02.11.2017, 17:53

Lever de rideau sur la comédienne neuchâteloise Nathalie Sandoz

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Nathalie Sandoz, au Théâtre du Pommier à Neuchâtel. "Je me sens ici comme à la maison". Photo : Lucas Vuitel

 02.11.2017, 17:53 Lever de rideau sur la comédienne neuchâteloise Nathalie Sandoz

PORTRAIT La Neuchâteloise Nathalie Sandoz fait partie du paysage culturel romand. Comédienne et metteure en scène, elle enseigne aussi la Technique Alexander. Portrait d'une femme théâtrale dès le premier contact.

Même son arrivée au Pommier est théâtrale. «Voilà!», s’exclame-t-elle dans une révérence, en franchissant tout sourire l’antre du Centre culturel neuchâtelois, avant même de dire bonjour.

Voici Nathalie Sandoz, la quarantaine fraîche et déterminée. Elle choisit la métaphore pâtissière pour les présentations: «Un peu comme un mille-feuille, je me suis construite couche après couche. D’abord comédienne, puis thérapeute de Technique Alexander, et enfin metteure en scène», résume-t-elle entre deux gorgées de café. Et ce n’est pas tout: «Je prête ma voix pour des enregistrements...

Même son arrivée au Pommier est théâtrale. «Voilà!», s’exclame-t-elle dans une révérence, en franchissant tout sourire l’antre du Centre culturel neuchâtelois, avant même de dire bonjour.

Voici Nathalie Sandoz, la quarantaine fraîche et déterminée. Elle choisit la métaphore pâtissière pour les présentations: «Un peu comme un mille-feuille, je me suis construite couche après couche. D’abord comédienne, puis thérapeute de Technique Alexander, et enfin metteure en scène», résume-t-elle entre deux gorgées de café. Et ce n’est pas tout: «Je prête ma voix pour des enregistrements de voix off, je le fais parfois pour des publicités… J’ai besoin de m’ouvrir sans cesse. Probablement suis-je insatiable», sourit-elle de tout son visage.

Trilingue déracinée

Même en dehors des planches, Nathalie Sandoz articule ses mots, anciennes traces – peut-être – de son passage à l’école Serge Martin, à Genève. Ses «p» percutent, ses «r» raclent. Elle mouline des bras et des mains, exprime tantôt la joie, tantôt la mélancolie, comme un visage de cire chaude qui se façonne selon l’envie. Le regard balayant les murs du théâtre, elle raconte: «J’ai fait mes débuts ici, au Pommier. C’est ici que mon travail a été encouragé. Critiqué, aussi! Au Pommier, je me sens comme à la maison.»

Et cet ancrage lui fait du bien, à Nathalie Sandoz. Car la Neuchâteloise se définit comme étant une déracinée. Trilingue, la metteure en scène est née à Neuchâtel mais a grandi dans la région zurichoise. «A la maison, nous parlions le français et l’anglais puisque ma mère est née en Rhodésie, devenu aujourd’hui le Zimbabwe. Et à l’école, le suisse allemand était la règle. Cette faculté d’apprendre plusieurs langues m’a probablement aidée à mieux appréhender le monde.»

Le barrage des sœurs jumelles

Elle aurait pu se lancer dans le cinéma, Nathalie Sandoz. Mais elle a choisi de brûler les planches. Enfant déjà, elle aimait monter des spectacles. Avec les copines du quartier, elle créait des saynètes.

Le besoin de reconnaissance, de trouver sa place auprès des siens, l’a longtemps poursuivie. «Je suis de six ans la cadette de deux sœurs jumelles, ça n’est pas anodin. Mes sœurs représentaient une entité à moi. Elles avaient leur langage, leurs codes, tout était très fluide entre elles. Ce monde idéal m’a toujours fasciné… Sans jamais vraiment pouvoir y toucher moi-même.»

