30.11.2017, 00:01

«Je dois laisser le temps au temps»

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 30.11.2017, 00:01 «Je dois laisser le temps au temps»

Par laurent kleisl

TENNIS Opérée en septembre, Timea Bacsinszky prépare son retour à Bienne.

Des douleurs lancinantes, pendant de trop longs mois. Puis, le diagnostic tombe. Il est sans appel: déchirure des ligaments et des tendons de la main droite. L’articulation qui tient l’outil de travail de Timea Bacsinszky est en compote. Le 23 septembre, la Vaudoise de 28 ans est contrainte de...

Des douleurs lancinantes, pendant de trop longs mois. Puis, le diagnostic tombe. Il est sans appel: déchirure des ligaments et des tendons de la main droite. L’articulation qui tient l’outil de travail de Timea Bacsinszky est en compote. Le 23 septembre, la Vaudoise de 28 ans est contrainte de passer par la salle d’opération. Avant de partager un lunch avec les donateurs du HC Bienne, l’ancienne No 9 mondiale nous a conté le chemin qui doit la conduire à un retour, prochain, sur le circuit WTA.

Timea Bacsinszky, vous avez répondu à l’invitation des donateurs du HC Bienne. Quelle relation entretenez-vous avec le hockey sur glace?

Le hockey sur glace est un sport que je chéris particulièrement. Pour dire la vérité, mon club, c’est plutôt le Lausanne HC! Actuellement, je m’entraîne à Bienne au centre national de Swiss Tennis, où mon préparateur physique est basé. En cette période de novembre décembre, je suis régulièrement à Bienne pour ma préparation foncière. Quand j’ai été contactée, je me suis dit pourquoi ne pas également, de temps en temps, aider l’équipe de hockey de la ville.

Deux mois après votre opération à la main droite, où vous situez-vous exactement?

Ça va beaucoup mieux. Je suis sur la bonne voie, mais je dois laisser le temps au temps, je ne peux pas aller plus vite que la Musique. Je prends mon mal en patience, mais mon retour à la compétition en sera d’autant plus beau.

Peut-on imaginer vous voir à l’œuvre mi-janvier à l’Open d’Australie?

Melbourne? Je ne sais pas... Je ne peux pas encore me positionner. Mon retour est prévu en début d’année prochaine, mais je n’ai encore fixé aucune date. Comme j’ai subi une opération de microchirurgie, je dois respecter un protocole précis pour que ma main guérisse complètement. Je ne vais pas revenir trop tôt. Je le ferai quand je sentirai que tout est en place, que je suis apte, pas seulement pour jouer un match, mais pour les enchaîner en tournoi.

Où en êtes-vous dans votre travail de réhabilitation?

Actuellement, je ne peux m’astreindre qu’à quatre heures de tennis par semaine, pas plus d’une heure par jour grand maximum. J’ai repris l’entraînement avec des balles normales il y a deux semaines. Avant, j’ai passé une quinzaine de jours en tapant des balles en mousse. Je n’ai aucune idée comment ma main va réagir quand je jouerai plusieurs jours d’affiler. C’est étape par étape, car j’envisage ma carrière sur le long terme.

De2011 à2013, vous avez collectionné les blessures. Cette expérience vous aide-t-elle aujourd’hui?

Toutes les épreuves qu’une joueuse traverse dans une carrière aident à mieux rebondir. A ce moment-là, j’ai apprivoisé la patience. Cet été, quand j’ai su que j’allais devoir me faire opérer, je savais qu’ensuite, le chemin serait long. Par expérience, j’essaie de mieux m’occuper, de trouver d’autres activités qui me passionnent, de me développer en tant que femme et pas uniquement en tant que joueuse de tennis. Pour l’instant, je gère relativement bien.

Mentalement, cette parenthèse, même forcée, ne vous fait-elle pas du bien?

Elle me permet d’avoir du temps pour moi. Ce n’est pas pour autant que je me relâche complètement dans la tête, car j’ai quand même l’objectif de revenir à la compétition et de me sentir bien sur les courts. Les semaines après mon opération, fin septembre, je ne pouvais pas vraiment bouger ma main droite. Comme je devais être attentive à ne pas trop la garder en bas, je ne pouvais pas l’oublier. Ensuite, j’ai commencé la physio et la rééducation, là aussi, je n’oubliais pas ma main. Et vient la reprise de la préparation physique, puis le tennis. Ma main, jamais je ne l’oublie. J’ai juste eu un peu plus de temps pour faire autre chose.

Par exemple?

J’ai profité de voir ma famille, qui est un peu éparpillée partout en Suisse et France, et visiter mes amis proches. J’ai pu me poser, regarder un peu l’avenir avec mon ami Andreas, penser à des projets plus personnels. Dans une année tennistique sur le circuit WTA, les tournois à Travers le monde s’enchaînent, on n’a pas vraiment le temps de souffler. J’ai pu décompresser, partir en vacances un peu plus tôt. Je suis allée au Canada, je me suis rendue dans des lieux que je n’avais jamais eu le loisir de visiter auparavant.

