03.08.2015, 09:18

Les pains du CroissanT'Express plaisent aux gens!

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Par salomÉ di nuccio

En tant qu'atelier-boulangerie protégé de l'institution Les Perce-Neige ,le «CroissanT'Express» tire un bilan très positif suite à sa première année d'exploitation.

«On a vu que les gens viennent pour la qualité des produits», s'enthousiame Daniel Mathez, directeur d'un domaine de compétences à l'institution des Perce-Neige aux Hauts-Geneveys. «Après nos trois semaines de vacances cet été, les gens sont revenus en nous disant qu'ils étaient contents qu'on ait rouvert», rajoute Benjamin Brea, maître socio-professionnel (MSP).

Ouverte le 30 août 2010 à la gare du village, la boulangerie CroissanT'Express tire donc un bilan très positif suite à un an d'exploitation. En ce lieu où pains et viennoiseries sont fabriqués de A à Z puis vendus, 11 employés en situation de handicap mental ont su fidéliser une clientèle!

Villageois contents
Rappelons qu'au départ, le CroissanT'Express signait le renouveau de l'atelier-boulangerie des Perce-Neige, qui a pour but de favoriser l'autonomie professionnelle des résidents qui y travaillent.

Dans un contexte commercial ordinaire, avec infrastructure, normes et conditions d'hygiène similaires, les responsables visent une identification au métier de boulanger, ainsi qu'une «reconnaissance» à l'extérieur de l'institution. Encadrée par MSP, l'équipe s'est donc «très vite» bien débrouillée.

Parmi les clients fixes: de nombreux villageois, dont pas mal de retraités et de pendulaires, ravis de jouir d'un point de vente à proximité. Mais les employés servent aussi des gens de communes avoisinantes, mus par des échos très favorables.

Flûte les bonnes flûtes!
Outre les tresses et les taillaules, toujours très demandées, pains surprises et flûtes au sel sont les produits les plus vendus au CroissanT'Express. Groupements et sociétés passent d'ailleurs régulièrement pour alimenter leurs apéros.

«A partir du jeudi et du vendredi, c'est le gros boum!», assurent les MSP. La marchandise s'écoule sans peine, et l'on recense un minimum de pertes.

Préjugés enrayés
Le projet d'une telle boulangerie en pleine gare pouvait sans autre se heurter à quelques préjugés de la part des gens. Or, il n'en est rien. En ce sens, la visibilité totale du travail fourni s'est révélée judicieuse. «Les gens qui viennent voient très bien qu'on travaille proprement», relève Benjamin Brea. «Tous les à priori sont effacés parce qu'on ouvre et on montre», corrobore Daniel Mathez. Un pont a été jeté.

Pas de mouton noir
Notons que l'équipe de départ est restée inchangée. Chaque protagoniste a su s'adapter, trouver ses repères, relevant un défi qui n'est pas à la portée de tout un chacun.

Outre un horaire défini à tenir, des ressources physiques et psychiques sont nécessaires, tout comme un comportement ad hoc. «Par rapport à la vente, ils doivent tout de m ême répondre à certaines normes de notre société», indique Claude Aebischer, MSP responsable.

Que pourrait-on dès lors améliorer? Sur le plan des objectifs à court ou long terme, les mentors souhaitent parfaire l'autonomie des résidents. Dans le secteur du service à la clientèle, notamment; en développant leur sens des responsabilités.

«On aimerait vraiment que les personnes en situation de handicap arrivent à gérer le magasin», conclut Benjamin Brea.

Concurrentiel?

Vu son statut d'atelier protégé, le CroissanT'Express n'a pas vocation de concurrencer une boulangerie traditionnelle. N'étant pas couplée au chiffre d'affaires, la production n'est pas la même; ne serait-ce que pour celle des croissants, évaluée à 150 pièces par jour dans la plupart des commerces.

«Ici, c'est 15», remarque Benjamin Brea. En ce qui concerne la liste des prix, Claude Aebischer l'estime «raisonnable», à mi-chemin entre celles de l'artisan et de la grande surface.

A titre d'exemple: 3fr.30 pour une livre de pain paysan; 1fr10 pour un croissant. De plus, les heures d'ouverture se calquent sur celles d'un bureau. Soit du lundi au vendredi, de 8 heures à midi, puis de 14 à 17 heures.

«On n'a rien ressenti du tout. On a toujours la même clientèle», déclare Nicole Gouablin de Fontainemelon, propriétaire avec son époux de la boulangerie la plus proche du CroissanT'Express.

«On est déjà sur deux villages différents, et je pense que nous avons des clientèles très différentes». Par ailleurs, le restaurant chinois attenant a aussi gardé son fournisseur habituel pour les petits déjeuners. /SDN


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