13.01.2018, 00:01

Federer, favori (trop) évident?

Abonnés
chargement
Tenant du trophée, Roger Federer (ici lors du tirage au sort) est en confiance. Contrairement à nombre de ses adversaires.

 13.01.2018, 00:01 Federer, favori (trop) évident?

Par ats

TENNIS Le Bâlois a débarqué à Melbourne gonflé à bloc pour défendre son titre.

C’est un Roger Federer gonflé à bloc qui a débarqué à Melbourne, où il défendra son titre de l’Open d’Australie dès lundi. A 36 ans, le Bâlois est le principal candidat à sa propre succession dans un tableau masculin où les incertitudes sont encore plus nombreuses que les absents de marque (Murray, Nishikori).

Impossible de désigner un autre favori pour...

C’est un Roger Federer gonflé à bloc qui a débarqué à Melbourne, où il défendra son titre de l’Open d’Australie dès lundi. A 36 ans, le Bâlois est le principal candidat à sa propre succession dans un tableau masculin où les incertitudes sont encore plus nombreuses que les absents de marque (Murray, Nishikori).

Impossible de désigner un autre favori pour cette première levée du Grand Chelem, qui avait vu Roger Federer signer un retour extraordinaire l’an passé après ses six mois de pause forcée. Le Bâlois avait livré l’un des plus grands matches de sa carrière en finale pour terrasser en cinq sets et 3h38’ de jeu un autre «revenant», Rafael Nadal.

L’histoire fut belle. Elle fut le somptueux prélude d’un long mano a mano entre les deux rivaux, qui se sont partagé les quatre trophées majeurs en 2017. Mais l’histoire ne se répète pas, elle bégaie seulement. Roger Federer le sait. Il a d’ailleurs tenu à souligner dès son arrivée à Perth qu’il ne pouvait ne serait-ce qu’oser imaginer un tel dénouement à la chaude quinzaine australienne qui s’annonce.

Seul cador en confiance

L’homme aux 19 titres du Grand Chelem sait également que son sacre n’avait tenu qu’à un fil l’an passé. Stan Wawrinka ne s’était-il pas procuré deux balles de break à l’entame de la manche décisive de leur demi-finale? Rafael Nadal n’avait-il pas mené 3-1 dans le cinquième set de leur finale avant de concéder cinq jeux d’affilée?

Une évidence s’impose néanmoins après la Hopman Cup: titré en compagnie de Belinda Bencic, Roger Federer s’est montré plus convaincant qu’une année plus tôt lors de cette exhibition. Il est bien le seul parmi les cadors à afficher une telle confiance. Et, si la pression est désormais bien plus grande, il sait encore parfaitement la gérer.

Les autres cadors manquent quant à eux cruellement de repères. Novak Djokovic (No 14) se retrouve ainsi dans la même situation que Roger Federer une année plus tôt. Le Serbe a mis un terme à son exercice 2017 après Wimbledon. Son talent et sa hargne lui autorisent également tous les espoirs.

Mais les données ne sont pas les mêmes. Roger Federer avait pu longuement préparer son retour à l’automne 2016. Novak Djokovic n’a quant à lui pas pu fourbir ses armes comme il l’aurait souhaité. Il a renoncé tant à l’exhibition d’Abou Dhabi qu’à Doha en raison d’un coude droit récalcitrant. Il saura rapidement à quoi s’en tenir, avec un choc programmé dès le deuxième tour face à Gaël Monfils. Même s’il a affirmé qu’il était prêt, les doutes sont permis.

Ils le sont également pour Rafael Nadal. Le No 1 mondial a terminé 2017 sur les rotules. Le Majorquin a renoncé à Abou Dhabi et Brisbane. Sa volonté sans limite suffira-t-elle à gommer son manque de compétition? C’est possible. Et Rafa aura l’occasion de monter en puissance dans une première moitié de tableau moins relevée.

Stan Wawrinka (No 9), lui, ne peut pas voir aussi loin. Le Vaudois n’a plus joué depuis Wimbledon. Mais lui a dû passer sur le billard pour un problème de cartilage au genou gauche. Après avoir mis de longues années à se construire et à prendre confiance en ses immenses moyens, «Stan» n’a eu que quelques semaines pour se refaire une santé. Il n’a même pas pu se tester réellement sur le court, et part dans l’inconnu avant son premier tour face à Ricardas Berankis.

Dimitrov et Kyrgios peuvent y croire

Dans ce contexte, les outsiders pourraient (enfin) avoir leur mot à dire. A commencer par Grigor Dimitrov (No 3), qui doit prouver qu’il a bel et bien franchi un palier en cueillant son premier grand titre lors du Masters. Ou par Nick Kyrgios (No 17), sacré sur ses terres dimanche à Brisbane. L’Australien et le Bulgare sont sur le papier les principaux rivaux de Rafael Nadal dans le haut du tableau.

Alexander Zverev (No 4) pourrait également avoir son mot à dire. Tout comme David Goffin (No 7). Mais l’Allemand et le Belge devront multiplier les coups d’éclat pour aller loin: Alexander Zverev pourrait affronter Novak Djokovic en huitième de finale et Roger Federer en demi-finale, alors que David Goffin pourrait se mesurer à Juan Martin Del Potro au quatrième tour puis à Roger Federer en quart de finale... ats

belinda bencic en quête d’exploit dans un tableau ouvert

La reine Serena Williams est la grande absente de l’Open d’Australie, dernier tournoi qu’elle avait disputé l’an dernier avant sa grossesse. Une nouvelle surprise est envisageable, et Belinda Bencic (WTA 77) est capable de la créer.