Vous souffriez de votre main droite depuis octobre2016. Pourquoi avoir attendu juillet dernier pour dire «stop»?

J’ai arrêté à Wimbledon. Au troisième tour, contre Agnieszka Radwanska (réd: défaite 3-6 6-4 6-1 contre la Polonaise), je maîtrisais largement mon sujet quand j’ai ressenti une déchirure musculaire à une cuisse. Comme je n’arrivais plus à marcher, je n’ai pas pu finir le match correctement. Je prenais tellement d’antidouleurs à cause de ma main que je ne sentais plus comment mon corps se développait, quelles étaient les tensions. Ce traitement masquait beaucoup trop. Je n’avais pas envie d’avoir d’autres blessures à cause de ma main droite, de ravager mon estomac avec des antidouleurs et de souffrir d’ulcères à 40 ans! Une carrière de sportive, c’est une chose. J’aurai aussi une vie après, et je ne veux pas l’hypothéquer.

«Vous n’avez pas vu mes dragons?»

«Game of Rhône» Arpentant des chemins sablonneux, Daenerys Targaryen, la blondeur majestueuse, s’avance sur son fidèle canasson. La belle tombe sur une rude troupe de Dothrakis employés à s’étriper. «Les garçons, vous n’avez pas vu mes dragons? Parce que là, j’ai rendez-vous pour aller les faire castrer.»

Le temps d’un tournage, Timea Bacsinszky a campé le rôle de la patronne qui veut conquérir le monde. Un tournage sur une idée des deux Vincent, Veillon et Kucholl, neurones frétillants d’une fine équipe de «26 Minutes» qui a poussé le vice jusqu’à planter un carreau en plein cœur à Henri Dès. Pastiche de «Game of Thrones», «Game of Rhône» a déjà été visionné plus de 100 000 fois sur YouTube depuis mi-juin et sa première diffusion. «Ils ont eu un énorme succès avec ce film. Même des Français viennent m’en parler», sourit la Vaudoise. «Le résultat est génial!»

Dans cette caricature de 11 minutes grandioses de qualité, Timea Bacsinszky apparaît quelques secondes dans la peau de Daenerys Targaryen. «Nous avons enregistré en avril, c’était vraiment cool», sourit-elle. «Je ne m’attendais pas du tout à avoir ce rôle. J’ai été très surprise quand Vincent Veillon m’a appelé pour m’en parler. Il m’a simplement demandé si j’étais motivée par ce projet. De mon côté, du moment que la scène ne tourne pas trop au ridicule, je me suis dit pourquoi pas! J’ai ensuite reçu un mail avec le texte que je devais apprendre.»

Baum Mi-novembre, Timea Bacsinszky s’est fendue d’une apparition tout aussi remarquée dans le clip des rockers lucernois de Baum, habillage en images d’un titre intitulé «Learn To Fall». «Cette expérience-là a également été très chouette», dit-elle. «J’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir ce groupe suisse allemand. Se retrouver dans l’univers de la musique, ça change un peu. Pour moi, c’est bien d’ouvrir mes horizons et de ne pas rester en permanence uniquement dans le monde du tennis.»

Timea Bacsinszky en trois mots

La dame Née le 9 juin 1989 à Lausanne de parents hongrois. Un frère, deux sœurs. Premier match sur le circuit WTA disputé en 2003 à Zurich. Gains en tournoi: 6 millions de dollars.

Ses classements Meilleur classement WTA en simple: 9e (16 mai 2016). Classement WTA actuel en simple: 39e. «Je ne regarde pas trop le ranking. Après tout, ce n’est qu’un numéro. Quand mon jeu est en place, que je sois 9e, 25e ou 200e mondiale, je sais que je vais pouvoir aller loin dans les tournois.»

Ses performances En simple. Victoires en tournoi: Rabat (2016), Acapulco, Monterrey (2015) et Luxembourg (2019). Finales perdues: Shenzhen, Pékin (2015), Bad Gastein (2010). Demi-finaliste à Roland-Garros (2015 et 2017), quart de finaliste à Wimbledon (2015) et Roland-Garros (2016). A propos de sa défaite en demi-finale du dernier Roland-Garros face à la Lettone Jelena Ostrapenko, alors 47e joueuse mondiale et future gagnante du tournoi: «Je suis extrêmement fière de mon parcours à Roland-Garros. J’ai réalisé un match magnifique mais mon adversaire, ce jour-là, était plus forte que moi. Cette défaite ne m’est absolument pas restée en travers de la gorge, je n’ai rien du tout à me reprocher. J’avais atteint les demi-finales à Paris deux ans auparavant, m’y retrouver cette année a été quelque chose de libérateur pour moi.»


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