02.08.2015, 19:49

Camper dans la forêt, ça les tente plutôt bien

chargement
Par OSLO FRÉDÉRIC DUBOIS

Les milliers de campeurs font partie intégrante des Mondiaux de ski nordique. Nous nous sommes invités dans les forêts qui entourent les sites de compétition d'Oslo-Holmenkollen.

Les nuits sont froides voire glaciales, les températures baissent, le climat hivernal est inamical? Peu leur... chaut. Ils sont des dizaines de milliers, le week-end surtout, à effectuer le pèlerinage lors de chaque compétition internationale. Dans les forêts qui jouxtent l'arène et les tremplins d'Holmenkollen, des champignons d'un genre spécial émergent de la neige: les tentes des campeurs venus assister aux Mondiaux.

On s'y rend. Quinze à vingt minutes de marche depuis le site des épreuves, avec, toujours, l'occasion de voir les champions du fond défiler à ses côtés. On s'engage dans la pente. Le jeu des constructions a débuté. Les lattes, les ustensiles de cuisine, tout est étalé en toute confiance, au vu de chacun. En contrebas, un édifice plus grand que les précédents. Celui qu'a dressé un quintette d'extrêmement bonne humeur venu de la région d'Akershus, à moins d'une heure de route d'Oslo, et de Bergen, dans l'ouest du pays. Andreas, Eirik, Haavard, Christian et Thomas donnent de la voix à chaque passage d'un concurrent. Deux d'entre eux sont étudiants, les trois autres travaillent pour l'Air Force.

Pourquoi le camping et pas le confort de la ville? «Pour nous sentir libres», répond l'un. «Parce que si nous logions à l'hôtel, nous ne pourrions pas nous permettre de sortir pendant cinq ou six jours», complète l'autre. «Et puis, on veut vivre l'expérience en entier, en connaître toutes les sensations.» Pour son pote, «c'est bon de s'aérer l'esprit et de faire quelque chose qui sort de l'ordinaire. C'est aussi une activité très sociale.»

Les joyeux drilles n'ont pas raté une miette du 10 km classique des dames. Après avoir applaudi à tout rompre, ils se sont penchés sur leur indispensable récepteur radiophonique. C'est que Marit Björgen est menacée par la Polonaise Justina Kowalczyk, qu'ils n'apprécient que modérément. La Norvégienne triomphera encore pour leur plus grand soulagement. «Oui, nous sommes fiers de notre pays, nous avons toujours un drapeau avec nous. Si nous ne remportions qu'une seule course, nous ne serions pas heureux. Quand Kowalczyk a pris huit secondes d'avance, c'était comme un petit moment de dépression. Nous connaissons Cologna, nous avons beaucoup de respect pour lui. Il reste dangereux pour le 50 km. Mais s'il peut ne gagner que l'argent...»

Thomas devient notre informateur privilégié, pendant que les autres continuent à festoyer autour du feu. «En bas, la moyenne d'âge des campeurs doit être de 25 ans environ. Plus haut, en tous les cas le week-end, elle doit être de plus de 40 ans.» On vient aussi en famille dans des secteurs qui leur sont spécialement dédiés. Bizarrement, les vacances scolaires ne coïncident pas avec les Mondiaux. «Je trouve cela très étrange. A Lillehammer, en 1994, on les avait décalées pour qu'elles correspondent avec les dates des Jeux.»

Le camping favorise les rencontres. «Dans le bus, si vous parlez à quelqu'un, il trouvera cela presque surnaturel, mais ici, c'est tout le contraire. Il suffit de se balader et de voir quelqu'un. Un dialogue s'instaurera et vous connaîtrez mieux les gens.»

Il n'y a pas que des Norvégiens. «J'ai croisé un Allemand, des Suédois et aussi des Russes.» Thomas s'arrête un instant. Les livreurs de bois font leur tournée. L'équipe commande un ou deux modestes fagots. «C'est très cher: 100 couronnes (réd: un peu plus de 15 francs suisses) l'unité.» Mais tout le monde doit y passer... «et cela peut aussi servir de chaise», sourit Eirik.

Avant qu'on quitte le quintette, Thomas nous offre une savoureuse boisson locale, composée de concentré de mûres, d'eau chaude et d'une pointe de vodka. Lui et ses camarades sont arrivés vendredi dernier, sont repartis lundi et reviendront le week-end prochain. Ils s'inquiètent déjà. «On devra arriver tôt pour retrouver la très bonne place qu'on a dénichée là.»

Parce que, comme dans n'importe quel autre contexte, il y a l'offre et surtout une forêt de demandes. /FDU

«J'ai un lit surélevé, je peux dormir en boxer!»

Camper à Oslo, cela commence par le déblayage. «A trois, nous avons mis une heure pour enlever la neige. Après, monter la tente ne prend que peu de temps», explique Thomas. L'après-midi, on prépare le feu et on mange. «On a beaucoup de saucisses et aussi une viande, du ragoût de b½uf, couramment consommée par les militaires.» On a sa paire de skis à portée de main, mais on s'en sert à doses homéopathiques. Le soir, «il fait nuit vers 18h ou 19h. On se réunit autour du feu, on boit et on se raconte des histoires, sur le ski et sur n'importe quoi d'autre.»

La nuit est largement supportable, à condition d'avoir bien préparé son coup. «Il doit faire - 6 ou - 8 degrés, pas en dessous. Samedi, c'était le jour le pire, tout était trempé.» Heureusement, une sorte de réchaud à essence, à l'intérieur même de la tente, vient solutionner les problèmes.

«Il faut toujours avoir une personne réveillée pour le surveiller. Pas tous les campeurs ont la chance d'en avoir, certains nous jalousent! Nous mettons aussi des branches de sapin sous nos sacs, cela isole. Et moi, j'ai un lit surélevé. Je peux dormir en boxer!»Thomas ne voudrait pas être ailleurs que dans la forêt.

Et vous, ça vous branche? /fdu


Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

Sport Hebdo

Ne ratez plus rien de l'actu sportive!

Recevez chaque dimanche un résumé de l'actu sportive régionale, nationale et internationale !

Recevez chaque dimanche un résumé de l'actu sportive régionale, nationale et internationale !

À lire aussi...

«Floor is lava»Coronavirus: Andri Ragettli fait le buzz avec un parcours acrobatique pour skieur confinéCoronavirus: Andri Ragettli fait le buzz avec un parcours acrobatique pour skieur confiné

Ski alpinDaniel Yule: «Je ne suis pas encore arrivé au bout du chemin»Daniel Yule: «Je ne suis pas encore arrivé au bout du chemin»

Ski alpinLoïc Meillard: «Le but, un jour, sera de viser le globe de cristal»Loïc Meillard: «Le but, un jour, sera de viser le globe de cristal»

TerminéSki alpin: Elia Zurbriggen prend sa retraiteSki alpin: Elia Zurbriggen prend sa retraite

Elia Zurbriggen prend sa retraite

Le skieur haut-valaisan Elia Zurbriggen a décidé de prendre sa retraite à 29 ans. Sa dernière course en Coupe du monde...

  18.03.2020 10:36

COUPE DU MONDEBiathlon: Martin Fourcade remporte sa dernière course, mais termine 2e du généralBiathlon: Martin Fourcade remporte sa dernière course, mais termine 2e du général

Top