26.11.2017, 08:00

Des heures à façonner le temps

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Felipe Silva, passionné de montre et horloger autodidacte

 26.11.2017, 08:00 Des heures à façonner le temps

Passion Il y 4 ans, Filipe Silva est engagé comme logisticien dans une manufacture horlogère. Polymécanicien de profession, il tombe en admiration devant les montres les plus compliquées. Il entreprend, seul, d'apprendre à fabriquer des montres.

Avant de s’établir aux Geneveys-sur-Coffrane «par amour», Filipe Silva avait passé toute sa vie à La Chaux-de-Fonds. Seule infidélité à la Métropole horlogère: le Technicum, au Locle. Pour autant, chez ce polymécanicien de 34ans né en Suisse de parents portugais, l’horlogerie n’est pas une affaire de famille. Il avoue même s’y être intéressé il y a 4 ans,...

Avant de s’établir aux Geneveys-sur-Coffrane «par amour», Filipe Silva avait passé toute sa vie à La Chaux-de-Fonds. Seule infidélité à la Métropole horlogère: le Technicum, au Locle. Pour autant, chez ce polymécanicien de 34ans né en Suisse de parents portugais, l’horlogerie n’est pas une affaire de famille. Il avoue même s’y être intéressé il y a 4 ans, tout au plus. Employé à l’époque à la logistique dans «une grande manufacture horlogère», il tombe en admiration devant les belles mécaniques.

Démonter, remonter

Première plongée dans l’horlogerie: Filipe Silva s’achète une Swatch automatique. Puis vient l’idée de voir ce qu’il y a à l’intérieur. Armé de quelques tournevis et brucelles d’occasion, il met la main sur des vieilles montres, et entreprend de les disséquer. «Je suis habitué à démonter et remonter. J’ai une certaine minutie, de part mon métier, et j’ai aussi travaillé comme dessinateur. J’ai demandé pas mal de conseils et fait énormément de recherches sur internet.»

Dans la collection de Filipe Silva, des montres de poche qu'il aime bien de temps à autres glisser dans son veston pour sortir.

Les premiers essais relèvent plutôt du «massacre». Après avoir étripé deux garde-temps, arrive la première victoire:il remonte sa troisième victime, et... elle démarre!

Des milliers d’heures de boulot plus tard, il s’est monté son petit empire. Il demande conseil à toutes les connaissances qu’il croise;commence à réparer des calibres qu’on lui confie; démonte et remonte des complications.

Il faut commencer à acquérir de l’outillage. Il cherche les bons plans, fouille les annonces... Pinces, tournevis, appareils de nettoyage ou de contrôle... Il faut beaucoup de petit matériel. Quelques cours d’horlogerie comblent les blancs de son apprentissage, mais il est avant tout pour un autodidacte acharné. Pour lui, l’horlogerie reste un hobby. S’il n’exclut pas d’en faire un jour son activité principale, il en est loin. Il a aussi d’autres projets (lire ci-dessous).

Avec le temps, il parvient à se fournir en composants divers, et assemble ses propres montres sous la marque Crea Watch. «J’ai désormais un petit stock de mouvements, et quelques boîtes ou cadrans. Quand il me vient une lubie, je vais piocher là-dedans et je crée une montre qui me plait.»

Quelques unes des montres Crea Watch de Filipe Silva

Rencontre en Pologne

Ses récits sont émaillés de nombreuses rencontres. S’il apprend aussi dans les livres, ce sont les gens du métier qui le guident, voire d’autres passionnés qui, comme lui, pratiquent l’horlogerie en amateur. Il s’est d’ailleurs récemment rendu en Pologne dans une rencontre consacrée aux «micromarques». Un univers qui attire des passionnés, et certains collectionneurs qui ne jurent que par elles. C’est notamment grâce à l’existence de ces amateurs éclairés qu’on peut désormais trouver assez facilement des composants horlogers à l’unité.

Si sa créativité est bornée par les composants qu’il trouve sur le marché, il n’exclut pas de s’arranger, à termes, pour pouvoir commander ou fabriquer ses propres boîtes. Mais réaliser lui-même le corps d’une montre nécessiterait des investissements conséquents.

Dans l’immédiat, il planche sur un cadran «maison» avec des amis. Et améliore ses connaissances en abordant des complications comme le chrono ou la phase de lune.

Sa plus grande fierté ? «Un copain qui travaille dans une grande maison m’a confié une montre à entretenir. Il aurait pu le faire lui-même ou confier le travail à des pros, mais il me l’a apportée en affirmant qu’il savait que je ferais ça correctement. C’est une sacrée reconnaissance.»

 

 

 


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