10.06.2009, 19:00

Christian Fatton, le Vallonnier qui a dompté la Vallée de la Mort

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Par jérôme bernhard

Un paysage lunaire, une chaleur étouffante et un dénivelé de près de 6000 mètres, la Badwater - course la plus dure au monde - n'a pas fait peur à Christian Fatton. Mieux, le coureur de l'extrême a avalé les 217 km en 28h29'07'' et s'est classé au sixième rang (premier Européen) sur les 84 courageux qui ont pris le départ. Le Néraoui raconte.

Il y a ceux qui réduisent la Californie à un vaste paradis rempli de plages de sable fin, de filles en bikini, de surfeurs aux cheveux dorés ou de piñas coladas consommées sur un fond sonore des Beach Boys. Certes, la Californie, c'est tout ça. Mais il ne faut pas oublier son côté hostile. Christian Fatton (47 ans) a eu l'occasion de découvrir de très près les beautés farouches de la Vallée de la Mort en participant à l'ultramarathon de Badwater, course réputée pour être «la plus dure au monde», du 23 au 25 juillet dernier.

Un effort de 217 km à fournir sous une température habituellement de 55°C. «On a eu de la chance, le jour de la course, c'était un peu nuageux et il ne faisait «que» 45° à 50°. C'était presque agréable», relativise notre homme, le sourire en coin. Pour rajouter à la difficulté, le parcours est des plus sinueux et le dénivelé total atteint les 5800 mètres. Le départ a lieu à Badwater, le point le plus bas d'Amérique du Nord (86 mètres au-dessous du niveau de la mer). De là, les coureurs doivent arriver au pied du mont Whitney qui culmine à 2548 mètres d'altitude. En somme, il s'agit d'un Sierre-Zinal en beaucoup plus extrême! Le coureur de Noiraigue constate: «Quand on passe le cap des 16/18 heures de course, on entre dans un autre monde.» C'est indéniable.

Partir seul dans cette fournaise inhabitée (un village tous les 50 km) serait du suicide. De fait, le règlement de la Badwater oblige les participants à être accompagnés au minimum de deux assistants et d'un 4X4 pour le ravitaillement. Christian Fatton, lui, s'est entouré de sa famille, «une équipe fantastique». Ses fils Florian et Grégoire et sa fille Lauriane étaient de la partie, de même que son frère Didier venu avec sa petite famille. Le team «Fatton» a ainsi été créé pour l'occasion. En plus d'un soutien logistique, Didier a ramené une vidéo de l'aventure.

Dans ce défi «de folie» (diront certains), Christian Fatton a bien été soutenu. «La tête était prête! Il y a tellement de gens qui m'ont aidé que je ne pouvais pas abandonner.» Abandonner, un mot que l'on ne retrouve que très rarement dans le vocabulaire du champion de Suisse des 24 heures. Après deux participations au Marathon des Sables (2005 et 2006), Christian Fatton a donc réalisé un rêve de plus en 2007.

D'autres projets d'envergure? «J'en ai tellement que je ne sais pas si je pourrai tous les réaliser!» Qu'à cela ne tienne, en ayant traversé la Vallée de la Mort, on peut espérer devenir éternel, non? /JBE

Sans misères, pas de plaisir

Christian Fatton est fier d'avoir atteint son but. Cela dit, tout ne s'est pas passé en douceur. Au quart de la course, notre homme a même bien failli abandonner. La faute à une énorme cloque. «Lorsqu'elle a pété, j'ai vraiment cru que c'était la fin. J'avais vraiment trop mal. Comme je n'avais pas grand chose d'autre à faire qu'à réfléchir à mon état, je me suis dit qu'en resserrant mes chaussures, mes pieds bougeraient moins et cela irait peut-être mieux. Grâce à ça, j'ai pu continuer sur un bon rythme.»

Pour garder ce rythme pendant près de 30 heures, avoir des pensées positives devient un élément nécessaire. Au-delà de ça, à quoi s'occupe-t-on l'esprit? «Il y a bien des moments où on pense à rien! Mais souvent, on pense à son estomac. Au bout d'un moment, on est dégoûté de manger et de boire. On a envie de rien, mais on sait qu'il faut prendre quelque chose, sinon la performance baisse tout de suite.» Mine de rien, notre athlète a dû ingurgiter une cinquantaine de litres de boissons isotoniques! À ce niveau, on ne parle plus d'un calvaire...

Boire, un geste vital qui lui a tout de même causé des ennuis. À une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée, Christian Fatton a eu droit à une visite dont il se serait allègrement passé. Attirée par l'eau qu'il consommait, la faune du désert est venue l'accompagner sur quelques bornes. «Il y avait plein d'abeilles qui me tournaient autour et se posaient carrément sur mon visage. J'ai commencé à «choper» un peu la trouille.» En homme prévoyant, Christian Fatton avait pensé à tout, même à l'anti-insectes.

Comme quoi, un pareil défi se remporte pendant, mais aussi, et surtout, avant l'événement. Avis aux amateurs. /jbe


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