02.08.2015, 19:44

Federer toujours vivant

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Par MELBOURNE / PIERRE SALINAS

Roger Federer se dirigeait vers un succès aisé quand sa «bête noire» se fit plus animale que jamais. Sa qualification en cinq sets (6-2 6-3 4-6 4-6 6-3) face au Français Gilles Simon n'en est que plus belle. Le Belge Xavier Malisse l'attend au troisième tour de l'Open d'Australie.

Les 15 000 spectateurs de la Rod Laver Arena sont décidément gâtés lors des «night session». Après la bataille de 4h53' la veille entre Hewitt et Nalbandian, ils ont eu droit à un duel électrique entre Roger Federer (ATP 2) et Gilles Simon (ATP 34) hier. Le Suisse et le Français se sont renvoyé la balle pendant 3 heures et 13 minutes durant cinq sets. Le Bâlois en est sorti vainqueur sur sa cinquième balle de match (6-2 6-3 4-6 4-6 6-3). Ouf!

«Bête noire, bête noire... Il faut plus que deux défaites pour définir si, oui ou non, Simon est ma bête noire», bougonnait Roger Federer deux jours plus tôt. Le No 2 mondial était moins péremptoire hier, lui qui n'a plus perdu avant le troisième tour d'un Grand Chelem depuis Roland Garros 2003 (défaite contre le Péruvien Luis Horna). Le sang du Bâlois n'a fait qu'un tour quand, dans une clameur indescriptible, le Français montra les crocs et serra le poing après être revenu à deux manches partout.

«Simon sait tout faire. Plus vite tu joues et mieux il te contre. C'est vraiment un gars dangereux, qui n'a pas été No 6 mondial (réd: en janvier 2009) et qui n'a pas aussi battu Nadal par hasard», rappelle Roger Federer, qui retrouvait tout son courage et un peu de son allant offensif au début de la dernière ligne droite, avant de mettre les deux - fragiles - genoux du Niçois à terre. Il était passé minuit en Australie!

«Je suis encore vivant. Inquiet, je l'ai été. Mais je savais que la victoire était dans ma raquette. C'est moi qui faisais le jeu et, normalement, j'aime ça. Gagner de la sorte m'a appris beaucoup de choses que je vais pouvoir utiliser pour la suite du tournoi.»

L'homme aux 16 victoires en Grand Chelem, qui retrouvera demain le Belge Xavier Malisse (ATP 45), battu par Wawrinka à Chennai, a retenu des leçons. Lesquelles? Il a d'abord fait preuve d'une grande solidité mentale. Car aussi expérimenté soit-il, le trentenaire qu'il sera en août prochain n'est pas un habitué des marathons en cinq sets. Huit seulement en Australie.

Les plus anciens se souviendront encore d'une défaite épique face à Hewitt en Coupe Davis, toujours «down under». «J'ai déjà connu des rencontres aussi difficiles, mais je les ai souvent remportées en quatre manches», précise-t-il, la main sur sa cuisse gauche peut-être endolorie.

«Il y a un peu de fatigue, normal, mais je suis très content de la manière dont j'ai bougé sur le court. Physiquement ça va bien.» Voilà pour le deuxième enseignement, que sa victime du jour avait tiré quelques minutes auparavant déjà. «Aucun joueur n'est aussi rapide que Federer. Au début, je jouais bien. Mais même quand je le faisais courir et que je lui décochais un coup le long de la ligne, il me renvoyait un avion croisé. Il était tout bonnement monstrueux, mais je n'ai pas paniqué. Quelque part, il jouait tellement bien qu'il a réussi à me libérer», sourit Gilles Simon.

Le Français avoue avoir atteint les limites de ses possibilités. «Je ne peux pas mieux taper», prévient-il. «La différence entre lui et les autres, c'est qu'il arrive à encore monter son niveau d'un cran alors que je suis déjà à bloc.»

