13.01.2018, 00:01

Une lente agonie dans l’anonymat

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Victor Muffat-Jeandet, l’un des derniers vainqueurs d’un combiné qui ne fait plus rêver.

 13.01.2018, 00:01 Une lente agonie dans l’anonymat

Par patricia morand

SKI ALPIN Muffat-Jeandet a remporté le combiné de Wengen, l’un des derniers du circuit Coupe du monde.

Dans la grisaille de l’aire d’arrivée de la piste du Lauberhorn, Victor Muffat-Jeandet, Pavel Trikhichev et Peter Fill avaient des raisons de jubiler, même dans une ambiance tristounette au moment de la cérémonie des fleurs. Les spectateurs avaient déjà quitté les lieux. Pas de quoi ternir l’enthousiasme du Français, vainqueur de sa première épreuve de Coupe du monde, du...

Dans la grisaille de l’aire d’arrivée de la piste du Lauberhorn, Victor Muffat-Jeandet, Pavel Trikhichev et Peter Fill avaient des raisons de jubiler, même dans une ambiance tristounette au moment de la cérémonie des fleurs. Les spectateurs avaient déjà quitté les lieux. Pas de quoi ternir l’enthousiasme du Français, vainqueur de sa première épreuve de Coupe du monde, du Russe, pour la première fois sur le podium à ce niveau, ou de l’Italien, assuré de remporter le globe de la spécialité vouée à disparaître.

«Même Pinturault, qui avait gagné à Bormio, n’a pas pris le départ à Wengen. Deux épreuves du genre au calendrier, ce n’est pas intéressant», souligne Patrice Morisod, ancien entraîneur des Suisses et des Français.

«Situation regrettable»

La FIS (Fédération internationale de ski) a signé l’arrêt de mort de cette discipline composée d’une manche de vitesse et d’un slalom. Un titre mondial de combiné sera encore attribué aux Jeux olympiques de PyeongChang dans moins d’un mois, puis aux mondiaux d’Are en 2019, et c’est tout. En Coupe du monde, deux combinés figurent dans le calendrier prévisionnel des deux prochaines saisons, mais cela peut encore changer. «Cette situation est regrettable, et on ne voit pas ce qui remplacera cette spécialité», glisse Stéphane Cattin, le directeur alpin de Swiss-Ski. «Nous avons d’ailleurs proposé à la FIS de monter un groupe de travail pour se pencher sur l’ensemble du produit qu’est le ski alpin. Nous allons nous battre pour le combiné.» Voilà pour l’aspect politique.

«Je ne vais pas pleurer»

Le combiné a permis à bien des skieurs de glaner quelques lauriers dont ils n’auraient jamais vu la couleur sans l’existence de cette spécialité. Hier encore, le Russe Pavel Trikhichev, sur la lancée de son 16e rang dans le géant d’Adelboden six jours plus tôt, son meilleur résultat en Coupe du monde jusque-là, en a profité. «C’est un choc, même pour moi», a convenu le Moscovite, qui dit avoir subi huit contrôles antidopage au cours des six derniers mois.

Avant Pavel Trikhichev, le Zurichois Niels Hintermann (1er, Wengen 2017), le Tchèque Ondrej Bank (3e, Kitzbühel 2015 et 3e, Beaver Creek 2008) ou le Croate Natko Zrncic-Dim (cinq fois entre 2008 et 2014) ont profité de cette discipline qui ne déchaîne pas les passions pour mettre le nez à la fenêtre. «Cela n’a rien à voir avec mon succès de l’année dernière, mais je suis déçu que le combiné soit voué à disparaître», observe Hintermann. «Je ne vais toutefois pas pleurer là-dessus.»

Victor Muffat-Jeandet, spécialiste des disciplines techniques, a forgé sa victoire à Wengen en réussissant un slalom – il était le quatrième à s’élancer – solide. «Une journée de combiné est toujours un peu folle. Il faut se battre pour rester dans les trente en descente et vite retrouver ses sensations entre les piquets courts.» Le skieur d’Aix-les-Bains est monté pour la première fois sur la plus haute marche du podium. «C’est magique. J’avais déjà fêté mon premier podium ici, voici trois ans. C’est dommage de mettre fin au combiné. J’aurai au moins pris ma victoire!» L’Italien Peter Fill fait preuve du même détachement alors qu’il va recevoir le petit globe de cristal du combiné pour terminer en tête du classement après... deux seules épreuves dans la spécialité. «Il est identique aux deux autres (de descente en 2016 et en 2017) que j’ai à la maison!»

Les Suisses grimacent

Dans la grisaille de l’aire d’arrivée de la piste du Lauberhorn, trois hommes avaient le sourire aux lèvres. Dans le camp helvétique, c’était la soupe à la grimace. Les huit engagés ont terminé dans les trente meilleurs de la descente. La belle journée s’est gâtée, comme la météo, lors du slalom.

Stefan Rogentin est sorti dans le mur final, Gilles Roulin a enfourché la première porte, Luca Aerni s’est fourvoyé après quinze secondes, comme Gian Luca Barandun, et Nils Mani a suivi. Luca Aerni, le champion du monde de combiné, avait signé une belle performance en descente avec les skis de Patrick Küng. «Il y avait quelque chose à aller chercher. C’est dommage, car je faute dans ma discipline, le slalom. On se revoit dimanche!» Sixième, Mauro Caviezel s’est classé meilleur Suisse hier, juste devant Justin Murisier, qui a signé le troisième chrono du slalom. «J’ai perdu trop de temps dans cette neige de printemps», a regretté le Valaisan, qui n’en menait pas large.

lobbying pour que janka puisse aller aux jo

Swiss-Ski fait tout pour permettre à Carlo Janka de disputer les Jeux de PyeongChang. La Fédération a demandé à Swiss Olympic une autorisation exceptionnelle afin qu’il puisse être sélectionné en Corée du Sud.

Swiss-Ski entend faire jouer une clause «médicale» qui permet à un athlète de concourir aux Jeux malgré son incapacité à satisfaire aux critères de sélection. Or on le sait, le Grison est pour l’instant sur la touche en raison d’une blessure au genou. «Nous sommes prêts à entrer en matière», souligne le président de Swiss Olympic Jürg Stahl.

On en saura plus la semaine prochaine sur l’état physique de Carlo Janka. Il doit, en effet, se rendre à Kitzbühel où il entend se tester sur la Streif lors des entraînements de la descente. ats


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