29.11.2017, 00:01

Une renaissance timide

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Les adeptes du cyclo-cross, comme ces deux concurrents du Zeta Cross, ne sont pas très nombreux dans le canton, mais ils sont courageux.

 29.11.2017, 00:01 Une renaissance timide

Par mathieu roduit

CYCLO-CROSS Tombée en désuétude au début du millénaire, la discipline renaît non sans mal dans le canton.

A première vue, le cyclo-cross a ceci de rebutant qu’il a tout de dégoûtant. Rouler dans la boue, sous la pluie et par des températures à ne pas mettre un cyclotouriste dehors n’est pas des plus grandes délectations. «Ils se sont tous faits très mal ce samedi», confirme d’ailleurs Eric Waridel, président de l’Union cycliste neuchâteloise (UCN). Sur le...

A première vue, le cyclo-cross a ceci de rebutant qu’il a tout de dégoûtant. Rouler dans la boue, sous la pluie et par des températures à ne pas mettre un cyclotouriste dehors n’est pas des plus grandes délectations. «Ils se sont tous faits très mal ce samedi», confirme d’ailleurs Eric Waridel, président de l’Union cycliste neuchâteloise (UCN). Sur le terrain vague de Planeyse, 134 guerriers ont sorti leurs vélos spéciaux pour braver les airs sibériens.

«A une époque, ils étaient près du double à disputer ces cyclo-cross, dont trois se tenaient dans le canton», se souvient Eric Waridel. Une telle participation ne sera plus jamais atteinte aux dires du responsable de l’organisation, Norman Amiet (Zeta Cycling Club). «Nous avons même craint que le cyclo-cross disparaisse définitivement dans les années 2000», lance l’ex-cyclocrossman colombinois.

Pourtant, chaque week-end, des cyclistes se sont désormais donné rendez-vous pour jouer dans la boue comme des gosses. Depuis 2011, l’Association romande de cyclo-cross met sur pied l’Omnium romand, un championnat qui réunit six manches cette saison. «Dès qu’on nous a demandé de rejoindre l’Omnium, nous avons sauté sur l’occasion», se souvient Norman Amiet. «Faire partie de ce championnat garantit un minimum de participants.»

Des obstacles à la pratique

Samedi, Neuchâtel pouvait compter sur 17 représentants sur «sa» manche, la seule épreuve du genre dans le canton. «Il y a douze ans, au cyclo-cross des Fourches (réd: à Saint-Blaise), il n’y avait que six Neuchâtelois toutes catégories. Et les années d’avant, guère plus», s’avance Nicolas Lüthi (Hauterive), vainqueur pour la seconde fois au Zeta Cross le week-end passé.

Bien que glacial, un vent nouveau semblait souffler sur Planeyse ce samedi. «Le cyclo-cross a plus la cote depuis cinq, six ans», se réjouit Nicolas Lüthi, également patron d’un magasin de cycles à Saint-Blaise. «Nous vendons davantage de vélos de cyclo-cross». Pour autant, l’usage diffère désormais, la faute à une pratique à la mode, le gravel (rouler sous toutes les conditions et tous les terrains).

La timide hausse du cyclo-cross dans la région s’explique. «Hormis Planeyse, nous n’avons aucun autre terrain à disposition pour nous entraîner», s’offusque Eric Waridel. «Les neuf clubs neuchâtelois ne comptent pas de section de cyclo-cross, et aucun entraînement spécifique n’est proposé.»Neuchâtel a alors pris des tours de roue de retard sur ses homologues vaudois ou valaisans. «On forme beaucoup les jeunes au VTT», argumente Nicolas Lüthi. «C’est aussi un sport difficile et peu médiatisé.»

Même si l’avenir ne sera pas tout rose, des esquisses de solutions existent. «Nous pouvons déjà nous réjouir des nombreux jeunes qui commencent le cyclo-cross», relance Eric Waridel. «Il nous faudrait une tête d’affiche pour inciter les autres à prendre le même chemin.»

Nicolas Lüthi voit d’autres opportunités pour que le cyclo-cross ne reste plus cantonné aux seconds rôles. «L’Omnium romand est une bonne base. Et si le cyclo-cross devenait olympique, ce serait l’idéal pour susciter l’intérêt médiatique.»

Il y a encore du pain sur la planche.

Pignons sur roue

Un départ... Eric Waridel, président du Zeta Cycling Club, rendra son tablier à la fin de l’année 2017. Commissaire Swiss-Cycling et président de l’Union cycliste neuchâteloise, le Traversin de 58 ans dit ne plus avoir assez de temps pour s’investir dans le club. Deux noms parmi le comité circulent pour sa succession.

… et une arrivée Sans équipe depuis la rétrogradation du Team Humard Vélo-Passion, la Neuchâteloise Crystel Matthey (32 ans) rejoindra le Zeta Cycling Club à partir du 1er janvier prochain. Elle quitte au passage le VC Vignoble.

Une nouvelle cyclosportive? En 2019, une nouvelle rando cyclosportive pourrait voir le jour dans les Montagnes neuchâteloises. «Nous voulons créer une randonnée ludique», confirme Eric Waridel. Après des montées chronométrées, les cyclotouristes auraient l’occasion de goûter au terroir local. Selon les premières indiscrétions, le départ et l’arrivée d’un événement biennal pourraient se tenir dans le Val-de-Travers.

police à fleurier? Après Cornol (JU), le championnat de Suisse de cyclisme de la police pourrait revenir dans l’Arc jurassien en 2019. Selon Eric Waridel, la commune de Val-de-Travers s’est dite intéressée à accueillir à Fleurier la prochaine édition d’une course ouverte à tous les gendarmes du pays. Des autorisations doivent encore être obtenues auprès… de la police.


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