14.02.2020, 16:10

Affaire Crypto: le Bureau du National n’ouvre pas encore d’enquête

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La CIA a recouru aux services de la société Crypto, basée à Zoug, pour mener ses activités de renseignement.

espionnage A propos de la possible ouverture d’une commission parlementaire sur l’affaire d’espionnage qui secoue le monde politique, le Bureau du National a décidé ce vendredi… de ne rien décider avant le 2 mars prochain.

L’idée d’une commission d’enquête parlementaire (CEP) sur l’affaire Crypto reste en suspens. Le Bureau du National ne tranchera que le 2 mars.

Il veut d’abord entendre le président de la délégation des commissions de gestion et permettre au Conseil fédéral de faire usage de son droit d’être entendu, a indiqué à la presse la présidente du National Isabelle Moret (PLR/VD). Le Bureau n’a pas eu besoin de voter sur le sujet, a-t-elle précisé.

Plutôt une bonne nouvelle

Pour le chef du groupe socialiste Roger Nordmann, c’est «plutôt une bonne nouvelle». Si le Bureau ne voulait pas d’une commission d’enquête parlementaire, il aurait pu refuser l’initiative tout de suite. Et le conseiller national vaudois d’appeler les autres partis à prendre leurs responsabilités le 2 mars.

 

 

Même si le Bureau soutient alors le texte, il faudra le feu vert de son homologue du Conseil des Etats pour qu’un projet puisse être élaboré.

Initiative du groupe parlementaire PS

Les socialistes aimeraient instituer une CEP pour éclaircir qui savait quoi en Suisse via sept thématiques. Les complicités au sein du Service de renseignement arrivent en tête de la liste.

 

 

A lire aussi : Espionnage de la CIA via Crypto: la Délégation des commissions de gestion ouvre une enquête

Il s’agirait notamment de savoir quand le chef a été mis au courant et ce que savait Markus Seiler qui a dirigé le service de 2010 à 2017 et ce que cela implique pour sa fonction actuelle de secrétaire général du Département des affaires étrangères.

Le rôle de l’armée, celui du Ministère public de la Confédération, celui de la police fédérale (fedpol et Police judiciaire fédérale) et celui d’autres services fédéraux devront aussi être éclaircis.

Responsabilité gouvernementale

La commission devrait par ailleurs établir la responsabilité du Conseil fédéral. Quand a-t-il été mis au courant de la manipulation des appareils de cryptage ? Que savait-il au moment de la prise d’otage par l’Iran d’un ingénieur de la société en 1992? A-t-il eu connaissance du retrait des services de renseignement allemand de Crypto en 1993 et de la poursuite de l’implication de la CIA?

Enfin, l’initiative veut des réponses sur le contrôle exercé par le Parlement et les informations données à la Délégation des commissions de gestion.

Des dizaines d’années

L’affaire a éclaté mardi avec les révélations par l’émission Rundschau de la télévision alémanique que la CIA et les services de renseignement allemands (BND) auraient, durant des dizaines d’années, intercepté des milliers de documents de plus de 100 pays via les appareils de chiffrement de l’entreprise Crypto.

L’affaire a été évoquée vendredi lors des traditionnels entretiens de Watteville réunissant le Conseil fédéral et les partis gouvernementaux, a annoncé vendredi la chancellerie fédérale sans préciser le contenu des discussions. Informé (en novembre) par le Département de la défense à la suite des recherches faites par les médias, le gouvernement a décidé d'’ouvrir une enquête mi-janvier.

ATS

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