10.04.2019, 17:25

Neuchâtel: deux rendez-vous avec la chanteuse inuit Elisapi

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Dans son dernier album, Elisapie chante beaucoup en inuktitut, sa langue maternelle.

Grand Nord Invitée du Printemps culturel, la compositrice interprète née au Nunavik sera à la Case à chocs, à Neuchâtel, vendredi soir. Au programme, un concert et une conversation avec un professeur à l’Université du Groenland.

Elisapie Isaac a grandi dans le Nunavik, à 2000 km au nord de Montréal, terre inuit de 13’000 habitants pour 500’000 km2. La chanteuse continue d’entretenir un lien fort avec sa culture d’origine tout en vivant au Québec. Dans son quatrième album «The ballad of the runaway girl», conte musical aux sonorités pop organiques, elle chante en anglais, inuktitut et français. Sa tournée passe par Paléo (23 juillet), avec deux rendez-vous vendredi à Neuchâtel: un concert et une conversation avec Yvon Csonka, professeur d’ethnologie à l’université du Groenland.

De quoi allez-vous parler?

J’essaie toujours d’apporter un autre regard sur les Inuits, car les gens en ont souvent une image figée, très premier degré. Notre peuple a été sédentarisé, christianisé et il a été passablement étudié. J’aimerais parler de notre ressenti, montrer que nous avons des sentiments forts. Cela dit, la discussion restera ouverte aux échanges avec le public.

Quelles valeurs du peuple inuit vous sont spécialement chères?

Dans la culture inuit, on ne juge pas les autres et on s’entraide beaucoup. Les gens se voient en égaux, c’est presque de la candeur. Ils ne sont pas méfiants, c’est très inspirant! A Montréal, je suis devenue plus individualiste (rires), mais dès que je rentre à Salluit, cet état d’esprit revient vite…

C’est vous la «runaway girl» (fille en fuite) de votre disque?

Oui, je pense que c’est moi… Je suis une fille qui a fui, pour plein de raisons. C’est facile de fuir, mais beaucoup plus difficile d’admettre que l’on a fui. Aujourd’hui, je suis plus apaisée. J’ai décidé de m’accepter, de m’aimer davantage. C’est important pour mes trois enfants, afin qu’ils puissent s’épanouir dans la sérénité. Ma génération peut faire la paix, nos parents n’ont pas pu.

Vous chantez davantage en inuktitut dans votre dernier album…

Je trouve cool d’écrire dans ma langue, mais je le fais aussi pour les Inuits. Récemment dans un festival là-bas, j’ai commencé à chanter «Arnaq», qui parle des femmes fortes: tous les enfants se sont mis à chanter avec moi, c’était très, très fort!

 

Infos pratiques

Case à chocs, Queen Kong Club, Neuchâtel. Vendredi 12 avril, conversation entre Elisapie et Yvon Csonka, éthnologue, à 19h; concert d’Elisapie à 21h15. 

La soirée comprendra aussi la projection du fil «-22.7°» tourné au Groenland, (20h15), et une performance audiovisuelle de Molécule, producteur de musique électronique (22h45). 

En savoir plus : le programme complet

 


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