Le compliment est réel. Il vient de la bouche de Gilles Simon, 34e mondial. Pas de Nadal. /PSA

Comme Richard Gasquet et Florent Serra, le Français Gilles Simon réside à Neuchâtel Federer toujours vivant

Neuchâtel semble être une terre d'asile pour les joueurs de tennis français. Comme ses compatriotes Richard Gasquet et Florent Serra, Gilles Simon réside sur les bords du lac. Il aime d'ailleurs y pratiquer le roller avec sa compagne Carine Lauret et son fils Timothée, né en 2010, comme il l'a récemment déclaré sur ITV. /réd

Stanislas Wawrinka - Gaël Monfils: bataille entre potes

La nuit tombe et Stanislas Wawrinka (25 ans, ATP 19) arme un dernier ace, le huitième. Aussi prometteur soit-il, le Bulgare Grigor Dimitrov (ATP 105) est balayé en trois sets (7-6 6-3 6-3) et 101 minutes. «Une rencontre plus facile que prévue», admet le Vaudois, avant de se projeter vers un troisième tour qui le verra affronter demain, pour son 16e de finale à Melbourne, le Français Gaël Monfils (24 ans, ATP 12), un de ses meilleurs potes. «Le circuit ATP, c'est un peu comme le collège», remarquait hier Andy Roddick. «Les années passent, les joueurs vont et viennent mais on garde toujours la même bande de potes.»

«Potes, je pense qu'on peut appeler ça comme ça. Nous essayons de nous entraîner le plus souvent possible ensemble», explique Wawrinka à propos de sa relation avec Monfils. «Nous nous voyons souvent et nous nous écrivons beaucoup. Nous nous entendons très bien sur le court, mais nous nous tapons aussi de bons délires hors du terrain», ajoute le Français.

Wawrinka - Monfils, un duel de cogneurs qui ne manquent pas de souffle. Un duel de voisins aussi. Avant de «changer de vie», «Stan» habitait la banlieue chic de Lausanne. Avec femme et enfant. «La Monf'», lui, a élu domicile à Trélex, un village paisible à deux pas de Nyon où il est un citoyen et un contribuable modèle. N'a-t-il pas promis d'entraîner une petite équipe de basketball, sport où celui qui est considéré comme l'athlète le plus complet du circuit n'est pas maladroit non plus.

Car Monfils, c'est aussi «Slideman», l'«homme qui glisse» sur court en dur comme sur terre battue. «Physiquement, il est là. Gaël a du jeu dans sa raquette, mais c'est surtout sa couverture du terrain qui impressionne», souffle Wawrinka, qui n'a battu qu'une fois en trois confrontations le Titi parisien. Une statistique sur laquelle aucun des deux ne s'arrête, pas même Monfils qui sait que, «comme toujours entre joueurs qui se connaissent par cœur», l'issue du match se décidera entre les deux oreilles: «Il n'y aura aucune surprise tactique. Ce sera à celui qui emballera le match en premier et qui provoquera l'autre.» Personne mieux que Monfils n'est capable de mettre un public dans sa poche. «Mais lors de notre dernière confrontation, à Valence, c'est Stan qui a commencé, avec ses «Allez», «Allez», s'insurge le Français.

Ne reste plus qu'une question. «Gaël, tu connais les problèmes d'ordre privé de Stan?» «Nous en avons parlé, oui, mais c'est à lui de vous en dire plus s'il le désire. Tout ce que je peux déclarer, c'est que je suis très fier de lui. Malgré tout, il ne se plaint pas, il a gagné un tournoi en début d'année (réd: Chennai, en Inde) et il est toujours invaincu.» Gaël Monfils n'est pas un pote. C'est un véritable ami. /psa

Marion Bartoli s'est blessée au mollet droit durant son match

Marion Bartoli (WTA 17) souffre d'une déchirure au mollet droit qui devrait la priver des courts six semaines. La Française a été éliminée au deuxième tour, face à la qualifiée russe Vesna Manasieva (3-6 6-3 6-0). /si

Paire et son double

ET AUSSIE - PAR PIERRE SALINAS

Qui a dit que les joueurs étaient devenus lisses, que depuis les départs à la retraite d'Ivanisevic, Safin et Agassi, on s'ennuie? Si les originaux sont devenus moins nombreux, la planète tennis voit atterrir, ici et là, de petits ovnis.

Robes en simili cuir, bas déroulés jusqu'aux genoux, bras bardés de tatouages: Bethanie Mattek-Sands est une originale, rock'n'roll de la tête aux pieds. Janko Tipsarevic à la peau scarifiée aussi. Mais son truc à lui, ce serait plutôt Dostoïevski. Des bouquins de philosophie, le Serbe en a avalés des tonnes. «Mais j'ai arrêté. Je lisais trop et ça me polluait l'esprit. Je commençais à douter de moi, de ma vie et des raisons qui m'ont poussé à faire ce métier», soupire-t-il.

