Blocher veut protéger la Suisse de la "dictature"

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Immigration Christoph Blocher repart en croisade. Cette fois, il veut protéger la Suisse contre "la dictature".

  20.06.2014, 20:00
Christoph Blocher prend la pause devant les photographes dans le bureau de sa maison à Zurich après l'annonce de son départ, le 9 mai 2014.

Le ténor UDC Christoph Blocher a promis de s'ériger contre "la dictature" des élites politiques suisses. Car elles préparent en douce l'adhésion à l'UE, bafouant la volonté du peuple, a-t-il dénoncé vendredi soir lors du premier rassemblement de son mouvement "Non à l'adhésion insidieuse à l'UE".

Le Zurichois a tiré à boulets rouges sur l'accord-cadre en cours de négociation entre Berne et Bruxelles. Un contrat qui "engagera la Confédération à reprendre automatiquement le droit européen et à reconnaître la Cour de justice de l'UE comme instance juridique", a tonné l'ancien conseiller national devant l'assistance réunie à Vorderthal (SZ), selon la version écrite de son discours.

"Il faut l'empêcher, pour préserver l'indépendance de la Suisse", comme le prescrit la Constitution fédérale dans son article 2. Le "peuple suisse" se doit donc de faire acte de "résistance".

L'ancien conseiller fédéral avertit: "à Berne, on dira" que cet accord-cadre ne vise qu'à "renouveler les accords bilatéraux, que l'on ne veut pas rejoindre l'Union européenne (UE)". Alors qu'il est "évident que les fonctionnaires de Bruxelles voient d'un mauvais oeil que la Suisse n'en soit pas membre".

"Machinations"

En se retirant du Conseil national, le ténor s'est dédié à contrer les "machinations" du Conseil fédéral et de la majorité du Parlement, qui menacent "la liberté, la sécurité et la prospérité de la Suisse". Et qui la rapprochent inexorablement de l'UE, au mépris de la volonté du peuple. Car, comme le démontrent les sondages, les citoyens "ne veulent pas rejoindre l'Union".

Christoph Blocher ne s'est pas privé de faire référence au 6 décembre 1992, lorsque le peuple avait voté contre l'adhésion à l'Espace économique européen (EEE). Grâce à cette victoire, la Suisse est toujours un "Etat libre". Et elle n'a pas souffert d'isolement, comme les partisans de l'EEE l'avaient prédit.

Groupe de travail en Suisse romande

Contacté par l'ats plus tôt dans l'après-midi, le vice-président de l'UDC Claude-Alain Voiblet a annoncé que le nouveau mouvement antieuropéen mènerait "des batailles devant le peuple", au moyen de référendums et d'initiatives populaires. L'association, dont il est membre du comité, vise à "créer un réseau dans toute la Suisse".

"Un groupe de travail de quelques personnes s'est d'ailleurs formé en Suisse romande", a ajouté le politicien vaudois. "Il faut vraiment empêcher cette entrée dans l'UE par la porte de derrière", a-t-il martelé.

"Car on sent très bien dans le langage de nombreux parlementaires ou présidents de parti qu'ils veulent" rejoindre Bruxelles. La seule chose qui les retient d'aller plus avant dans leurs démarches, "c'est le refus du peuple d'adhérer à l'UE".

Voie bilatérale en jeu

L'objectif du comité "Non à l'adhésion insidieuse à l'UE" est de faire refuser l'accord-cadre en cours de négociation entre la Suisse et l'Union européenne (UE) depuis la fin mai. La poursuite de la voie bilatérale dépend de cette convention.

Bruxelles refuse de signer de nouveaux accords avec Berne tant que la Suisse ne reprendra pas les évolutions du droit européen. Le Conseil fédéral a imaginé une solution qui éviterait la reprise automatique, d'abord exigée par Bruxelles, et garantirait la souveraineté de la Suisse.

Toute incorporation d'un nouvel acquis dans un accord bilatéral devra faire l'objet d'une décision en Suisse dans le respect de la démocratie directe. Il n'y aurait pas de nouvelle instance de surveillance des accords bilatéraux, ni de tribunal étranger qui puisse condamner la Suisse en dernière instance.

Mais la Cour de Luxembourg jouerait un rôle important, en se voyant conférer une fonction d'interprétation. Un point qui déplaît particulièrement à l'UDC.

Si les détails du mandat helvétique restent secrets, le Conseil fédéral a dévoilé des lignes rouges. Berne ne renoncera pas aux mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes et ne reprendra pas la directive sur la citoyenneté qui pourrait obliger à verser une aide sociale aux Européens en Suisse.


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