15.09.2016, 00:01

Quand le participatif se politise

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La dessinatrice de presse Caro a illustré la brochure éditée par la Ville sur sa dernière démarche participative.

 15.09.2016, 00:01 Quand le participatif se politise

NEUCHÂTEL Certains restent sur leur faim quant au projet «Centre et gare».

L’assistance était bien fournie mardi soir au temple du Bas, à Neuchâtel, pour la présentation du processus participatif «Centre et gare» (notre édition d’hier). A un peu plus de deux mois des élections communales, certains élus, candidats ou militants n’ont pas manqué ce rendez-vous.

Tout l’exécutif était d’ailleurs présent. La démarche participative consacrée à la mobilité et aux espaces...

L’assistance était bien fournie mardi soir au temple du Bas, à Neuchâtel, pour la présentation du processus participatif «Centre et gare» (notre édition d’hier). A un peu plus de deux mois des élections communales, certains élus, candidats ou militants n’ont pas manqué ce rendez-vous.

Tout l’exécutif était d’ailleurs présent. La démarche participative consacrée à la mobilité et aux espaces publics en ville constitue «un travail, un consensus qui nous aide énormément à prendre les bonnes décisions», a souligné la conseillère communale Christine Gaillard.

Une première saluée

«c’est la première fois qu’une vraie démarche participative a été organisée» pour le réaménagement d’une gare, en tout cas en Suisse romande. Le compliment est venu du responsable pour cette région de la gérance immobilière des CFF, Laurent Amez-Droz. Les autres participants aux ateliers ont aussi salué la richesse d’échanges et d’idées.

Le public a eu droit à trois quarts d’heure pour des questions ou remarques. Un jeune homme a regretté que, l’un des buts du processus étant de faire reculer le trafic automobile en ville, une seule mesure ait été présentée.

«Casse-tête»

Quant à savoir pourquoi un consensus n’avait pas été trouvé autour de l’instauration du 30 km/h aux rues de l’Ecluse et des Bercles, «c’est un peu la quadrature du cercle», a répondu le conseiller communal Pascal Sandoz. Et les futurs contours de la place Numa-Droz? «C’est un sacré casse-tête», selon Philipp Schweizer, le géographe qui a encadré la démarche participative. «Il faut continuer à chercher, à faire des études.» C’est aussi le cas pour un déplacement des bus de la zone piétonne à la rue de la Place-d’Armes: «Il y a encore beaucoup d’analyses à faire avant de passer à l’acte, sinon on risque de faire faux», a relevé Christine Gaillard.

«J’ai beaucoup entendu le mot études, soit en cours, soit à venir. Mais quel est le coût de toutes ces études?» A cette question, une dame n’aura pas reçu de réponse. «Ce qu’il nous manque, c’est de mettre des priorités politiques», a relevé une autre participante à la soirée.

Le lendemain, le Parti libéral-radical a rebondi en publiant un communiqué. S’il salue la démarche participative, il parle de «concrétisation manquée».

«Voir du concret»

Lors de la séance publique, «nous sommes restés sur notre faim», écrivent les libéraux-radicaux. Ceux-ci déplorent l’absence, dans la présentation, de «prioritisation des mesures», de calendrier et d’évaluation financière. «L’exemple de la démarche participative des Jeunes-Rives demeure malheureusement la règle: à ce jour rien n’a été fait!»

Du côté des Verts, le conseiller général Nicolas de Pury concède qu’il est «fondamental qu’on puisse voir du concret. On peut peindre maintenant une piste cyclable sur la route. La livraison de courses par vélos, ça fait une année que ça bloque dans les services de M. Sandoz. Ce serait pourtant une mesure sympathique et visible». Anne-Françoise Loup, présidente du groupe socialiste au législatif, note que «les enjeux d’urbanisme, ça prend du temps. C’est sûr que l’on a besoin que ça se concrétise, mais dans une vision coordonnée et structurée». L’élu démocrate-chrétien Vincent Pahud évoque «une captation d’idées par un Conseil communal en panne d’idées à la veille des élections.»

INFO +

Tout savoir sur la démarche:

Une synthèse des résultats et un outil original, un «géoportal», permettent de retrouver toutes les propositions:

www.demarcheparticipative-ne.ch

Le participe pas hâtif

ça y est, la campagne en vue des élections communales du 27 novembre est lancée! Et elle se joue sur l’un des engagements phare du Conseil communal sortant: les processus participatifs, poussés à Neuchâtel à un degré peu commun. En matière de projets urbanistiques, il faut rappeler que la démarche est née d’un traumatisme: le rejet populaire du «rond-point carré» de la place Numa-Droz en 2013. Dorénavant, l’exécutif communal allait consulter largement et longuement pour éviter un nouveau référendum.

Des rives à la gare, en passant par le centre, l’ambition de renouveau ne manque pas. Elle ne peut que déborder les limites d’une législature. La mise en marche d’une nouvelle forme de démocratie citoyenne se heurte au calendrier des élections et retombe dans l’ornière des campagnes partisanes. Dans la cité, les changements en profondeur prennent du temps. Les mener au pas de charge peut conduire dans le mur, comme on l’a vu récemment avec des projets de fusion de communes. Dans la rue, si le citoyen a besoin de rêver, il veut savoir où il va. En voulant embrasser trop large, les autorités risquent de l’avoir perdu en chemin.


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