Et puis, il y a Benoît Paire, un Français talentueux mais dont le double se revendique dépressif. La distance attise son spleen. En Australie, il lui est même arrivé de «zapper» l'entraînement, se jugeant «trop mal pour mettre une balle dans le court». Le jeune homme est cyclothymique: un jour heureux, le lendemain triste. Il se considère lui-même comme «une pleureuse»: toujours à se plaindre et à pester contre son sort. Battu hier par Ivan Ljubicic, Paire est un joueur singulier qui retrouvera bientôt l'anonymat des tournois Challenger. «Mais je ne voyagerai pas trop loin. C'est trop dur», souffle-t-il.

Open d'Australie

Melbourne. Premier tournoi du Grand Chelem (25 millions de francs, dur).

Simple messieurs. Deuxième tour: Roger Federer (S, 2) bat Gilles Simon (Fr) 6-2 6-3 4-6 4-6 6-3. Stanislas Wawrinka (S, 19) bat Grigor Dimitrov (Bul) 7-5 6-3 6-3. Novak Djokovic (Ser, 3) bat Ivan Dodig (Cro) 7-5 6-7 (8-10) 6-0 6-2. Tomas Berdych (Tch, 6) bat Philipp Kohlschreiber (All) 4-6 6-2 6-3 6-4. Andy Roddick (EU, 8) bat Igor Kunitsyn (Rus) 7-6 (9-7) 6-2 6-3. Fernando Verdasco (Esp, 9) bat Janko Tipsarevic (Ser) 2-6 4-6 6-4 7-6 (7-0) 6-0. Nicolas Almagro (Esp, 14) bat Igor Andreev (Rus) 7-5 2-6 4-6 7-6 (12-10) 7-5. Gaël Monfils (Fr, 12) bat Frederico Gil (Por) 6-4 6-3 1-6 6-2. Tommy Robredo (Esp) bat Mardy Fish (EU, 16) 1-6 6-3 6-3 6-3. Ivan Ljubicic (Cro, 17) bat Benoît Paire (Fr) 6-3 6-7 (2-7) 6-4 7-6 (7-5). Xavier Malisse (Be) bat Albert Montanes (Esp, 25) 6-4 6-0 6-1. Robin Haase (PB) bat Juan Monaco (Arg, 26) 6-4 6-4 3-6 6-2. Richard Gasquet (Fr, 28) bat Adrian Mannarino (Fr) 6-3 7-6 (7-4) 6-4. Viktor Troicki (Ser, 29) bat Nicolas Mahut (Fr) 6-4 6-2 1-6 6-3. Kei Nishikori (Jap) bat Florian Mayer (All) 6-4 6-3 0-6 6-3. Sergiy Stakhovsky (Ukr) bat Lukasz Kubot (Pol) 6-3 6-4 6-4.

Simple dames. Deuxième tour: Caroline Wozniacki (Da, 1) bat Vania King (EU) 6-1 6-0. Venus Williams (EU, 4) bat Sandra Zahlavova (Tch) 6-7 (6-8) 6-0 6-4. Francesca Schiavone (It, 6) bat Rebecca Marino (Can) 6-3 5-7 9-7. Victoria Azarenka (Bié, 8) bat Andrea Hlavackova (Tch) 6-4 6-4. Justine Henin (Be, 11) bat Elena Baltacha (GB) 6-1 6-3. Maria Sharapova (Rus, 14) bat Virginie Razzano (Fr) 7-6 (7-3) 6-3. Vesna Manasieva (Rus) bat Marion Bartoli (Fr, 15) 3-6 6-3 6-0. Julia Georges (All) bat Kaia Kanepi (Est, 20) 6-4 3-6 6-4. Anastasija Sevastosa (Lit) bat Yanina Wickmayer (Be, 21) 6-4 6-2. Svetlana Kuznetsova (Rus, 23) bat Atantxa Rus (PB) 6-1 6-4. Dominika Cibulkova (Slq, 29) bat Alberta Brianti (It) 6-1 4-6 6-2. Andrea Petkovic (All, 30) bat Anne Keothavong (GB) 2-6 7-5 6-0. Monica Niculescu (Rou) bat Tsvetana Pironkova (Bul, 32) 6-4 6-1.Chanelle Scheepers (AfS) bat Regina Kulikova (Rus) 6-4 4-6 7-5. Barbora Zahlavova Strycova (Tch) bat Jelena Dkic (Aus) 7-6 (7-3) 6-1.

Double dames. Premier tour: Anna-Lena Groenefeld-Patty Schnyder (All-S) battent Kristina Barrois-Angelique Kerber (All) 7-5 6-3. /si


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