12.06.2020, 11:14

Grève féministe du 14 juin: elles descendront à nouveau dans la rue dimanche

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Des milliers de manifestants défilaient dans la ville de Bâle le vendredi 14 juin 2019 à l'occasion de la Journée de la femme.

Egalité Les organisations, associations et collectifs féministes appellent à descendre dans la rue ce dimanche 14 juin en Suisse. Selon les organisateurs de la journée, la pandémie de Covid-19 a renforcé les raisons menant à faire grève il y a un an.

La grève féministe fait son retour dimanche. Les organisations, associations et collectifs appelant à descendre dans la rue estiment que la pandémie de Covid-19 a renforcé les raisons qui les ont amenés à faire grève il y a exactement un an.

Les rassemblements qui avaient regroupé plusieurs centaines de milliers de personnes à travers la Suisse le vendredi 14 juin 2019 avaient donné lieu à des revendications tous azimuts.

L'Union syndicale suisse (USS) mettait l'accent sur l'égalité dans le monde du travail, tandis que Caritas déplorait le fait que la pauvreté touche davantage les femmes que les hommes en Suisse. Amnesty International souhaitait de son côté attirer l'attention sur l'ampleur des violences sexuelles à l'égard des femmes.

15h24

La pandémie de Covid-19 a renforcé les raisons menant à faire grève il y a un an, peut-on lire sur la page internet annonçant la journée de grève. Sexisme, racisme, homo- et transphobie, violences sexuelles, discriminations et exploitation "se sont renforcés avec la crise sanitaire et avec la crise économique qui lui emboîte le pas".

A 15h24, l'instant à partir duquel les femmes ne sont plus payées, selon les statistiques de la différence salariale entre les sexes, le collectif appelle la population à occuper l'espace sonore et à brandir des pancartes. La sortie de la crise sanitaire doit être féministe, résume le collectif.

Dimanche, ce sont 194 évènements prévus aux quatre coins de la Suisse qui sont annoncés sur le site www.14juin.ch. Vingt-sept se tiendront dans l'arc lémanique, six en Valais et 12 au moins le long de l'arc jurassien. Dans le canton de Fribourg, les manifestants sont attendus dans la capitale.

Quinze revendications

La Coordination romande des Collectifs pour la grève féministe et des femmes a élaboré 15 revendications pour une sortie féministe et écologique du Covid-19. L'essentiel des revendications se rapprochent de celles des partis de gauche et des syndicats. Avec la crise due au coronavirus, les demandes concernant le secteur de la santé, l'économie domestique et la violence domestique sont plus appuyées pour ce 14 juin 2020.

Il est demandé d'investir 60 milliards de francs dans les services publics, soit la même somme que celle investie par la Confédération en raison de la crise. A terme, toute la chaîne sanitaire doit être un service public "et cesser d’être soumise à la logique du profit".

Si la pandémie a mis sous pression le milieu hospitalier, elle a également frappé de plein fouet les employés de l'économie domestique, dont beaucoup se sont retrouvés sans travail et sans salaire du jour au lendemain. Pour remédier à cette situation, la Coordination réclame un fonds national qui garantisse une allocation de chômage à celles qui travaillent dans ce secteur, quel que soit leur statut.

Par ailleurs, le coronavirus "a imposé de nouveau le silence sur la violence machiste", estime le collectif, qui considère que cette violence continue et s’aggrave à cause du confinement. Il juge qu'il faut débloquer des fonds à tous les niveaux pour ouvrir des centres pour les mineures et les femmes dans toutes les communes pour y trouver protection, recevoir des conseils et pouvoir échanger.

Les dispositions concernant les personnes à risque sont considérées comme insuffisantes, en particulier pour les femmes enceintes. Ces personnes doivent pouvoir rester chez elles et avoir une allocation perte de gain jusqu’à la fin de la pandémie si elles ne peuvent pas travailler à distance.

Journée internationale chamboulée

Enfin, le collectif insiste sur la représentation paritaire des femmes dans toutes les institutions politiques et les organes décisionnels de l’Administration fédérale, cantonale et communale. Récemment, plus d'une vingtaine d'organisations féminines ont demandé dix sièges pour des femmes dans l'état-major du Conseil fédéral chargé de gérer la crise du coronavirus (EMCC). Elles ont pointé leur sous-représentation dans la prise de décision.

Le 5 mars dernier, le coronavirus a obligé les organisateurs des événements marquant la Journée internationale des droits des femmes à s'adapter. La manifestation s'est toutefois déroulée dans de nombreuses villes de Suisse romande, ainsi qu'en Suisse alémanique.

ATS

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