08.12.2017, 00:01

Saint-Moritz, 301 jours plus tard

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 08.12.2017, 00:01 Saint-Moritz, 301 jours plus tard

SKI ALPIN Lara Gut est de retour là où elle avait terminé à l’hôpital entre les deux manches du supercombiné mondial.

Anxieuse, craintive, inquiète, superstitieuse, Lara Gut? Vous n’y êtes pas, mais alors pas du tout. La Tessinoise l’affirme: oui, elle a complètement oublié ce funeste vendredi 10 février 2017 quand, ici même à Saint-Moritz, entre les deux manches du supercombiné des championnats du monde, elle fut victime d’une rupture complète du ligament croisé antérieur du genou gauche. Ce matin,...

Anxieuse, craintive, inquiète, superstitieuse, Lara Gut? Vous n’y êtes pas, mais alors pas du tout. La Tessinoise l’affirme: oui, elle a complètement oublié ce funeste vendredi 10 février 2017 quand, ici même à Saint-Moritz, entre les deux manches du supercombiné des championnats du monde, elle fut victime d’une rupture complète du ligament croisé antérieur du genou gauche. Ce matin, 301 jours plus tard, elle sera bel et bien au départ de la première des trois épreuves Coupe du monde organisées ce week-end par la station grisonne, un... supercombiné!

«Ne pas fixer de limites»

«Lorsque j’ai pris connaissance du calendrier, cet été, j’ai toujours su, au fond de moi, que je serais au départ de ce supercombiné», lâche-t-elle d’emblée, devant un impressionnant parterre de journalistes réuni dans l’une des salles de conférence de l’hôtel Reine Victoria. «Franchement, Saint-Moritz évoque pour moi bien plus de bons souvenirs que de mauvais. C’est ici que j’ai disputé ma première course de Coupe d’Europe, c’est ici que j’ai fêté mon premier podium puis ma première victoire en Coupe du monde, c’est ici que j’ai reçu mon grand globe de cristal, en mars 2016. Alors oui, je reste positive et vous le confirme: j’adore Saint-Moritz!»

Sur la pista Engiadina, où elle s’élancera avec le dossard numéro 31 ce matin lors de la première manche (super-G à 10h, slalom à 13h), la Tessinoise tentera de confirmer sa formidable deuxième place obtenue dimanche passé à Lake Louise, en super-G précisément. Nous lui posons la question: franchement, n’a-t-elle pas été surprise de retrouver le podium aussi rapidement? «Je vais vous répondre de façon, disons, diplomatique», rigole-t-elle, visiblement très enjouée. «Avec mon équipe, nous avons tout mis en œuvre pour ça, et ce que j’espérais est arrivé. Après une blessure comme celle que j’ai subie, il ne faut surtout pas se fixer de limites, sinon c’est la fin.»

Au fond de la salle, le papa-entraîneur Pauli sourit, son épouse Gabriella à ses côtés. «Vous savez, Lara a d’ores et déjà retrouvé tout son potentiel physique», nous glissera-t-il dans le couloir. «Sa deuxième place ne m’a pas étonné. Au contraire, je l’espérais! Et puis, le super-G, c’est vraiment son truc, elle qui est une skieuse d’instinct. En revanche, je l’avoue, il lui manque encore bien des kilomètres sur les skis pour la descente.»

Sur la scène, Lara continue à se marrer. Heureuse d’être là, la petite! «Oui, franchement oui. Depuis plusieurs mois à présent, je me rends compte à quel point j’ai de la chance de pouvoir vivre ma passion à fond. Je pourrais skier tous les jours! Et puis, la piste, j’ai pu le vérifier tout à l’heure est superbien préparée. Vous verrez, il y aura du spectacle ce week-end!»

Un froid polaire est annoncé pour demain et dimanche, pour les deux super-G du week-end. Et le givre, elle adore ça, Lara. Elle le répète: «C’est bien d’être ici.» On la croit sur parole. Saint-Moritz. Coupe du monde dames. Aujourd’hui. Supercombiné (10h: super-G, 13h: slalom). Demain. 10h45: super-G. Dimanche. 10h30: super-G.

Wendy et Michelle font la paire

Funeste pour Lara Gut, ce vendredi 10 février 2017 restera à jamais gravé en lettres d’or et d’argent pour Wendy Holdener et Michelle Gisin, lesquelles avaient ému le pays tout entier en signant le doublé lors du supercombiné des championnats du monde. «Quand j’y repense, aujourd’hui encore, je ne trouve toujours pas les mots pour décrire ce que fut cette journée pour moi», avoue Michelle Gisin. «C’était une journée magique, un triomphe partagé avec Wendy et surtout toute la Suisse.»

Aujourd’hui, 301 jours plus tard, on remet ça, pour le compte de la Coupe du monde cette fois-ci. Wendy s’élancera avec le dossard 5, Michelle avec le 9. «Je veux réussir une bonne manche de super-G, ne pas perdre trop de temps avant le slalom», annonce Wendy. La concurrence sera de taille, avec notamment une Mikaela Shiffrin qui, avec son dossard 11, apparaît comme la superfavorite de ce supercombiné, elle qui s’amuse désormais à gagner en descente.

Qui, alors, pour battre l’Américaine? Sur la forme du moment, on parierait volontiers sur Michelle Gisin, étonnante 8e et 3e en descente, puis 14e en super-G le week-end passé à Lake Louise.

«Et moi qui avais abordé ces trois courses comme un simple entraînement», sourit la skieuse d’Engelberg. «Un seul top-10 aurait déjà largement suffi à mon bonheur. Alors là, avec un podium...» Et d’avouer, presque un peu gênée: «Avant Lake Louise, je n’avais fait que trois jours d’entraînement en descente. Il faut croire que j’ai ça dans les gènes...» Allusion faite à sa sœur Dominique et à son frère Marc.

Comme Mikaela Shiffrin, qui zappera l’étape de vitesse de Val d’Isère, la semaine prochaine, Michelle Gisin devra cependant faire des choix. Luxe des rares skieuses polyvalentes et multidisciplinaires dont elle fait partie désormais. «C’est vrai, je ne pourrai pas tout faire», admet-elle. «Je ferai donc l’impasse sur quelques géants.» Sage décision.


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