Le foot suisse doit retrouver sa place en Europe

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FOOTBALL En raison de pâles résultats sur la scène continentale, la Suisse perdra un ticket la saison prochaine. CEO de la Swiss Football League, Claudius Schäfer se confie.

Par par valentin schnorhk
 07.03.2019, 00:01
A part Young Boys (ici Christian Fassnacht, en jaune, à la lutte avec le Xamaxien Janick Kamber) et Zurich, les clubs suisses n’ont pas brillé sur la scène européenne cette saison.

Le football suisse vit des heures compliquées. La saison 2018-2019 est la pire des dix dernières années en ce qui concerne les performances des clubs en Coupe d’Europe. Conséquence directe: la Suisse perdra une place européenne dès 2020. Mais rien ne semble troubler la quiétude de Muri et de sa maison du football suisse, où Claudius Schäfer, CEO de la Swiss Football League s’est confié.

M. Schäfer, à cause d’une saison difficile, la Suisse s’apprête à tomber de la 12e à la 16e ou 17e place à l’indice UEFA. Quel constat faites-vous de cette situation?

«C’est une déception que nos clubs n’aient pas obtenu plus de points. Même s’il y a deux équipes qui ont fait un très beau parcours, avec Young Boys en Ligue des champions et Zurich en Europa League. Nous nous retrouverons avec une place de moins en Europe, et les participants devront commencer leur campagne plus tôt. Les clubs étaient prévenus que ça pourrait arriver. Par le passé, nous avons été dépendants d’une seule équipe: Bâle, qui a obtenu plus de 50% des points. Grâce à lui, nous étions 11e ou 12 à l’indice UEFA. Sans lui, la réalité est différente.»

Peut-on parler d’un affaiblissement du football suisse?

«Je ne crois pas que le niveau se soit affaibli. Le problème réside dans le manque d’attractivité des adversaires lors des tours de qualification des Coupes d’Europe. En les sous-estimant, certains entraîneurs n’ont pas pris conscience des conséquences. Ils n’ont pas pensé au football suisse, mais plutôt à leurs propres matches de championnat. Lors des assemblées des présidents, les compétitions européennes sont toujours à l’ordre du jour. Car les montants payés par l’UEFA sont importants. Si une équipe est en Ligue des champions, les autres clubs reçoivent aussi près de 500 000 francs.»

Mais ne peut-on pas penser qu’en étant au niveau de championnats comme le Danemark ou la Croatie, la Suisse est à sa place?

«Il est clair que si on enlève Bâle, la situation est différente. Même Bernhard Heusler, lorsqu’il présidait le FCB, affirmait que cette 11e place était un peu tronquée. Nous n’avons pas les moyens des autres nations, comme les Pays-Bas qui ont le double d’habitants. Mais quand même, il faut retrouver notre place. Nous ne pouvons pas nous contenter de ça. Reste que l’UEFA a un peu changé les compétitions, avec l’introduction d’une nouvelle Coupe d’Europe, l’Europa League 2, dès la saison 2021-2022. Celle-ci sera moins dotée et les adversaires pas aussi prestigieux. Et quand vous êtes 16e à l’indice UEFA, votre place est en Europa League 2. Il faudra donc avoir pour objectif de revenir en Europa League 1.»

Cette Europa League 2 ne peut-elle pas être intéressante pour les clubs suisses, dans l’optique de disputer par exemple une finale de Coupe d’Europe?

«Il y aura quand même des équipes des grands championnats. Et il y a moins de visibilité, moins d’argent. On parle de 200 à 250 millions à se répartir, soit moitié moins qu’en Europa League. Nous sommes très critiques vis-à-vis de cette redistribution par l’UEFA, puisque presque tout est alloué à la Ligue des champions.»

Vous vous y attelez avec l’association réunissant les ligues européennes (dont Claudius Schäfer est membre du comité directeur)?

«Oui. Mais nous n’avons pas eu beaucoup de succès jusqu’à maintenant, alors que selon les statuts de l’UEFA, celle-ci a pour vocation de faire primer la solidarité. Aujourd’hui, 7,3% des montants relatifs aux compétitions européennes sont redistribués à tous. L’UEFA devrait se focaliser sur le développement du football, mais elle alloue la plupart de son argent à ceux qui en ont déjà. Avec l’association, nous avons proposé d’augmenter à 20% ces paiements de solidarité.»

Etes-vous entendus par l’UEFA?

«Nous avons présenté cette proposition, mais rien n’est décidé. L’UEFA est sous la pression des grands clubs. En ce qui concerne les compétitions européennes, ce sont eux qui ont le pouvoir. Nous ne nous sentons pas assez écoutés.»

Le football suisse peut-il faire mieux en ce qui concerne les droits télévisuels, qui se montent actuellement à 40millions de francs par saison, jusqu’en 2021?

«C’est bien sûr le contrat le plus important. Nous commençons maintenant les travaux de préparation. Certains nouveaux acteurs pourraient être intéressés au niveau international. Il y a aussi le terrain digital qui doit être étudié, avec certains géants comme Amazon ou Facebook qui pourraient être tentés par le football. Nous avons de grandes attentes, les clubs aussi. Mais il est important de connaître notre marché.» 

Les erreurs seront moins nombreuses avec la VAR

La Swiss Football League (SFL) a plusieurs défis à relever. A moyen terme, il faut rendre la Super League plus compétitive, mais également plus attractive. A court terme, cela se concrétise par l’introduction de l’assistance vidéo à l’arbitre, autrement dit la VAR.

Dès la saison prochaine, celle-ci sera utilisée en Super League. «Nous serons un des plus petits championnats à l’avoir introduite», se félicite Claudius Schäfer. «C’est important de se lancer tôt, même si c’est un projet lourd et coûteux. Cela doit rendre le jeu sera plus juste.»

Poursuite de la période d’essai

Entériné en novembre dernier par les clubs, le processus suit actuellement sa période d’essai. «Nous sommes en plein milieu des tests», précise le patron de la Ligue. Si quelques mesures structurelles sont déjà connues (comme l’instauration d’une salle centrale qui se chargera de tous les matches à distance), d’autres doivent encore être précisées.

Reste que l’enjeu majeur pour la SFL est de délivrer un message clair. «Nous avons une responsabilité en matière de communication», insiste Claudius Schäfer. «Il faut faire accepter l’idée que c’est toujours l’arbitre qui décidera et que la VAR est applicable dans seulement quatre situations. Il y aura donc des erreurs, mais elles seront simplement moins nombreuses.»

ATS

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