03.08.2015, 09:20

Cent ans pour les forces aériennes

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Par FANNY NOGHERO

De la magie. Quelque chose de nouveau. Une manifestation unique en son genre en Suisse et même en Europe. C'est en substance ce qui est promis au public du 28 août au 7 septembre 2014 sur l'aérodrome de Payerne pour marquer les 100 ans des Forces aériennes suisses, les 50 ans de la patrouille suisse et les 25 ans du PC-7 Team.

Une promesse qui ne peut qu'être prise au sérieux puisqu'elle émane d'un colonel EMG de l'Armée suisse. Ian Logan, qui est également pilote, est le chef de projet de AIR 2014, le nom de ce prometteur show aérien. Il a déjà à son actif l'organisation du meeting de Sion en 1997 et de celui de Payerne en 2004. Ce dernier avait réuni 275 000 spectateurs sur deux jours les 4 et 5 septembre, ce qui en avait fait le meeting le plus important de Suisse (réd: le Sion Air Show en a réuni 62 000 il y a deux semaines).

Deux week-ends

«Nous n'allons pas refaire la même chose, pour éviter les comparaisons, mais nous allons mettre sur pied quelque chose d'encore mieux, un événement fédérateur pour la Suisse», précise Ian Logan, qui travaille depuis deux ans sur le projet, sans rien oser dévoiler. Un challenge pour ce passionné, qui s'impatientait de pouvoir présenter ces futures festivités.

Fait exceptionnel, le meeting se déroulera sur deux week-ends. Le premier fera plutôt la part belle aux appareils historiques. «Mais qui ne sont pas dénués de son et de puissance, bien au contraire», souligne Ian Logan. Quant au second week-end, il verra se produire des avions de dernière génération. Nous ne saurons rien de plus précis en ce qui concerne les engins et patrouilles qui seront présents dans trois ans, puisque le programme n'est pas encore établi.

«Les patrouilles ne communiquent pas leurs activités de l'année en cours avant le mois d'avril», fait remarquer Laurent Savary, remplaçant du porte-parole des Forces aériennes. Il faudra donc encore attendre deux ans et demi avant de connaître le nom des formations qui se produiront dans le ciel de la Broye.

Arrières assurés

Une seule certitude: toutes les meilleures seront là. Encore une promesse de Ian Logan, dont la passion et l'enthousiasme sont communicatifs. Le colonel a assuré ses arrières. Outres ses innombrables contacts, il a opéré une jolie manœuvre en faisant en sorte que la conférence des commandants des forces aériennes européennes (Eurac) se tienne en Suisse en septembre 2014. Un moyen comme un autre d'attirer des formations nationales prestigieuses. Mais ce que Ian Logan aimerait vraiment offrir au public, c'est une patrouille atypique, quelque chose d'inédit, à l'instar d'une prestation australienne ou chinoise.

La semaine, entre les deux shows aériens, plusieurs événements et conférences seront mis sur pied dans la ville de Payerne et sur la base. Au total, la manifestation pourrait idéalement réunir 200 000 visiteurs. «Nous n'allons pas essayer de dépasser le chiffre de 2004, nous préférerions stopper les ventes pour garantir de bonnes conditions», précise le chef de projet.

Si en 2004, le budget avoisinait les cinq millions de francs, Ian Logan, n'a pas encore défini précisément celui de 2014, mais une chose est certaine, il n'en coûtera pas un centime à la Confédération et peut-être cette dernière en tirera même des bénéfices comme en 2004, où les organisateurs lui avait reversé un million de francs.

Une première troupe de neuf célibataires

La Suisse est le dernier pays européen à s'être doté de forces aériennes. Elles ont très précisément vu le jour le 31 juillet 1914, date à laquelle le capitaine EMG Theodor Real, un instructeur de cavalerie qui a obtenu son brevet d'aviateur en 1910, lors d'un service commandé à l'étranger, est chargé de mettre sur pied les troupes d'aviation.

Le capitaine Real choisit le caporal Bider et huit autres aviateurs pour en faire des pilotes militaires. C'est par un ordre de marche que Real convoqua ces soldats, tous propriétaires de leur propre aéroplane, sur l'Allmend de Berne.

A l'époque, la commission de l'aviation militaire avait décidé que le brevet de pilote militaire suisse ne serait octroyé qu'à des célibataires. Les relevés statistiques effectués en France et en Allemagne montraient, en effet, que près de 10% des accidents d'aviation avaient une issue fatale et les obligations tant morales que financières de la Confédération étant plus importantes envers un pilote marié qu'envers un célibataire, cela permettait de faire des économies de rentes de veuves. «Il y avait beaucoup de décès durant les entraînements, mais peu au combat», précise le colonel Ian Logan, qui souligne qu'il y a encore peu, un à deux pilotes militaires décédaient chaque année en Suisse.

A noter que lors du premier semestre de 1914, une collecte nationale en faveur de l'aviation militaire suisse avait été organisée et avait permis de récolter la somme de 1,73 million de francs. / fno


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