Du jeu d'enfant au jeu d'acteur

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Par THIMOTÉE LÉCHOT
  04.06.2009, 04:15

C'est ce soir, à la Maison du Concert de Neuchâtel, que débutent les représentations d'«Histoires de famille», une pièce de l'écrivaine serbe Biljana Srbljanovic, par la compagnie Théâtre à tous les étages. Cette descente en enfance offre une perspective joyeusement effrayante sur la cruauté des sociétés adultes.

Sur un terrain vague, trois enfants - interprétés par des comédiens adultes - reconstruisent en s'amusant les histoires de leurs familles. Regardé d'en bas, le monde des grands est une caricature où toutes les boursouflures normalement dissimulées surgissent dans une lumière candide. Or une caricature ne prête pas seulement à rire, mais encore à penser. Du moins, c'est l'opinion de Biljana Srbljanovic, une auteure contemporaine engagée, qui écrit «Histoires de famille» au moment où la Serbie de Miloševic perd les guerres de Croatie et de Bosnie-Herzégovine.

Créée dans une atmosphère nationaliste et totalitaire, la pièce se détache du contexte serbe pour porter les questions sociales, politiques et morales à une gravité sans frontière. Selon Cédric Pipoz, elle a sa place dans les théâtres d'un pays épargné comme la Suisse: «La perte de certaines valeurs peut entraîner un cataclysme, en Serbie comme ailleurs. Si les terreurs de l'Ex-Yougoslavie sont extrêmes, elles sont d'autant plus significatives des risques qu'on encourt jusque chez nous.» Le metteur en scène ajoute que, en dépit des apparences, il y a un potentiel comique dans le texte de Srbljanovic, ce qui n'a pas sauté aux yeux des comédiens à la première lecture. Mais la nécessité de retrouver une spontanéité enfantine a libéré le jeu de chacun. «A partir d'un moment, constate Christiane Margraitner, on ne cherche plus à savoir s'il s'agit d'enfants ou d'adultes. Notre plaisir de comédiens se confond avec le plaisir des gamins.» N'étant soumis à aucune rigueur chorégraphique, ils ont transformé l'espace scénique en place de jeu. «Les accessoires sont à leur entière disposition, explique Cédric Pipoz. Il s'agit de retrouver l'instinct qui nous pousse à sauter dans une flaque d'eau ou à lancer un jouet pour vérifier s'il se casse.»

Ainsi, tandis que les personnages jeunes revisitent les évidences de leurs parents, les professionnels du Théâtre à tous les étages expérimentent une approche où le jeu de l'acteur repose moins sur des artifices de métier que sur un élan naturel et ludique. Abordées dans cette perspective originale par la compagnie neuchâteloise, les «Histoires de famille» sont à découvrir à partir de ce soir 20 heures et jusqu'au dimanche 21 juin à la Maison du Concert.

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