31.10.2017, 00:01

La folie des hauteurs à Hauterive

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 31.10.2017, 00:01 La folie des hauteurs à Hauterive

Par mathieu roduit

COURSE À PIED La Verticale a attiré 150 participants dimanche. Ce format est en plein développement en Suisse.

Une demi-heure à vous arracher le cœur de la poitrine. Le souffle court et les pulsations cardiaques au maximum: les épreuves dites «verticales» ont ceci d’abominable qu’aucun répit n’est accordé au coureur. A cette intensité de l’effort, il est préférable d’y rester le moins longtemps possible, comme pour Mikko Erni, vainqueur dimanche de la Verticale d’Hauterive en 27’15’’. Encore...

Une demi-heure à vous arracher le cœur de la poitrine. Le souffle court et les pulsations cardiaques au maximum: les épreuves dites «verticales» ont ceci d’abominable qu’aucun répit n’est accordé au coureur. A cette intensité de l’effort, il est préférable d’y rester le moins longtemps possible, comme pour Mikko Erni, vainqueur dimanche de la Verticale d’Hauterive en 27’15’’. Encore faut-il en avoir les capacités.

D’un point A, le plus bas en altitude, à un point Z, le plus haut, le principe de ce format de course est simple. Chaque participant doit «manger» l’important dénivelé positif en un laps de temps le plus court possible. Disputées en contre-la-montre ou en départ groupé, ces verticales naissent un peu partout en Suisse romande. A Neuchâtel, la Verticale d’Hauterive, entre le village lacustre et Chaumont, existe depuis trois ans.

«Ces verticales sont prisées, car les coureurs sont de plus en plus à la recherche de l’extrême», confie Patrick Christinat, organisateur de la Verticale d’Hauterive, mais aussi du Trail de l’Absinthe. «A Hauterive, le parcours est plus passe-partout et s’adresse à tous les niveaux».

Alterner les plaisirs

L’épreuve altaripienne se veut populaire. Pourtant, les folles pentes rebutent bien des coureurs du dimanche, plutôt habitués aux roulants tracés du BCN Tour. «Nous n’avons clairement pas la même clientèle». Car, quand le tour du canton attire quelque 3000 coureurs par étape au printemps, la Verticale d’Hauterive affiche une timide participation de 150 coureurs. «Ils étaient plus de 300 lors de la première édition en 2015», précise Patrick Christinat. Une Météo automnale et un prix d’inscription relativement élevé (50 francs sur place) en ont sans doute refroidi plus d’un.

Pour les autres, la course vers les hauteurs tient presque de l’addiction. Deuxième à Chaumont, Yvan Jeannerod de Fleurier ne rate presque aucune verticale en Suisse romande. «Il faut avoir le goût de l’effort», glisse le mari de Mélanie Jeannerod, championne de France 2017 du KM Vertical. «Mon épouse et moi avons désormais moins le temps de nous entraîner. Les verticales sont idéales, car elles demandent de faire des séances plus courtes.»

Lauréat de la 3e édition, Mikko Erni vient en revanche pour le plaisir uniquement. «Mais ce type d’effort me convient bien», raconte le cycliste averti.

Spécialiste du ski de fond, le Saint-Blaisois Clyde Engel affûte lui sa condition avant l’hiver. «Ce format de course, où la gestion de l’effort est importante, me permet de faire des intensités.» Et puis, pour l’ultra-marathonien Christian Fatton, la Verticale est de bonne guerre. «J’ai de la peine à aller haut dans les puls. Alors, souvent, je cours une verticale le samedi et une longue course le dimanche».

«Explosion» à Fully

Pourquoi un format qui sied si bien à bon nombre de sportifs repousse-t-il encore? «Ce n’est pas encore entré dans les mœurs», répond Yvan Jeannerod. Encore que cela dépend des endroits. Fin octobre, sur la Mecque helvétique de la discipline, à Fully (VS), les inscriptions ont explosé. A tel point que certains sont restés sur le carreau. «A Fully, c’est encore différent, car il y a 1000 m de dénivelé positif. Ici, nous n’avons que 659 m», remarque Patrick Christinat.

Néanmoins, comme son grand frère valaisan, la Verticale d’Hauterive n’exclut pas de rejoindre un circuit. «Nous pensons plutôt à un championnat composé de courses romandes», lâche son organisateur. La seule verticale neuchâteloise pourrait alors lorgner de nouveaux sommets en termes de participations. Et à ceux pour qui les pourcentages de Chaumont donnent le vertige, les organisateurs ont proposé… l’Horizontale. Mais la course, qui traverse le village d’Hauterive, est chasse gardée des enfants (62 dimanche).

Les classements

Verticale d’Hauterive. Dimanche 29 octobre. 3,8 km. Elites hommes: 1. Mikko Erni (Boudry) 27’15’’. 2. Yvan Jeannerod (Fleurier) à 1’30’’. 3. Milan Daina (Bevaix) à 1’36’’. 4. Arnaud Sauvaget (Fenin) à 1’41’’. 5. Sébastien Gerber (Murist) à 2’14’’. 6. Brice Rollier (Nods) à 2’16’’. 7. Roman Fatton (Dombresson) à 2’32’’. 8. Jérôme Jacot (La Chaux-de-Fonds) à 2’54’’. 9. Clyde Engel (Saint-Blaise) à 3’06’’. 10. Luc Béguin (Chézard-Saint-Martin) à 3’09’’.

Elites dames: 1. Romane Gauthier (La Chaux-de-Fonds) 34’11’’. 2. Anne Lovey (Vallorbe) à 55’’. 3. Julia Fatton (Noiraigue) à 1’19’’. 4. Annika Steggemann (ALL-Neuss) à 1’59’’. 5. Christiane Bouquet (Sainte-Croix) à 2’00’’. 6. Margaux Deagostini (Colombier) à 2’16’’. 7. Ariane Wilhem (Fontainemelon) à 2’39’’. 8. Sidonie Thueler (Nods) à 2’59’’. 9. Evelyne Horisberger (Neuchâtel) à 3’09’’. 10. Monica Jaquet (Couvet) à 3’33’’.


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