Le CIO rappelé à l'ordre avec le retrait d'Oslo à l'organisation des JO 2022

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Olympisme Le Comité international olympique (CIO) s'est rendu coupable d'avoir négligé la crainte de certains pays candidats à l'organisation des JO d'hiver 2022. En se retirant, Oslo rappelle au CIO que les dépenses sont pharaoniques.

  02.10.2014, 18:27
Le retrait de la candidature d'Oslo à l'organisation des JO d'hiver 2022 est un avertissement cinglant pour le CIO. "C'est l'effet Sotchi!", expliquait Gian-Franco Kasper, président de la fédération internationale de ski (FIS), défenseur de la candidature norvégienne.

Le retrait de la candidature d'Oslo - pourtant grand favori - à l'organisation des JO d'hiver 2022 est un avertissement cinglant pour le CIO, coupable sans doute d'avoir négligé, voire alimenté, la crainte de certains pays envers les dépenses à engager pour accueillir les Jeux olympiques.

Le Parti conservateur, le plus important au Parlement norvégien, a en effet mis un terme définitif aux espoirs des promoteurs d'une candidature déjà fragile, en votant mercredi soir contre l'octroi d'une garantie financière.

"C'est l'effet Sotchi!", expliquait récemment au site FrancJeux Gian-Franco Kasper, président de la fédération internationale de ski (FIS), défenseur de la candidature norvégienne qu'il voyait alors malmenée. "En Europe notamment, les gens n'ont pas tous réalisé que le plus gros des dépenses des derniers Jeux d'hiver (37 milliards d'euros) a été consacré à des infrastructures durables" dont Oslo n'aurait pas eu besoin pour 2022.

Et pour cause, le budget envisagé par la ville hôte des JO d'été de 1952 ne se montait qu'à 4,3 milliards d'euros. Qu'importe! La distinction entre le budget consacré aux infrastructures parallèles (routes, chemins de fer, aéroports, logements...) et celui du comité d'organisation des JO n'a pas été suffisamment explicitée par le CIO et les partisans des Jeux pour convaincre, en Norvège, une population hostile aux deux tiers à la candidature pour 2022 (dans des sondages de fin août). Et malgré le succès des JO de Lillehammer, en 1994, les Norvégiens ne misent pas sur les Jeux pour développer leur économie.

Colère

Renvoyé à un duel entre les deux outsiders asiatiques (Pékin et Almaty au Kazakhstan) alors que les JO de 2018 et 2020 se dérouleront déjà en Asie (à Pyeongchang et Tokyo), le CIO n'a pas caché sa colère, évoquant l'"occasion manquée" par Oslo.

"Les politiques de haut rang en Norvège ont dû prendre leurs décisions sur la base de demi-vérités et d'inexactitudes factuelles", a déploré Christophe Dubi, directeur exécutif du CIO qui avait, ces dernières semaines, fait les yeux doux à la candidature européenne, lui promettant 700 millions d'euros en plus de recettes marketing estimées à plus de 150 millions.

Une déception d'autant plus marquée au CIO que la défection d'Oslo, capitale de l'un des pays les plus prospères au monde, fait suite à celles de Davos/St-Moritz (refusée par la canton des Grisons), Munich, Stockholm et Barcelone, toutes pour des raisons économiques, à l'heure où l'institution olympique tente de freiner la fuite en avant financière des Jeux et d'inscrire le principe de modération dans l'Agenda 2020 qui devrait être adopté en décembre prochain. L'année de Sotchi et des jeux de la Jeunesse de Nankin, aussi dispendieux que de "vrais" JO.

"Il est vrai que nous vivons une crise économique qui légitime des questions sur le financement des projets", a admis Thomas Bach, président du CIO, tout en repoussant l'idée que le retrait d'Oslo affaiblirait le mouvement olympique. "Il n'y a pas de souci à se faire, ni pour les JO, ni pour le CIO." Il n'empêche, une finale à deux, qui plus est entre deux concurrents dont le respect des droits de l'homme n'est pas le point fort, est de mauvais augure.

Candidats réguliers aux JO, le Kazakhstan, l'Azerbaïdjan, le Qatar, la Chine, la Russie, ont financièrement les reins assez solides pour s'offrir les Jeux et une opinion publique qui, à l'inverse des pays plus traditionnels, n'a pas les moyens ni la volonté de s'opposer.

"La difficulté des pays matures, c'est de mobiliser la population, de ne pas donner d'espace à cette minorité tapageuse qui critique les Jeux", analyse un expert, engagé auprès du CIO. "Les candidatures communiquent traditionnellement vers l'extérieur, l'étranger. Depuis l'explosion d'internet et des réseaux sociaux, parce qu'un petit groupe peut se donner beaucoup d'importance, il faut d'abord communiquer vers les habitants de son propre pays", reprend-il.


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