25.10.2018, 17:48

Un ptérosaure brésilien au Jardin botanique de Neuchâtel

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Deux membres de l'ancienne société d'étudiants Amici Naturae dévoilent le fossile, sous les yeux du directeur du Jardin botanique de Neuchâtel Blaise Mulhauser.

Histoire naturelle Le Jardin botanique de Neuchâtel accueille désormais un crâne de ptérosaure au milieu de son jardin de l’évolution. Il a été acquis grâce à un don de la défunte société d’étudiants Amici Naturae.

Il trône désormais à côté du plus vieux bâtiment du Jardin botanique de Neuchâtel, le puits situé à l’ouest du Vallon de l’Ermitage. Sauf que lui, est beaucoup, mais alors beaucoup plus ancien. Son âge? 114 millions d’années. Ce jeudi matin 25 octobre, c’est un crâne de ptérosaure fossile, plus précisément un ludodactylus, qui a été dévoilé.

Don d’Amici Naturae

Ce crâne de reptile volant vivant au temps des dinosaures a été acquis par le Jardin botanique grâce à un don de l’ancienne société d’étudiants Amici Naturae, dissoute l’an dernier.

Fondée en 1893, cette société a vu passer dans ses rangs de grands noms comme Jean Piaget ou les anciens directeurs du Jardin botanique Claude Favarger ou Philippe Küpfer. Elle n’avait plus de membres actifs depuis plus de 20 ans. Ses anciens ont décidé de la dissoudre et d’offrir le solde de leur caisse à l’institution neuchâteloise.

Ce don permet aux équipes de Blaise Mulhauser de développer une collection en paléontologie, et plus particulièrement en paléobotanique. «Neuchâtel a toujours été une terre de paléontologue, mais ceci a tendance à disparaître depuis la fin de l’institut de géologie», explique le directeur du jardin. Le fossile de ce ptérosaure spécialisé dans la pêche a ainsi été acquis auprès d’une collection privée en Allemagne, pour quelque 48’000 euros.

À la charnière entre deux mondes

Si le rapport entre un reptile volant et les plantes présentées sur les hauts de Neuchâtel n’est pas directement évident, les autres fossiles voisins du volatile archaïque font le lien. Provenant du même site au Brésil, une carrière près de la ville de Crato, ils présentent des poissons, mais aussi des anciens conifères et l’une des premières plantes à fleurs. Bref, des ajouts idéaux dans le jardin de l’évolution.

«Ces fossiles datent de 114 millions d’années. Ils sont à la charnière entre deux mondes. Un monde de dinosaures et de ptérosaures et l’apparition des plantes à fleurs», note Blaise Mulhauser. Lequel ne manque pas de rappeler que certains scientifiques avaient théorisé que l’arrivée de ces plantes et de leurs toxines était à l’origine de la fin des dinosaures. «Cette thèse ne tient plus la route, mais c’est intéressant de s’en souvenir.»

Le Jardin botanique acquiert depuis quatre ans divers fossiles provenant de la région de Crato, notamment des restes des premières abeilles et divers autres plantes d’époque. «Nous aimerions monter une exposition sur la biodiversité de ce site il y a 114 millions d’années», conclut Blaise Mulhauser, sans annoncer de date pour ladite exposition. 

Le fossile du ludodactylus montre que le volatile possédait une série de longues dents, idéales pour pêcher des poissons. Photo: Keystone.


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