04.11.2019, 08:00

Habitat: visite d'une maison solaire qui favorise le développement durable en milieu urbain

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Ecologie Vivre de manière durable en ville, c'est possible. Un prototype de maison écologique a été développé par des étudiants en ingénierie et en architecture à Fribourg. Son objectif: redynamiser la vie de quartier en faisant la promotion d'un mode de vie écologique.

Au centre de la friche industrielle de l’ex-brasserie Cardinal à Fribourg, devenue aujourd’hui un parc d’innovation, trône une maison pas comme les autres. Fabriqué entièrement en bois, le NeighborHub, c’est son nom, détonne dans ce paysage de béton. «L’idée était de promouvoir un habitat durable en milieu urbain», résume Martin Gonzenbach, directeur opérationnel du Smart Living Lab, le centre de recherche et de développement sur le futur de l’environnement bâti des Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Haute école d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA) et Université de Fribourg (UNIFR).

L’idée était de promouvoir un habitat durable en milieu urbain.
Martin Gonzenbach, directeur opérationnel du Smart Living Lab, le centre de recherche et de développement sur le futur de l’environnement bâti

Développé par des étudiants en ingénierie et architecture des écoles précitées, ainsi que de la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD), le prototype a remporté le Solar Decathlon en 2017, une compétition organisée par le département américain de l’Energie (voir p. 39). Pour autant, ce pavillon surprend par la simplicité de sa conception et de son fonctionnement. «Notre but était de concevoir un bâtiment privilégiant le low-tech», souligne Axelle Marchon, architecte et membre de l’équipe qui a participé au développement du NeighborHub.

Notre but était de concevoir un bâtiment privilégiant le low-tech.
Axelle Marchon, architecte et membre de l’équipe qui a participé au développement du NeighborHub

Du choix des matériaux au système de chauffage et de ventilation, en passant par la gestion des eaux, tout a donc été pensé, afin de préserver au maximum les ressources énergétiques. Ainsi, des panneaux solaires alimentent l’édifice, tandis que de larges ouvertures mécaniques assurent la circulation de l’air ou la conservation de la chaleur en fonction de la température extérieure.

Pour autant, le prototype ne peut se targuer d’être totalement passif, comme en témoigne la présence d’une pompe à chaleur. «Nous aurions pu imaginer ce bâtiment passif avec un poêle à bois en guise de chauffage d’appoint, mais les critères du concours ne le permettaient pas», justifie Axelle Marchon.

Centre de gravité du quartier

Hormis les différents éléments du bâti servant à économiser l’énergie, c’est bien l’aspect social du lieu qui le distingue d’autres habitats écologiques. Le NeighborHub réunit en cela les deux pôles du développement durable: l’environnement et l’être humain. «L’homme est un levier qui permet de favoriser un mode de vie plus écologique. L’aspect Minergie d’un bâtiment ne suffit pas», insiste Axelle Marchon.

Comme son nom l’indique – NeighborHub signifie littéralement «cœur du voisinage» en anglais – il se veut ouvert sur la communauté, afin de créer une dynamique vertueuse autour de la protection de l’environnement en milieu urbain.

L’homme est un levier qui permet de favoriser un mode de vie plus écologique. L’aspect Minergie d’un bâtiment ne suffit pas.
Axelle Marchon, architecte et membre de l’équipe qui a participé au développement du NeighborHub

Et force est de constater qu’au fil du temps, il est devenu un centre de gravité au sein du quartier. Des activités y sont organisées quotidiennement entre cours de yoga, petit marché de produits locaux, conférences d’entreprises et autres ateliers de sensibilisation à la durabilité. Par ailleurs, des dispositifs favorisent le troc plutôt que la consommation, tels qu’une armoire pour échanger toute sorte d’objets et outils entre voisins ou un frigo collectif pour y déposer ses invendus.

Il ne faut pas voir le NeighborHub comme la maison dans laquelle nous vivrons tous demain. C’est davantage un lieu d’échanges et de partage.
Martin Gonzenbach, directeur opérationnel du Smart Living Lab, le centre de recherche et de développement sur le futur de l’environnement bâti

Tout un chacun peut même résider gratuitement durant une semaine au sein du pavillon et y expérimenter le mode de vie écologique. Ces locataires temporaires se transforment alors en «supervoisins», comme on les surnomme ici, puisqu’en échange du gîte ils s’engagent à animer une activité.

Ouverte au public en journée, la bâtisse peut ainsi être privatisée la nuit venue grâce à des panneaux amovibles permettant de séparer les pièces. Le pavillon dispose à cet effet de tout le confort nécessaire: un lit, une salle de bains, une cuisine, des toilettes sèches et même un lave-linge. En outre, une application fournit des conseils, de quoi gérer au mieux la luminosité en fonction de la lumière naturelle ou encore d’avertir les résidents en cas de mauvais temps pour consommer l’énergie des panneaux solaires à bon escient.

Production en série

Néanmoins, «il ne faut pas voir le NeighborHub comme la maison dans laquelle nous vivrons tous demain. C’est davantage un lieu d’échanges et de partage», précise Martin Gonzenbach. Bien qu’il serve avant tout de laboratoire de recherche, le prototype est appelé à faire des émules.

Emanation directe du projet, la start-up Enoki entend exporter le concept au sein de quartiers en développement, voire déjà existants, afin de les (re)dynamiser autour de services faisant la promotion du développement durable.

NeighborHub en chiffres

  • 3 ans et plus. C’est le nombre d’années qui ont été nécessaires à l’élaboration du concept, puis à sa concrétisation.
  • 35. C’est le nombre total de panneaux solaires soit 29 photovoltaïques, trois thermiques et trois composés de cellules Grätzel – leur fabrication nécessite moins d’énergie et leur efficacité garantit une production d’électricité également par conditions nuageuses.
  • 250. C’est le nombre d’étudiants qui ont participé au développement du projet.
  • 4 millions. C’est le coût total en francs du projet, qui comprend notamment les matériaux, le voyage jusqu’aux Etats-Unis ou encore les salaires des professeurs qui ont encadré les étudiants. La somme a été financée à 95% par des partenaires privés et institutionnels.
  • 150 m2. C’est la surface totale du pavillon, lorsque portes et fenêtres sont closes. Le module central qui sert d’espace privé fait 70 m2.

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