15.03.2017, 01:21

Le dallage du cloître fait hurler

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NEUCHÂTEL Dans le préau jouxtant la Collégiale, le jardin a été remplacé par des dalles. Fâché tout rouge, le PLR a déposé une interpellation urgente.

La pose de dalles dans l’espace central du cloître de La Collégiale de Neuchâtel, dans lequel se trouvait auparavant un jardin, peut-elle être comprise comme une simple rénovation, ou est-ce une trahison de l’esprit du lieu? Telle est, en substance, la question qui a fait couler beaucoup de salive, lundi soir lors de la séance du Conseil général de la ville.

Pour le PLR Jules Aubert, la réponse ne fait aucun doute: «Les grands principes qui doivent présider à la rénovation des bâtiments ont été bafoués», a-t-il affirmé d’entrée. C’est ce qui l’a incité, au nom du groupe PLR, à déposer une interpellation urgente, intitulée «Une rénovation du cloître qui jette un froid». Selon le texte, le traitement réservé au sol du cloître «modifie fondamentalement l’esthétisme, et même le sens» de ce lieu. Selon Jules Aubert, les utilisateurs réguliers du lieu seraient insatisfaits.

«Un lieu de divertissement»

«Spiritualité et culture sont aujourd’hui appelées à se développer ensemble», a lancé le conseiller communal Olivier Arni, dans une réponse qui a duré plus de vingt minutes, évoquant l’avenir de ce «lieu de méditation qui évolue vers l’accueil d’un plus large public». Le socialiste a indiqué que la restauration du cloître avait été conduite sous la supervision de nombreux spécialistes reconnus du domaine. Il a certifié que la charte de Venise – un traité qui fournit un cadre international pour la conservation et la restauration des monuments et des sites – avait été parfaitement respectée. Il a également précisé que les utilisateurs du lieu avaient été régulièrement consultés au Travers d’une commission. «Aucune inquiétude n’est sortie lors de ces séances.»

Le dallage a été décidé suite au «désir de diverses personnes de pouvoir utiliser le cloître. Il est vrai que le préau a un aspect assez minéral», a reconnu l’élu. Il a toutefois précisé que de la verdure avait été plantée sur les bords et de la mousse entre les dalles. «La végétation a été plantée en automne, elle n’est pas encore prête. Un peu de patience, attendons encore quelques semaines pour juger», a conclu l’édile. Le lieu devrait être inauguré publiquement ces prochaines semaines.

Si ces explications ont satisfait la gauche et le groupe Vert’libéral/PDC, elles n’ont pas convaincu les interpellateurs, en particulier le PLR Jean-Charles Authier: «De recueillement, ce cloître est devenu un lieu de divertissement. On a complètement perdu l’esprit du lieu, c’est comme si on avait mis un centre religieux à la Maladière.»

On peut les enlever en 48 heures

Chef de l’Office cantonal du patrimoine et de l’archéologie (Opan), Jacques Bujard nous a confirmé hier que la charte de Venise était «parfaitement suivie». Les transformations effectuées sont bel et bien réversibles: «Les dalles sont posées sur la terre. En 48heures, elles peuvent être enlevées.» Pour le reste, le spécialiste note que l’aspect du cloître a beaucoup changé au cours des siècles. Le jardin fleuri qui a été remplacé par les dalles actuelles datait de la fin des années 1950 ou du début des années 1960.

Selon nos informations, les avis sont partagés parmi les utilisateurs du lieu. «Le 99% des paroissiens ne l’a encore pas vu, c’est pour ça que personne n’a encore fait de remarque», avance un membre du Conseil de la communauté locale qui désire garder l’anonymat. «Pour nous, c’est surtout l’intérieur de la Collégiale qui compte, c’est pour ça que nous nous battrons.»

Harcèlement de rue

«T’es bonne!», «Hey la grosse!», «Tu suces?»... voilà quelques-unes des expressions imprimées sur le flyer que le collectif Stop harcèlement Neuchâtel a distribué lundi soir aux conseillers généraux, à l’entrée de leur séance. C’est que le groupe Popvertsol proposait un arrêté visant à donner des outils pour réagir face au harcèlement de rue, dont sont victimes en premier lieu les femmes (notre édition du 8 mars).

Si tout le monde s’est accordé sur le fait que la problématique était importante, tant le PS, le PLR que les Vert’libéraux/PDC ont estimé que proposer un texte tout fait n’était pas la meilleure façon de s’attaquer au problème. Deux projets d’amendements ont été déposés, tandis que certains ont proposé de transformer le projet d’arrêté en motion. Quant à la conseillère communale Violaine Blétry-de-Montmollin, elle a proposé la création d’une commission. Après un débat assez animé, c’est un arrêté très amendé qui a finalement été adopté. Tellement amendé qu’hier à 16 heures, la chancellerie ne disposait pas encore du texte définitif au propre.

et encore...

King du lac Alarmé par un message posté sur Facebook par le programmateur du King du Lac, qui organise des concerts au port de Neuchâtel, le groupe Popvertssol a déposé une question d’actualité. «Nous sommes en train de clarifier notre collaboration», a répondu le conseiller communal Olivier Arni. «Nous voulons continuer à soutenir la Musique au port, mais de la même manière pour tous les acteurs.» Une séance entre la Ville et les établissements ou programmateurs concernés est agendée prochainement.

Zone piétonne«La zone piétonne n’a pas pour vocation d’être le salon international de la camionnette.» Ces mots du socialiste Jonathan Grétillat résumaient bien l’interpellation déposée par son groupe. La conseillère communale Violaine Blétry-de Montmollin a répondu qu’un comité de pilotage avait été constitué et que plusieurs études étaient en cours. Elle a reconnu que la législation actuelle était «mal ficelée», qu’elle ne correspondait «plus à la réalité» et qu’elle devrait être changée.


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