30.11.2017, 00:01

Passage sous tension à l’électrique

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Neel Jani ne se fait pas d’illusions quant à ses débuts en Formule E. «Nous allons au-devant d’un week-end difficile», prévient-il.

 30.11.2017, 00:01 Passage sous tension à l’électrique

Par laurent kleisl

AUTOMOBILISME Ce week-end à Hong Kong, le pilote biennois Neel Jani lance sa carrière en Formule E.

Moins de deux semaines se sont écoulées depuis les Six Heures de Bahreïn, dernière manche du championnat du monde d’endurance (WEC). Une période de deuil pour Neel Jani. Le pilote biennois lance à peine le processus d’oubli de sa Porsche 919 Hybrid, sa merveille de technologie. Hier soir, il a atterri à Hong Kong où se disputent, samedi et...

Moins de deux semaines se sont écoulées depuis les Six Heures de Bahreïn, dernière manche du championnat du monde d’endurance (WEC). Une période de deuil pour Neel Jani. Le pilote biennois lance à peine le processus d’oubli de sa Porsche 919 Hybrid, sa merveille de technologie. Hier soir, il a atterri à Hong Kong où se disputent, samedi et dimanche, les deux manches inaugurales de la saison 2017-2018 de Formule E, son nouveau lieu de travail. «Un énorme challenge m’attend...», souffle-t-il.

Après quatre riches années chez Porsche Motorsport, Neel Jani découvre les bonheurs des structures privées avec les Californiens de Dragon Racing. «Pour moi, c’est un saut dans l’inconnu. Je ne peux même pas dire où nous nous situons par rapport aux autres écuries privées. Ma seule certitude est que nous serons loin des voitures de constructeurs, Audi et Renault.» La marque tricolore emploie le Vaudois Sébastien Buemi depuis le lancement de ce championnat en 2014. Un troisième Suisse, le néophyte genevois Edoardo Mortara, sera engagé avec les Monégasques de Venturi.

Essais rudimentaires

Entre le WEC et la Formule E, le temps ne s’écoule pas à la même vitesse. Après les longues séances de préparation dans un vacarme assourdissant, le citoyen de Port découvre la version sprint et silencieuse de la course automobile. «Deux séances d’essai, de 30 et 45 minutes, un tour de qualification et c’est la course!», décrit-il.

Avant de se pointer en Asie, le Seelandais de 33 ans n’a eu droit qu’à trois jours de tests, mi-novembre, sur le circuit de Valence. Et c’est tout. «Cela s’est encore assez bien déroulé dans l’ensemble, mais les conditions n’étaient pas représentatives de la Formule E, dont les courses se disputent en milieu urbain», remarque-t-il.

Vendredi dernier à Paris, afin de se familiariser aux tracés qu’il arpentera ces prochains mois, Neel Jani s’est enfermé dans le simulateur proposé par Dragon Racing. Un bon débourrage, mais... «Ce simulateur n’intègre pas les conditions de course, comme la gestion de la batterie. Les meilleures écuries peuvent introduire ces paramètres-là dans leurs simulations.» C’est qu’en format électrique, le sport automobile est davantage une question d’économie que de vitesse.

La mécanique, les pneumatiques, l’adhérence, les bases du métier s’effacent sur l’autel de l’informatique. «Il faut être très précis dans la configuration du logiciel qui gère la batterie», poursuit Neel Jani.

Pas toujours à fond

«On ne peut pas toujours être à fond. On a une vingtaine de tours à manager avant de monter dans le deuxième bolide, puis une autre vingtaine pour atteindre l’arrivée. La batterie doit être gérée le plus efficacement possible. La voiture est assez basique et tout le monde roule avec le même châssis. C’est surtout dans ces réglages-là que les grosses écuries font la différence.»

Dans le domaine, à Hong Kong, Neel Jani va apprivoiser une autre dimension. «Porsche en WEC, c’était plus de 250 employés, dont 60 étaient engagés pendant les courses», rappelle le vainqueur des 24 Heures du Mans 2016. «J’avais 15 ingénieurs uniquement à ma disposition. Avec Dragon Racing, l’équipe doit être composée de 20 personnes au total. Je vais d’ailleurs faire connaissance avec mon ingénieur vendredi matin!»

Propriété du Californien Jay Penske, magnat des médias digitaux dont la fortune est estimée à 200 millions de dollars, Dragon Racing est entré en FormuleE en 2014, dès la saison I. Durant le championnat 2016-2017, Faraday offrait son savoir technique à l’ancienne écurie d’IndyCar. Le hic? Les projets de développement du constructeur américain de voitures électriques se sont envolés avec les investissements promis par le conglomérat chinois LeEco, en grandes difficultés financières.

Cette tuile a poussé Dragon Racing à rompre ses liens avec Faraday. «En fait, dans notre écurie, tout est complètement nouveau pour tout le monde», observe Neel Jani. «C’est la première fois depuis une éternité que je suis aussi peu préparé au moment de commencer un championnat!»

Du pain sur la planche

Ce contexte général n’empêche pas Jay Penske de positiver. «Quand je l’ai rencontré, il m’a parlé de ses objectifs. Il souhaite que la voiture et l’écurie progressent au fil de la saison.» Neel Jani marque dans un temps d’arrêt. Puis lance un long soupir: «On a beaucoup de boulot. Il faut être réaliste, nous allons au-devant d’un week-end difficile. Ces deux premières courses seront... comment dire... assez freestyle!»

Et une pensée s’envole. Elle est quand même belle, cette Porsche 919 Hybrid!


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