10.06.2009, 08:49

Université est en péril

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Par EMANUELE SARACENO

Université Neuchâtel n'a toujours pas inscrit d'équipe(s) pour la saison prochaine. La Ligue nationale a fixé un ultimatum à aujourd'hui midi. L'ex-coach Thibaut Petit tout proche d'un accord avec Monthey.

Il était une fois un club de basketball féminin qui remplissait la Riveraine, triomphait en Suisse et se faisait respecter en Europe. Il était une fois un club qui s'adjugeait le mérite sportif neuchâtelois, devançant haut la main les Xamax et autres HCC. Il était une fois un club cité en exemple dans l'univers de la sphère orange pour son centre de formation...

Or, en quelques semaines, l'avenir d'Université s'est terriblement assombri. La perte du sponsor principal, qui était lié à l'ex-employeur du président Jean-Philippe Jelmi, a provoqué un enchaînement inquiétant. Au point qu'il est possible qu'Université n'aligne pas d'équipes la saison prochaine en ligue nationale.

«Nous n'avons pas encore reçu le formulaire d'engagement d'Université. Dans celui-ci, les clubs acceptent de verser une finance d'inscription à la Ligue (réd: 5800 francs), de s'acquitter d'une taxe auprès de la Fédération (4000 francs) et de fournir des avances pour les frais d'arbitrage (environ 7000 francs). Or, le délai avait été fixé à fin mai», explique le directeur de la Ligue Gabriel Gisler.

Université, ainsi que d'autres clubs féminins (Elfic Fribourg et Riva) ont obtenu une dérogation jusqu'à aujourd'hui midi. Après ce sera trop tard. «Le cas d'Université est plus compliqué», explique la présidente de la Ligue féminine, Françoise Perrin, «dans le sens où nous ne disposons pas d'un interlocuteur clairement défini. Il faudrait que demain (réd: aujourd'hui), à défaut d'une inscription ferme, nous sachions au moins qui prend les décisions. Jusqu'à présent c'était Jean-Philippe Jelmi, mais apparemment la donne a changé...»

Ce que le même président ne nie pas. «Je ne peux plus décider seul. Je dois avoir l'accord du comité.» Autrement dit, tout le monde ne partage pas le même avis sur la marche à suivre au sein du club. Faut-il inscrire deux équipes (une en LNA une en LNB) comme la saison passée? Une seule en LNA? En LNB? Avec quelles joueuses? La situation est d'autant plus compliquée qu'on ne sait pas encore avec certitude qui va réellement s'engager au sein du club.

«Le problème de l'inscription n'est pas financier, puisqu'on peut échelonner les versements», complète Jean-Philippe Jelmi, qui ne conteste pas par ailleurs des soucis de trésorerie qui pourraient être «aplanis par l'organisation des camps et des matches des équipes nationales en août à Neuchâtel.»

Le flou règne donc, alors que le temps presse. Il pourrait y avoir un regain de netteté le 25 juin, au terme de l'assemblée générale. «Pas question d'attendre jusqu'à cette date», prévient cependant Françoise Perrin. «Nous devons être fixés sur ce qu'entend faire Université bien plus tôt, ce d'autant que l'assemblée générale des clubs est prévue le 20 juin. Bien sûr que la disparition d'un club aussi emblématique représenterait un sale coup pour le basket féminin mais nous ne pouvons rien faire. Nous devons juste espérer que la situation se décante du côté de Neuchâtel»

Par ailleurs, l'ex-coach Thibaut Petit est tout proche d'un accord avec Monthey (LNA messieurs). Le Belge a rencontré hier soir les dirigeants du club valaisan. «Il reste encore quelques détails à régler, mais c'est en bonne voie», assure-t-il. /ESA

Le mélange des rôles

Quand un club à succès risque de disparaître de l'élite parce que son président a des soucis personnels, c'est pour le moins inquiétant. Personne ne met en cause l'honnêteté de Jean-Philippe Jelmi. Mais on peut s'étonner des liens, semble-t-il trop étroits, qui existaient entre la société vaudoise qu'il dirigeait jusqu'il y a peu et Université Neuchâtel. Des liens qui rendaient le club très dépendant.

Le départ du principal sponsor (Babyplanet), qui assurait la moitié du budget du club, était inévitable dès lors que Jean-Philippe Jelmi n'était plus directeur de cette société-sponsor.

En mélangeant les rôles, le président d'Université a fragilisé le subtil édifice qu'il s'acharnait depuis trois ans à mettre sur pied. Aujourd'hui, c'est tout son concept, pourtant prometteur, d'un centre de formation associé à une équipe de niveau européen, qui se trouve en danger de mort. Quel gâchis!

Le sport est impitoyable. Surtout en dehors des surfaces de jeu. On ne peut pas bricoler des solutions boiteuses quand on affiche des ambitions européennes. Les châteaux de cartes ne tiennent jamais très longtemps, toutes les expériences le montrent.

Et finalement, ceux qui paient les pots cassés sont toujours les mêmes: les sportifs!


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