03.08.2015, 08:57

Des initiatives populaires à la pelle

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Les partis politiques et des organisations montent au créneau comme jamais en cette année électorale. Dans les six premiers mois de 2011, 13 initiatives ont déjà été lancées et cinq autres sont annoncées. Un chiffre qui pourrait valoir un record.

Dans les 30 dernières années, seules deux ont connu des chiffres comparables. Dix-neuf initiatives populaires ont été lancées en 1998 et 15 en 2010, mais sur toute l'année à chaque fois. En année électorale, les 11 initiatives engagées en 2007 constituaient jusqu'à présent un record.

Les partis de gauche ont lancé depuis le début de l'année surtout des textes liés aux politiques énergétique et sociale: les Verts sont à l'origine des initiatives pour une «Economie verte» (qui prévoit des incitations fiscales pour l'utilisation des ressources naturelles) et «Sortir du nucléaire».

Les Vert'libéraux souhaitent, eux, remplacer la taxe sur la valeur ajoutée par une taxe sur l'énergie. Dans le volet social, le PS s'engage, de son côté, avec les syndicats dans l'initiative sur les salaires minimaux. Celui qui travaille à plein temps doit pouvoir vivre de ses revenus, souligne le texte.

Santé et migrations

En matière de Santé, le PS, les Verts et des organisations de patients et de consommateurs ont lancé l'initiative «Pour une caisse publique d'assurance maladie». En vertu de ce texte, l'assurance de base serait couverte par une seule caisse.

Sur la droite de l'échiquier politique, les initiatives se penchent plutôt sur la question des migrations. Avec le texte «Halte à la surpopulation», l'organisation Ecopop souhaite limiter la croissance annuelle de la population en Suisse à 0,2% sur trois ans.

L'initiative «Pour la limitation» décidée par l'UDC souhaite contingenter l'immigration. En cas de besoin, la Suisse se réserverait le droit de renoncer à la libre circulation avec l'Union européenne.

Les Démocrates suisses ont, eux, lancé une initiative pour la stabilisation de la population. Elle demande des mesures contre la surpopulation, sans donner de chiffres concrets.

Sur la fiscalité, les partis de gauche et les partis du centre se mobilisent chacun de leur côté. La Gauche, lancée en 2009, veut mettre un terme aux «Privilèges fiscaux des millionnaires» par l'abolition des forfaits fiscaux.

Le PDC collecte des signatures pour ses initiatives jumelles. Une d'entre elles veut lever les désavantages fiscaux des couples mariés par rapport à ceux qui vivent en concubinage («Pénalisation du mariage»). L'autre souhaite exonérer les allocations pour enfant et celles de formation de tout impôt.

Le Parti évangélique a, lui, décidé d'une initiative sur les droits de succession. Les contributions sur des héritages élevés doivent aider à assainir la caisse de l'AVS. Le PS et les Verts soutiennent ce texte.

Dons aux partis examinés

Le train de vie des responsables politiques est aussi thématisé en cette année électorale. Un comité autour du conseiller national Lukas Reimann (UDC/SG) a lancé une initiative «Pour la publication des revenus de la classe politique». Un autre a annoncé une initiative sur les «Dons aux partis» qui demande la transparence sur le financement de ces dons et sur celui des campagnes de votation.

Un autre comité réuni par le professeur de gymnase bâlois Marc Meyer est à l'origine de trois initiatives: elles sont baptisées «Clarifier les compétences en matière d'engagements réels de l'armée», «La Banque nationale nous appartient à tous!» et «Halte à l'utilisation abusive de nos caisses de pension».

Enfin, un comité autour du conseiller national Hans Rudolf Gysin (PLR/BL) a, lui, annoncé une initiative pour que les demi-cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne deviennent des cantons à part entière. / ats

Un outil qui attire aussi les partis du centre

L'initiative populaire n'est plus une arme électorale utilisée uniquement par la gauche et la droite. Le centre aussi la découvre. Ce nouvel élément explique grandement la hausse du nombre d'initiatives.

Ces textes constituent un moteur électoral important. Les partis peuvent mettre en valeur leurs préoccupations concrètes. S'ils choisissent bien les calendriers de l'annonce, du lancement et du dépôt, ils peuvent obtenir une couverture médiatique à plusieurs reprises avec une seule initiative, remarque le politologue bernois Christian Bolliger.

Jusqu'à présent, les partis de gauche et de droite trouvaient une occasion de fixer à l'agenda leurs thèmes de prédilection. Le PS et les Verts avec le soutien d'organisations ont par exemple lancé entre 2010 et 2011 cinq initiatives sur les politiques sociale et énergétique. L'UDC en a engagé deux et une autre a été annoncée. Mais depuis quelque temps, les partis du centre se sont mis à cet outil, soulignent les politologues Andreas Ladner et Georg Lutz.

Le PLR a lancé l'année dernière l'initiative «Stop à la bureaucratie!». Il a été suivi récemment par le PDC et ses initiatives jumelles sur la fiscalité des familles et par le Parti évangélique et son initiative sur les droits de succession. Des partis qui étaient plutôt avares jusqu'à présent avec ce type d'outil politique. En contrepartie, ils sont désormais sous pression. Ils ne peuvent plus se contenter de s'appuyer sur leur bassin électoral fidèle, mais doivent montrer à leurs électeurs pour quelles mesures ils s'engagent concrètement, explique Georg Lutz.

Ces dix dernières années, six initiatives ont passé la rampe du scrutin populaire (adhésion à l'ONU, internement à vie des délinquants sexuels ou violents jugés très dangereux, anti-OGM, imprescriptibilité des actes de pornographie infantile, anti- minarets et renvoi des étrangers criminels). Ce succès a pu contribuer à la volonté grandissante de partis et d'organisations de lancer des initiatives, conclut Andreas Ladner. / ats

Collecte de signatures pour plus de 20 initiatives

Plus d'une vingtaine d'initiatives populaires font actuellement l'objet d'une collecte de signatures. Certaines ont été lancées en 2010. Trois ont atteint le nombre de paraphes nécessaires dans la première moitié de l'année. Les jeunes socialistes ont déposé leur texte «1:12 - Pour des salaires équitables» (contre des salaires excessifs pour les dirigeants) à la chancellerie avec 113 000 paraphes. L'organisation Marche blanche a collecté environ 112 000 signatures pour son initiative «Pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants». Et Roadcross en totalise 106 000 pour son texte «Protection contre les chauffards».

Pour huit initiatives lancées l'année dernière, le délai de collecte des signatures arrive à son terme en 2011. L'initiative «Cleantech» du PS en fait partie. Elle veut faire avancer les énergies renouvelables et la création de places de travail grâce à ce domaine.

Côté UDC, les initiatives sur l'élection du Conseil fédéral par le peuple et «Pour les familles» (déductions fiscales aussi pour les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants) sont concernées. Les milieux chrétiens-conservateurs ont, eux, collecté des signatures pour leur texte «Financer l'avortement est une affaire privée»./  ats


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