaitement su saisir sa chance. Lors des jours qui précédaient le vote, elle a su miser sur les ressentiments des membres du CIO envers leur collègue Marc Hodler. Le 12 décembre 1998, l’avocat bernois avait en effet accusé certains d’entre eux de «vendre» leur vote au plus offrant.

 

 

Les accusations de l’ancien patron de la FIS, liées au scandale de l’attribution des JO 2002 à Salt Lake City, sont bel et bien à l’origine de l’échec de «Sion 2006». Six mois plus tard, la réponse du CIO et de ses membres placés sur la sellette fut cinglante: 53 voix pour Turin, 36 pour Sion…

L’irritation était d’ailleurs perceptible chez les membres suisses du CIO. «Il existe une terrible lutte pour le pouvoir au sein de ce cénacle qui permet tous les coups», estimait Marc Hodler. «Ce n’est plus possible de poursuivre ainsi. Si rien ne change, le CIO va mourir de sa belle mort», lâchait quant à lui Denis Oswald.

«Nous espérions la justice, nous espérions la reconnaissance du travail effectué, de l’engagement total et exemplaire de tous ceux qui ont participé à cette aventure. Pourtant, nous n’avons pas gagné. Cela fait mal; c’est certainement une décision difficile à comprendre», expliquait pour sa part Adolf Ogi.

Une attente qui se prolonge

L’échec de «Sion 2006» n’est pas le dernier en date d’une candidature suisse pour des JO d’hiver. Mais il demeure le plus rageant. En juin 2018, 54% des Valaisans avaient refusé un crédit de 100 millions de francs, enterrant ainsi bien plus vite les espoirs de «Sion 2026». St-Moritz, seule ville-hôte suisse de l’histoire des JO (1928 et 1948), n’est pas près de trouver un successeur…

ATS

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