12.01.2018, 00:01

«Ce que je vis est incroyable»

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Le Zurichois de 23 ans Gilles Roulin, qui n’a fini que 50e du second entraînement de la descente de Wengen hier, avait étonné tout le monde avant Noël en décrochant un 4erang à ValGardena.

 12.01.2018, 00:01 «Ce que je vis est incroyable»

Par patricia morand

SKI ALPIN Méticuleux et précoce, Gilles Roulin poursuit son apprentissage sur le Lauberhorn.

Gilles Roulin a du talent, le souci de la perfection, une tête bien faite – il étudie le droit tout en menant sa carrière de skieur – et une bonne bouille. Nouveau venu en Coupe du monde, le Zurichois de 23 ans a encore la fraîcheur de se raconter et ne se contente pas des poncifs devenus la règle...

Gilles Roulin a du talent, le souci de la perfection, une tête bien faite – il étudie le droit tout en menant sa carrière de skieur – et une bonne bouille. Nouveau venu en Coupe du monde, le Zurichois de 23 ans a encore la fraîcheur de se raconter et ne se contente pas des poncifs devenus la règle devant la presse.

Il soigne son discours en allemand, sa langue maternelle, mais il s’exprime également avec application en français ou en italien. «Avec mon nom de famille, c’est important de parler un peu français», lâche-t-il. Gilles Roulin est originaire de Treyvaux, dans le canton de Fribourg. Son grand-père s’était installé à Zurich très jeune. Lui-même n’a jamais connu d’autre environnement que celui de la Limmat. «Mais je sais où se situe Treyvaux», rigole-t-il.

Vainqueur de la Coupe d’Europe 2016-2017, le Zurichois a épaté la galerie avant Noël avec un quatrième rang dans la descente de Val Gardena, sur la piste de la Saslong, hautement exigeante. «Il se développe mieux qu’espéré, car il a toutes les qualités pour se surpasser en compétition par rapport à l’entraînement», a dit le patron des descendeurs suisses Andy Evers. Gilles Roulin apporte un soin particulier aux reconnaissances. Il privilégie ses sensations et ses propres repères à l’analyse des plus forts à la vidéo.

Les Jeux, ce rêve

La précocité du représentant du SC Lenzerheide-Valbella – il a fait ses gammes dans les Grisons – sort du commun. Gilles Roulin a terminé au pied du podium dans les Dolomites, alors qu’il s’agissait de sa cinquième descente de Coupe du monde seulement. Des membres du top-30 de la spécialité présents cette semaine à Wengen, seuls l’Autrichien Vincent Kriechmayr (6e pour sa quatrième course) et Carlo Janka (2e lors de sa troisième descente) ont fait aussi bien ou mieux dans la discipline reine.

Même s’il a marqué des points en vitesse (descente et super-G) et rempli les critères de sélection pour les JO, Gilles Roulin n’en reste pas moins au stade de l’apprentissage du Cirque blanc. «J’ai eu peur de ce qui m’attendait en Coupe du monde. C’est difficile de faire le saut depuis la Coupe d’Europe», rappelle-t-il. «Ce que je vis est incroyable. J’ai essayé de me concentrer sur ce que je pouvais maîtriser et soigner les détails. Les Jeux constituent aussi un rêve. Mais j’ai encore des incertitudes. Et, surtout, je n’ai aucune idée de la façon dont cela fonctionne. Ce sera une découverte, mais sûrement cool!»

«Au début, c’était difficile de trouver ma place dans cette équipe de descente où tous les membres ont au moins six ans de plus que moi», poursuit le Zurichois. «J’ai toutefois bien profité de l’expérience des anciens. Je suis à l’aise. Et je garde des contacts avec deux amis de ma génération, Stefan Barandun, qui est du même ski-club que moi, et Gian Luca Barandun. Les deux sont aussi à Wengen pour le combiné (réd: au programme aujourd’hui). Nous avons souvent skié ensemble.»

Souvenirs du Lauberhorn

Gilles Roulin l’avoue: «J’ai été le premier surpris par mes résultats. Mais je sais que je ne dois pas m’enflammer. J’essaie de penser plus loin et d’arriver à une certaine constance pour être en mesure de répéter de bonnes performances le plus souvent possible.»

Sur la descente du Lauberhorn, le Zurichois peine à confirmer. Il a terminé 44e du premier entraînement à 5’’17 du meilleur (Hannes Reichelt) et 50e hier à 4’’73 de la référence posée par Adrien Théaux. «C’est très spécial de me retrouver ici avec ces montagnes et ce panorama», confie-t-il. «J’avais obtenu mon premier podium en Coupe d’Europe sur cette piste, un troisième rang en super-G. Mais la course n’était pas aussi longue. La distance (réd: 4270 m) doit convenir à mon endurance», précise Gilles Roulin. «Le premier souci est de skier vite.»

les Suisses discrets

Les Suisses ont été plutôt lents lors du deuxième et dernier entraînement de la descente du Lauberhorn. Beat Feuz n’a signé que le 17e temps, à 1’’79 du 1er, le Français Adrien Théaux. Mais le Bernois reste confiant pour l’épreuve de demain. Quant au Glaronais Patrick Küng, qui a eu 34 ans hier, il a terminé à la 21e place, à 1’’92. ats

Carlo Janka: «Je ne suis pas prêt»

Carlo Janka a plié bagage hier soir pour retrouver son domicile. Le Grison a renoncé à son retour en compétition après avoir disputé les deux entraînements de la descente du Lauberhorn – il s’est classé 21e hier, comme la veille – et discuté avec ses entraîneurs.

Victime d’une déchirure partielle du ligament croisé antérieur du genou gauche en octobre, il avait préféré un traitement conservateur à un passage sur le billard afin d’avoir une chance de participer aux Jeux olympiques de PyeongChang. Manquant de confiance, et même s’il n’a pas ressenti de douleurs, Janka a préféré s’abstenir à Wengen. Dans le hall de l’hôtel des Suisses hier après-midi, «Iceman», la mine en berne, a susurré une seule phrase à la responsable de presse de Swiss-ski qui préparait le communiqué: «Je ne suis pas prêt!» Les chances de voir le champion olympique 2010 de géant en Corée du Sud sont bien maigres. pam


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