Ses problèmes au poignet gauche sont oubliés. La Saint-Galloise de 20 ans sort d’un exercice 2017 compliqué avec cinq mois de pause forcée, exercice qu’elle avait toutefois conclu en trombe en remportant ses quinze derniers matches. Elle a poursuivi sur sa lancée en ce début d’année, brillant à la Hopman Cup où elle a remporté trois de ses quatre rencontres de simple.

«Boostée» par le niveau de jeu affiché à Perth face à des joueuses de premier plan, Belinda Bencic semble revenue pratiquement au niveau qui lui avait permis de hisser jusqu’à la septième place mondiale en février 2016. Sa meilleure performance en Grand Chelem demeure ce quart de finale joué à New York en 2014, alors qu’elle n’avait que 17 ans.

Mais la Saint-Galloise devra enchaîner les exploits pour faire aussi bien à Melbourne. Le tirage au sort lui a ainsi réservé un premier tour face à la finaliste 2017, Venus Williams (No 5)!

Les favorites logiques se nomment Simona Halep (No 1), Caroline Wozniacki (No 2) et Elina Svitolina (No 4). Mais aucune d’entre elles n’a tenu jusqu’ici le choc en Grand Chelem. Sacrées respectivement à Wimbledon, Roland-Garros et New York en 2017, Garbiñe Muguruza (No 3), Jelena Ostapenko (No 7) et Sloane Stephens (No 13) n’évoluent pour leur part pas au niveau qui leur avait permis de triompher l’an passé dans un «Major».

Ex-No 1 mondiale redescendue au-delà de la 20e place, Angelique Kerber (No 21) semble en revanche avoir trouvé un second souffle après une saison 2017 à oublier. La gauchère allemande, titrée à Melbourne et à l’US Open en 2016, a joué un tennis solide et agressif à Perth. C’est d’ailleurs elle qui a infligé à Belinda Bencic son unique défaite de la semaine, en finale.

Le Neuvevillois Damien Wenger joue sa qualification à Traralgon

Aéroport de Melbourne, le 4 janvier. Damien Wenger atterrit sur sol australien. Enfin, il y est. A 17 ans, il s’apprête à lancer une saison tant attendue, sa dernière chez les juniors. Ses vœux pour 2018? «Disputer les quatre tournois du Grand Chelem et profiter au maximum de ces expériences.»

Le Neuvevillois, 58e au classement mondial juniors, tentera la semaine prochaine de se qualifier pour le premier grand tournoi de sa carrière: l’Open d’Australie. Mais d’abord, il s’entraîne deux fois par jour à Traralgon. Cette ville située à deux heures de route de Melbourne est le lieu choisi pour le premier tournoi Grade 1 de l’année. Ce qui se fait de mieux en juniors après les Grand Chelem et les cinq Grade A. «Tout se passe à merveille, même si je n’ai pas encore vu de kangourou», s’amuse-t-il.

Ce tournoi est important. «Tous les meilleurs juniors sont de la partie. Chaque jour, nous pouvons changer de partenaires de jeu, se mesurer les uns aux autres, c’est plaisant», détaille le joueur du CT Neuchâtel. «Mardi, j’ai disputé un match d’entraînement face au No 2 mondial juniors, le Serbe Marko Miladinovic.» Résultat: défaite 6-3 6-0. Aujourd’hui, pour le premier tour, il affrontera l’Australien Ken Cavrak (102e).

Autre avantage, ce type de tournoi permet d’acquérir de nombreux points ITF. «C’est important pour améliorer ses chances d’entrer dans le tableau principal de Roland-Garros, Wimbledon et Flushing Meadows», précise Wenger. «En cas de bonnes performances, je pourrais aussi obtenir directement mon ticket pour l’Open d’Australie.» Explications: le tournoi de Traralgon se termine le 18 janvier. Les qualifications de l’Open d’Australie se disputent les 17 et 18. «Si des joueurs présents en demi-finale du Grade 1 ne sont pas déjà qualifiés pour Melbourne, ils ne pourront pas disputer les qualifications et obtiendront alors une place dans le tableau principal grâce à ce qu’on appelle une exemption spéciale», informe-t-il.

Evidemment, d’autres options s’offrent à lui. «Je suis en troisième position sur la liste des qualifications. En cas de forfaits, je pourrais passer dans la liste des 64 joueurs sélectionnés.» Damien Wenger ne souhaite malheur à aucun de ses rivaux. Son option favorite: disputer les qualifications et remporter ses deux matches. Des qualifications qui n’ont pas lieu à Melbourne, mais... à Traralgon. «C’est aussi pour cela que je veux absolument obtenir ma place dans le tableau principal», précise le jeune homme. «Pour jouer à Melbourne, comme les adultes.»

Ah l’Open d’Australie! Quel joueur n’a pas rêvé d’y participer? Wenger y est presque. Il sera fixé jeudi au plus tard. Sa qualification constituerait aussi une juteuse opération financière. «Les joueurs qualifiés, tant en simple qu’en double, se font offrir l’hébergement et la nourriture», sourit le Neuvevillois. Un geste des organisateurs non négligeable à ce stade de sa carrière. Une saison coûte 60 000 fr. Financés par des sponsors privés, son repas de soutien et sa famille. Swiss Tennis participe également en lui accordant 6000 fr. par saison, en tant que membre du cadre B.

Bref, on voit mal comment l’Open d’Australie pourrait complètement échapper à Wenger. Sacré champion d’Europe M18 en double l’an dernier à Klosters – en compagnie du Zurichois Jakub Paul (1999) –, il devrait trouver un adversaire lui permettant d’entrer dans le tableau principal du double. Soit son compagnon de voyage Aaron Schmid, soit quelqu’un d’autre. lyndon viglino


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top