02.08.2015, 19:43

Michel Platini part en croisade contre les bilans rouge vif

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Par NYON / EMANUELE SARACENO

Les clubs européens de première division ont accumulé un déficit de 1,2 milliard d'euros rien que pour la saison 2008-2009. Avec le fair-play financier, qui entrera en vigueur dès la saison 2013-2014, ce ne sera plus possible. A moins d'investir dans les stades et la formation.

«Un club ne doit pas dépenser plus d'argent qu'il génère.» En s'appuyant sur ce principe somme toute très simple, Michel Platini est parti en croisade contre les dépenses pharaoniques dans le football, surtout celles destinées à payer les sommes de transfert et les salaires des joueurs.

Pour cette raison, le président de l'UEFA est en train de mettre en place un règlement de «fair-play financier», qui verra le jour dès la saison 2013-2014. Et pour ceux qui ne le respectent pas, foin de Coupes d'Europe. «Nous aurons le courage de prendre les mesures qui s'imposent, contre n'importe quel club», a assuré Michel Platini hier à Nyon.

Sans rentrer dans les détails d'une réglementation très ardue, en prenant en considération une période de trois ans, un club ne pourra pas cumuler un déficit supérieur à cinq millions d'euros (6,5 millions de francs). A moins d'effectuer des investissements «à long terme», à savoir pour construire son propre stade, améliorer ses infrastructures ou développer son secteur de formation. Et, dès le mois de juin 2011, l'UEFA mettra en place un système de surveillance tout au long de l'année pour s'assurer que salaires, charges sociales ou sommes de transferts soient payés avec ponctualité.

De plus, grande nouveauté, les Roman Abramovich, Massimo Moratti ou Florentino Perez, ne pourront plus dépenser sans compter pour acquérir et couvrir d'or une multitude de joueurs à Chelsea, à l'Inter ou au Real Madrid. En effet, la limite du mécénat est fixée à 45 millions d'euros sur trois ans, une somme destinée à descendre à 30 millions par la suite. Et il doit s'agir de dons, non pas de prêts. On est loin des pertes de 121 millions que Manchester City a réalisées en une seule année! N'est-ce pas Sheik Mansour? «On veut éviter qu'une seule personne fasse signer des contrats mirobolants puis décide de partir en laissant le club au bord du gouffre», a expliqué le secrétaire général de l'UEFA Gianni Infantino. Pour cela, un panel indépendant, présidé par l'ancien premier ministre belge Jean-Luc Dehaene, a déjà commencé à traquer les tricheurs.

Car les clubs européens ne respirent guère la Santé. Selon une étude rendue publique hier par l'UEFA, lors de la saison 2008-2009 la perte globale des 733 participants à la première division dans les 53 fédérations du continent a été de 1,2 milliard d'euros. Et sur les 12,9 milliards de dépenses le 64% est parti en salaires (un chiffre en augmentation de 8%; 63% en Suisse), alors que seuls 19% des clubs sont propriétaires d'un stade.

«Ce règlement n'a pas été imaginé contre les clubs, mais justement pour les aider à sortir d'une spirale infernale et à investir sur le long terme», justifie Michel Platini. Une révolution que les principaux intéressés acceptent volontiers. «Depuis l'arrêt Bosman (réd: 1995), nous nous sommes lancés dans une course aux dépenses. Il est temps de freiner si on veut éviter l'accident», a reconnu Karl-Heinz Rummenigge, président du directoire du Bayern et de l'Association des clubs européens (ECA). «D'ailleurs», a repris l'ancien Servettien, «lors de notre dernier Congrès, à Manchester, nos 197 membres se sont déclarés en faveur du fair-play financier.» L'enthousiasme restera-t-il intact quand tomberont les premières sanctions? /ESA

La Suisse perdante?

Les clubs helvétiques de l'élite ayant des revenus moyens de 17 millions de francs (selon l'étude de l'UEFA), ils ne devraient pas être touchés par la nouvelle réglementation. Même Gigi Oeri est loin de verser 20 millions par an dans les caisses du FC Bâle! Il faut juste s'assurer de ne pas avoir de retard dans le versement de salaires, charges sociales ou autre sommes de transfert. Mais cette réforme ne restera cependant pas sans conséquence. «Les grands clubs vont moins investir pour les transferts. Cela aura des répercussions sur les clubs de plus petits pays qui comptaient sur la vente des joueurs pour équilibrer leur budget.» Michel Platini faisait en l'occurrence référence à la France, mais la prévision peut s'appliquer a fortiori à la Suisse... /esa

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