27.12.2018, 15:40

Croissance encore au rendez-vous pour l’horlogerie suisse en 2019

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L’horlogerie suisse anticipe une année 2019 de la même veine que l’exercice en cours, qui devrait voir ses exportations atteindre 21 milliards de francs.

Horlogerie L’horlogerie suisse anticipe une année 2019 de la même veine que l’exercice en cours, qui devrait voir ses exportations atteindre 21 milliards de francs. Mais la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que le franc fort sont sources d’incertitude.

«Le secteur va réaliser en 2018 une troisième année consécutive de croissance», a relevé Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), dans un entretien accordé à Keystone-ATS. Les exportations pourraient même dépasser les 21 milliards de francs, avec une hausse de 7,1% à 19,5 milliards après onze mois.

Trio de tête

Le montant apparaît encore relativement éloigné du record établi en 2014, à 22,2 milliards de francs, suivi d’un recul important dans les 18 mois qui ont suivi. La croissance en 2019 devrait toujours être portée par l’Asie (Hong Kong et Chine) et les Etats-Unis, alors que l’Europe devrait rester globalement en retrait, explique Jean-Daniel Pasche.

Le Vieux Continent offre une image contrastée, avec les marchés allemand et français en progression et britannique et italien en contraction. La bonne tenue de la France, avec une progression de 11,1% après onze mois sur un an en 2018 à près d’un milliard de francs, est favorisée par les réexportations à partir de l’Hexagone.

L’évolution du Royaume-Uni (-5,1% à 1,14 milliard) et de l’Italie (-14,3% à 941 millions), faisant reculer la péninsule au 9e rang des débouchés, s’explique par des facteurs politiques. Le premier est empêtré dans le dossier de sa sortie de l’Union européenne, alors que la seconde vit des moments troubles avec la coalition populiste au pouvoir à Rome.

Géants incertains

Plus loin, des pays comme l’Inde et le Brésil offrent des potentiels de développement encore inexploités vu leur taille, regrette le président de la FH, pour qui «il faudrait une percée dans le libre-échange». Ces deux géants, avec respectivement 1,3 milliard et de 210 millions d’habitants, n’en prennent pas nécessairement le chemin.

«Même si la Suisse négocie de longue date un accord de libre-échange avec New Delhi et avec le Mercosur, le marché commun sud-américain», rappelle Jean-Daniel Pasche. La situation avec le Brésil est plus incertaine que jamais, avec son nouveau président Jair Bolsonaro, qui doit entrer en fonction le 1er janvier 2019.

Ce dernier s’oppose au multilatéralisme. «En économie, nationalisme rime avec protectionnisme», met en garde le président de la FH. «Et quand on sait que l’horlogerie suisse exporte à hauteur de 95% sa production, le problème est évident». Des considérations qui ramènent au conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

Conflit commercial

Depuis l’arrivée à la présidence américaine de Donald Trump, ce dernier souffle le chaud et le froid dans ce domaine, en instaurant des droits de douane aux produits chinois pour réduire le déficit commercial des Etats-Unis. «C’est une menace, même si les montres suisses ne sont pas directement affectées», dit Jean-Daniel Pasche.

«Nous vivons dans le même monde», ajoute-t-il, en précisant qu’il y a là une épée de Damoclès eu égard à l’incertitude créée. Autre incertitude faisant partie du paysage quotidien des exportateurs en Suisse, celle causée par le facteur monétaire et le franc fort. «La prudence est toujours de mise ici», avertit le président de la FH.

Après s’être affaibli contre l’euro en début d’année 2018, la monnaie unique valant en mai encore près de 1,20 franc, le franc suisse s’est renforcé ensuite. L’euro s’échange actuellement contre 1,13 franc, non sans avoir connu un plus bas sous 1,12 franc en septembre. Bien malin en l’état qui peut prédire l’évolution en 2019.

Philippe Lebet

 

Des cours au Mexique dans le cadre de la lutte anti-contrefaçons

La Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH) ne lâche rien en matière de lutte anti-contrefaçons. Elle a organisé au Mexique des séminaires de formation pour identifier les objets délictueux à l’intention de 130 employés du ministère public du pays.

«La formation, distillée par groupes, s’est étalée sur une semaine pour des fonctionnaires provenant de tout le pays», explique Jean-Daniel Pasche, président de la FH, dans un entretien donné à Keystone-ATS. Organisée avec le soutien de l’ambassade de Suisse à Mexico, elle est le fruit d’un accord conclu en 2016 entre la FH et le ministère public mexicain, sous l’égide du conseiller fédéral sur le départ Johann Schneider-Ammann.

Le Mexique ne constitue pour l’heure que la 19e destination à l’exportation, mais la première en Amérique latine, pour les montres suisses après onze mois en 2018, avec un montant de près de 200 millions de francs (+8,4% sur un an). Mais ce pays latino-américain comptant quelque 125 millions d’habitants revêt un potentiel de développement important.

Poursuite des saisies

«Il est prévu d’organiser des séminaires de formation du même type en Chine, suite à des discussions en décembre avec les autorités locales», relève par ailleurs Jean-Daniel Pasche. Le principe est acquis, reste à définir les modalités.

Ces actions s’inscrivent dans le cadre du combat de longue date mené par la FH contre les fausses montres arborant le Swiss made. Cette année, la lutte engagée par l’organe faîtier des entreprises du secteur a permis de détruire près d’un million de montres contrefaites. Une opération de destruction pourrait se dérouler en Suisse en 2019.

En ce qui concerne Internet, un segment qui connaît un essor permanent, l’action de la FH a permis de mettre un terme à plus d’un million d’annonces consultables sur des plates-formes et sur les réseaux sociaux, note encore son président. Pour rappel, l’essentiel des fausses montres est fabriqué en Chine.

ATS

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