12.01.2019, 13:11

La Grimpette de la Bosse, bénie des dieux, choyée par les hommes

chargement
Les bénévoles ont travaillé d'arrache-pied toute la journée de vendredi pour offrir les meilleures conditions aux participants.

Les Hauts-Geneveys Depuis qu’ils ont repris la Grimpette de la Bosse en 2017, Anthony Duvoisin et ses potes ont toujours été gâtés par Dame Nature. Mais la neige tombée tardivement requiert une organisation en «béton».

Ils ont quand même un sacré bol, les organisateurs de la Grimpette de la Bosse. Depuis qu’elle a repris l’épreuve en 2017, cette bande de potes a toujours pu compter sur la neige.

Arrivé le jour-J de la course la première année, jour-J moins un en 2018, l’or blanc est cette fois tombé en abondance deux jours avant le grand départ, donné vendredi soir à l’ancien téléski des Gollières, aux Hauts-Geneveys. 

«Le dicton dit jamais deux sans trois. Nous espérons que, dans notre cas, ce sera aussi jamais trois sans quatre», sourit Pierre-Alexis Pochon, membre du comité d’organisation de cette course populaire de ski randonnée. «Nous sommes conscients que nous sommes très chanceux», ajoute Anthony Duvoisin, en jetant un coup d’œil au ciel.

Le départ de la Grimpette de la Bosse. Crédit: Laurent Merlet

Une équipe bien rodée 

Bénie des dieux, la Grimpette de la Bosse est tout autant choyée par un groupe d’hommes. Car l’arrivée tardive de la neige requiert une organisation minutieuse en un court laps de temps.

En l’espace d’une journée, les bénévoles de la manifestation vaudruzienne doivent baliser le parcours long de quelque 5 kilomètres entre Les Hauts-Geneveys et Tête de Ran, planter les piquets, peller, poser les bûches finlandaises ou installer la zone de départ et d’arriver. Bref, un travail de titans. Avec pour objectif premier d’assurer la sécurité des participants et le bon déroulement de la course. 

«Nous avons dû modifier légèrement le tracé pour éviter un secteur où il manquait de la neige. On improvise un peu, mais l’équipe est désormais bien rodée», indique Anthony Duvoisin. «Chacun sait ce qu’il a à faire, selon ses compétences. Au final, c’est plutôt facile à mettre sur pied.» 

Une formule qui marche

Selon eux, le plus compliqué ne se situe d’ailleurs pas entre les sapins enneigés du Val-de-Ruz. Mais dans la buvette où les concurrents se retrouvent autour d’une fondue et un verre de vin blanc après la course.

«Comme nous ne connaissons jamais à l’avance le nombre exact de concurrents, nous ne savons pas les quantités de nourriture que nous devons commander. Mais nous sommes contents de constater que la formule fonctionne et que nous parvenons à fidéliser les adeptes de ski randonnée de la région.»

Ils sont 17 amis, tous bénévoles, à organiser l’épreuve vaudruzienne. Crédit: Christian Galley

«Une bonne action»

Anciennement appelée la Nocturne des Gollières, plusieurs fois en sursis, la course a été reprise il y a trois ans par une bande de 17 copains réunis sous la bannière VTT et détente.

«Nous ne sommes ni un club ni une association. Nous sommes juste un groupe d’amis qui voulaient depuis longtemps mettre sur pied une épreuve. Quand l’occasion s’est présentée, nous avons sauté dessus. C’est un peu notre bonne action de l’année pour le sport et notre belle région», explique Pierre-Alexis Pochon.  

Les organisateurs ont passé tout leur vendredi à préparer le parcours. Crédit: Christian Galley

Une ambiance si chaleureuse

La Grimpette de la Bosse fait partie du Trophée des trois fondues. Les adeptes de ski randonnée ont rendez-vous le samedi 19 janvier pour la Verticale du Crêt-du-Puy avant de terminer la «Coupe» avec la Chasseralienne, le 25 janvier.

Particularité de la manifestation vaudruzienne, elle est la seule à offrir un parcours varié, avec deux montées et deux descentes. «Aux Hauts-Geneveys, l’ambiance y est aussi plus chaleureuse», assure un participant. On veut bien le croire.

Du plaisir, même quand on n’aime pas la fondue

Les organisateurs visaient la barre des 100 concurrents pour cette troisième édition de la Grimpette de la Bosse, ils ont eu 99 inscrits (95 classés). Pas de quoi toutefois leur enlever leur bonne humeur. «Mardi, nous avions reçu seulement une trentaine d’inscriptions», note Pierre-Alexis Pochon.

En 2017, pour la «première», ils étaient 105 participants. Une année plus tard, ils étaient même 123. Une partie des concurrents avaient pris part à l’épreuve pour se préparer pour la Patrouille des glaciers, au repos en 2019. 

Jeunes et moins jeunes ont apprécié l’épreuve vaudruzienne. Crédit: Christian Galley

Une Vaudoise reine

Sur la poudreuse du Val-de-Ruz, il n’y avait aucune trace des skis de Laurence Yerly par exemple. Dans la catégorie féminine, la victoire est revenue à la Vaudoise Anne Lovey. La résidente de Vallorbe a avalé les 5,3 km de course (510 m de dénivelé positif) en 41’36’’5.

Chez les hommes, Brice Rollier a dicté sa loi en 36’15’’7. «Cela fait plaisir de voir la neige arrivée dans la région. Elle est vraiment tombée au bon moment», souriait l’athlète de Prêles.

A lire aussi : Résultats et classements

«Profiter de la nature»

Des sourires plus que le chrono, c’est ce qu’étaient venus chercher les férus de ski de randonnée.  Malgré les jambes qui chauffent. Peu importe l’âge. «C’est la première fois que j’y participe. C’est vraiment amusant et tu peux profiter de la nature», livrait Loïc du haut de ses 12 ans.

«Il faut se remettre dans le bain. Pour le corps, la première course de l’année est toujours un peu difficile», Raphaël (37 ans), organisateur de la Nocturne de Chandolin, en mars dans le Val d’Anniviers.

Pour les Chaux-de-Fonnières Monika, Claire-Lise et Catherine, l’épreuve constituait une occasion de pratiquer leur sport ensemble. «Nous adorons la rando. La course était magnifique et nous avons bénéficié de bonnes conditions», relevaient ces trois quinquagénaires, qui ont ensuite partagé une fondue. «C’était le défi que mes deux amies m’avaient fixé. Sauf que je ne suis pas du tout fan de fondue», rigolait Monika.


Top