05.12.2017, 00:01

Michael Lang, l’improbable buteur

Abonnés
chargement
Michael Lang n’est pas pressé  de quitter la Suisse.

 05.12.2017, 00:01 Michael Lang, l’improbable buteur

Par pierre schouwey

FOOTBALL Auteur de sept réussites lors des cinq derniers matches, le défenseur bâlois, qui affronte ce soir Benfica, flambe.

Il était une fois un Thurgovien de 26 ans à la chevelure blonde aussi soignée que son jeu au pied. Plus qu’une allure de Viking assumée et un sang-froid sur et en dehors du terrain, Michael Lang possède un sens du but unique au sein de l’espèce à laquelle il appartient, celle des défenseurs.

A tel point qu’avec huit...

Il était une fois un Thurgovien de 26 ans à la chevelure blonde aussi soignée que son jeu au pied. Plus qu’une allure de Viking assumée et un sang-froid sur et en dehors du terrain, Michael Lang possède un sens du but unique au sein de l’espèce à laquelle il appartient, celle des défenseurs.

A tel point qu’avec huit réussites au compteur cette saison, le Bâlois n’est ni plus ni moins que le meilleur buteur parmi les internationaux suisses que sélectionne habituellement Vladimir Petkovic. Il fait mieux – en club s’entend – que Seferovic, Zuber et Mehmedi réunis, trois éléments offensifs majeurs aux yeux du sélectionneur, faut-il le rappeler.

Alors oui, le latéral, incontournable au Joggeli, flambe dans un championnat moins coté que la Bundesliga ou la Liga NOS. Si comparaison n’est pas raison, Michael Lang impressionne avec sept réalisations lors des cinq dernières rencontres.

«Honnêtement? Il ne me surprend plus», sourit Luca Zuffi, happé dans les travées de la Pontaise après la victoire des Rhénans (1-4), samedi soir. «Nous sommes contents pour lui, d’autant plus que ses buts sont souvent importants.»

Sentiment magnifique

Ce ne sont pas les formations romandes, frappées par l’opportunisme du «Tormonster», ni Lucerne, puni à quatre reprises, en championnat puis en Coupe, qui diront le contraire. «C’est une question de confiance, de chance et de qualité», résume l’intéressé. «En début de championnat, rien ne rentrait. J’ai commencé à me poser des questions, mais le vent a fini par tourner. Marquer tout le temps me procure un sentiment magnifique.» Mais d’ajouter, soucieux de respecter un certain équilibre: «Comme je le répète souvent, je me concentre d’abord sur la défense. Lorsque je sens que je travaille bien, alors je pars à l’abordage.»

Un «3-4-3» taillé pour lui

Au propre plus qu’au figuré, Michael Lang vient de loin pour faire trembler les filets. S’il réfléchit et doute tel un attaquant qu’il n’est pas, c’est que le joueur formé à Saint-Gall s’est forgé une réputation de défenseur prolifique, comme le rappellent ses statistiques – 327 apparitions en Super League avec Saint-Gall (2007-2011), Grasshopper (2011-2015) et Bâle pour un total de 43 buts. «En juniors, j’évoluais parfois au milieu, mais jamais en attaque», assure-t-il.

Dès lors, d’où vient ce froid réalisme qui s’est encore accentué depuis l’arrivée de Raphaël Wicky l’été passé? Une chose est sûre: le nouveau système en 3-4-3 colle parfaitement aux qualités de Lang, positionné plus haut dans le terrain et dont la mission principale est, sinon de canaliser l’ailier adverse, de «bouffer» avec la générosité qui est la sienne le couloir droit.

«Sa réussite actuelle ne dépend pas de moi», rétorque l’entraîneur bâlois. «Sous les ordres d’Urs Fischer (réd: son prédécesseur) déjà, il avait fait étalage de son potentiel offensif. Multiplier les allers-retours, être présent dans la surface, cela fait partie de son bagage et c’est aussi ce que j’attends de lui.»

Exemplaire et blagueur

Un bagage que l’Europe entière a (re)découvert le 22  novembre, à l’occasion de son but décisif face à Manchester United (1-0), lequel place les Bâlois en position de force avant leur déplacement à Lisbonne ce soir (voir ci-dessous). «Mon quotidien a quelque peu changé depuis. Le lendemain du match, j’ai reçu entre 300 et 400 messages de félicitations. C’était un but magnifique, les souvenirs seront éternels, mais je ne vais pas changer pour autant», glisse celui que Raphaël Wicky qualifie d’«exemplaire sur toute la ligne» et Luca Zuffi de «blagueur dans le vestiaire». Anecdote qui prouve les «allégations» de son coéquipier: après la victoire contre Manchester, Lang a déclaré à la presse avoir été «contraint» d’échanger son maillot, à contrecœur, avec celui Ibrahimovic. «Je l’ai dit pour rire aux journalistes, mais ils n’ont pas saisi le second degré. Zlatan ne demande jamais le maillot de personne!»

Si le géant suédois n’a donc pas (encore?) avoué son admiration pour Michael Lang, les prétendants pour ce dernier ne devraient toutefois pas manquer lors de la prochaine fenêtre de transferts. «Des matches importants nous attendent, je n’ai pas vraiment envie de me focaliser sur mon avenir pour l’instant», coupe le défenseur sous contrat avec les Rot-Blau jusqu’en 2019, qui veut attendre le bon moment pour partir.

Le sens du timing: l’atout de l’improbable buteur qu’est Michael Lang.

À Lisbonne pour valider la qualification et poursuivre le rêve

Le FC Bâle est en position de force dans le groupe A de la Ligue des champions. Deuxième du classement avant d’affronter Benfica ce soir à Lisbonne, le club rhénan pourrait même décrocher sa qualification en cas de défaite si le CSKA Moscou s’incline dans le même temps sur la pelouse de Manchester United. Au bénéfice d’une différence de buts particulière favorable, le FC Bâle sera quasi certain de poursuivre l’aventure en C1 s’il obtient le même résultat que le CSKA Moscou. A moins que le club moscovite ne s’impose avec quatre, cinq ou six buts d’écart à Old Trafford. Un scénario qui est des plus improbables, United n’étant pas encore mathématiquement qualifié.

De Lisbonne et de l’Estadio de la Luz, Michael Lang n’en garde pas un souvenir lumineux. Le 10 octobre dernier, l’équipe de Suisse s’était inclinée face au Portugal (2-0) ratant du même coup la qualification directe pour la Coupe du monde. «Ce n’était pas un bon match. Je n’avais pas joué, mais j’avais pu mesurer l’atmosphère incroyable du stade. Cela dit, ce qui nous attend sera forcément différent», note le suppléant de Stephan Lichtsteiner, appelé à devenir son successeur en équipe nationale.

«Je pense que nous nous qualifierons si nous gagnons à Lisbonne. Je ne peux pas imaginer que les choses tournent aussi mal pour nous», conclut l’homme en forme du moment côté rhénan. psc - ats


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top