Son métier de comédienne l’a beaucoup aidée, dit-elle, à découvrir petit à petit qui elle est réellement. Une femme déterminée qui refuse qu’on lui dicte ce qu’elle doit faire. Une croqueuse de vie qui rejette l’idée qu’un lendemain puisse ressembler à un aujourd’hui. Une anxieuse qui craint qu’un événement marquant se déroule quelque part, sans elle.

Les bienfaits d’Alexander

Des constats que Nathalie Sandoz n’aurait guère pu dresser sans sa profession ni sans ses années de pratique de la Technique Alexander. La Neuchâteloise s’est pleinement lancée dans l’étude de cette thérapie complémentaire – qui consiste à rééduquer la posture pour permettre à l’organisme de fonctionner plus harmonieusement – alors qu’elle vivait à Londres, où elle a séjourné durant sept ans.

La comédienne avait franchi la Manche pour donner une autre dimension à sa carrière théâtrale. Désillusion: «Je pensais que mon accent anglais façon BBC passerait partout! Or, là-bas, vous devez jouer en ayant la capacité d’imiter plein d’accents. J’ai dû alors me remettre au travail et sortir de ma zone de confort. Et c’est là que m’est venue l’idée de faire une nouvelle formation et de devenir thérapeute de la Technique Alexander.»

Le visage illuminé, elle se lance dans une longue explication sur les bienfaits de la méthode qu’elle enseigne désormais également à de futurs thérapeutes à Neuchâtel. «Dans mon cas, je me sentais limitée dans mon travail de comédienne, comme prisonnière de mon corps. J’ai dû apprendre à m’ouvrir et à me libérer», assure-t-elle.

Décidée à poursuivre deux carrières, une théâtrale et une thérapeutique, Nathalie Sandoz choisit de revenir en Suisse en 2007. «Je savais qu’ici, j’avais de bonnes chances de concrétiser ce choix. Et j’ai ouvert un cabinet avec mon ami.» Son compagnon, sarde, l’a rejointe de Londres pour partager sa vie avec elle. Et depuis, Nathalie Sandoz s’est aussi mise à l’italien. De ses moments passés avec lui, elle ne sacrifierait aucunement les petits-déjeuners. «Le matin j’aime aussi prendre un moment pour me demander quel genre de journée j’aimerais vivre. Et je peux vous dire que ça change pas mal de choses!»

Le cadeau de deux jeunes femmes

Elle décide de sa vie, Nathalie Sandoz. Elle est prête à accueillir les événements lorsqu’ils se présentent à elle. Comme cette opportunité de devenir metteure en scène que lui ont offerte deux jeunes femmes, un jour où sa vie devait prendre une tournure différente. «J’ai ressenti de plus en plus l’envie de m’entourer de gens. De coopérer. Devenir metteure en scène a comblé ce besoin.» Et quand Nathalie met en scène, Nathalie consulte, demande. Puis dirige. Par exemple la Compagnie De Facto, qu’elle crée en 2011 et avec laquelle elle tourne en Europe.

Aujourd’hui, la Neuchâteloise se sent complète. Après un long silence, la tête enfouie dans les bras, elle confie: «Je me suis longuement posé la question de la maternité. Je pense qu’elle peut aussi se vivre au travers de relations, de projets. Un jour, quelqu’un m’a dit que j’étais la maman de beaucoup de gens. Ça m’a touchée. Et peut-être que mon âme rebelle s’autorise là aussi à ne pas céder aux conventions sociales.»

Son actu

En janvier, Nathalie Sandoz présentera sa nouvelle mise en scène, «Le journal d’un fou», de l’écrivain russe Nicolas Gogol.

«Sur une idée et un concept développés par Raphaël Tschudi (réd: comédien neuchâtelois), ce dernier me confie la mise en scène de cette œuvre. L’idée est de parler de la perception de la folie dans notre société en y intégrant des interviews et des documentaires filmés.»

Le spectacle sera présenté en janvier prochain à la Case à chocs de Neuchâtel, «histoire d’explorer d’autres lieux de représentation».


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