03.08.2015, 09:01

Un pessimisme corrosif

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Par Dominique Bosshard

Quand on l'appelait à son domicile, Agota Kristof décrochait elle-même le téléphone, apportant des réponses parcimonieuses aux questions. A la fois simple et intimidante. C'est donc avec appréhension que l'on avait franchi sa porte pour la première fois. Ce jour-là, une certaine effervescence régnait dans l'appartement situé au c½ur de Neuchâtel, où l'auteure du «Grand cahier» recevait Thomas Vinterberg, le réalisateur de «Festen», qui brûlait d'adapter le roman à l'écran. Le projet ne s'est pas concrétisé…

Bien qu'elle ne quittât plus guère son appartement depuis plusieurs années, Agota Kristof ne restait pas indifférente à la façon dont son ½uvre continuait de vivre. Elle assista à la première de «La brûlure du vent», l'adaptation cinématographique de «Hier» faite par Silvio Soldini; ou, encore, au spectacle théâtral tiré de «C'est égal», en 2008 au Pommier.

Laconique, elle acceptait pourtant d'égrener l'histoire de sa vie, de raconter, une fois encore, l'exil de 1956, puis la greffe difficile sur sa patrie d'accueil, le dur travail en usine. Terreau d'une écriture âpre et ironique, hostile au sentimentalisme. Le visage d'Agota Kristof se refermait parfois, le regard s'absentait, paravent opaque qui nous renvoyait à la solitude. Un long silence s'installait… Laisser du temps au temps, pour tirer les fils du dit et du non-dit. Sur les rayonnages de sa bibliothèque, l'auteure désignait les éditions de la trilogie du «Grand cahier», traduite en une trentaine de langues. Elle en était fière. A juste titre.


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