02.08.2015, 19:52

Des chars suisses utilisés contre les opposants à Bahreïn

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. Des chars suisses ont participé directement ou indirectement à la répression des récentes manifestations de l'opposition à Bahreïn. Il s'agit de blindés de type Piranha de l'armée saoudienne, fabriqués par l'entreprise Mowag à Kreuzlingen (TG)

Sur des photographies de l'Armée saoudienne mi-mars, on peut voir des chars Piranha, a indiqué hier le service du contrôle à l'exportation de matériel de guerre du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), confirmant une information de l'hebdomadaire alémanique «Sonntag».

Dans les années 1990, un peu moins de trente chars Piranha (blindés montés sur roues) ont été vendus directement à l'Arabie saoudite, a expliqué le SECO. Riyad dispose d'un millier de chars, selon les experts en armement. En 1991, selon la société de consultants en armement américaine Forecast International, les Saoudiens ont commandé à Mowag une grande quantité de Piranha de type 8x8. La même année, le Conseil fédéral avait décrété l'interdiction de vente de matériel de guerre à ce pays (dans le contexte de la première Guerre du Golfe). La majorité des chars commandés avaient alors été montés sous licence et livrés par une société canadienne. En raison des multiples violations des droits de l'homme en Arabie saoudite, les ventes d'armes à ce pays ont à nouveau été interdites en 2009 par les autorités suisses. Des armes et des pièces de rechange, commandées avant l'interdiction, ont toutefois été livrées depuis à Riyad. Après l'Allemagne, l'Arabie saoudite est le plus gros acheteur de matériel de guerre à la Suisse. En 2010, Riyad en a acheté pour un montant de 132,6 millions de francs. Bahreïn en a acquis pour environ 3,2 millions de francs. Ainsi, rien qu'en 2009, selon le Seco, la Garde royale saoudienne a reçu des fusils d'assaut et des pistolets pour une valeur de 221'000 francs. Mais Riyad s'est aussi vu livrer des pièces de rechange pour les chars Piranha pour un montant de 285'000 francs

Quant à Bahreïn, le royaume a bénéficié essentiellement d'un armement non approprié à la répression de la population civile, selon la même source. Manama a consacré en outre près de 150'000 francs à des viseurs au laser pour des armes à feu. Après les actions brutales des forces de sécurité contre des manifestants non armés, les organisations de défense de droits de l'homme telle Amnesty International (AI) ont critiqué la Suisse pour avoir livré des armes dans la région du Golfe. AI n'a ainsi pas pu exclure, que des armes suisses aient été utilisées contre des manifestants à Bahreïn. Afin d'éclaircir les faits, le SECO doit désormais fournir des informations plus précises sur les armes qui ont été livrées, a exigé hier le porte-parole d'AI Daniel Graf. Selon lui, les conventions concernant les exportations d'armement doivent également être vérifiées de manière générale, cela afin de s'assurer qu'aucune arme ne puisse être utilisée en violation des droits de l'homme. /ats


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