12.07.2019, 14:11

Deux siècles d’indiennes revisités au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel

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Munem Wasif explore les dessous de l'industrie des indiennes.

Exposition Au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel, cinq créateurs contemporains jouent avec l’histoire des indiennes. A voir jusqu’au 25 août.

Le Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel (MAHN) conclut sa fresque historique autour des indiennes neuchâteloises par une plongée artistique et thématique.

Après «Made in Neuchâtel. Deux siècles d’indiennes», qui a connu un grand succès, c’est maintenant l’exposition «Sell it with Flowers» qui prend ses quartiers au Musée d’art et d’histoire pour prolonger le thème des indiennes avec cinq artistes invités. Pilotée par les anciens directeurs du Centre d’art Neuchâtel, Arthur de Pury et Marie Villemin, cette exposition approfondit en effet une multitude de problématiques liées à cette activité tisserande de résonance mondiale.

Un monde de couleurs et de douleurs

De la manufacture, devenue industrie en mutation, à l’exploitation des ressources comme des êtres humains; des motifs colorés aux messages aussi vite imprimés qu’oubliés, les artistes explorent ainsi un monde de couleurs et de douleurs. La scénographie, volontairement transversale, dévoile alors ce qu’il y a encore de contemporain dans la violence de ce commerce, à l’image du film de Munem Wasif et son autopsie d’une usine de tissu désertée laissant l’homme exsangue. D’une confondante actualité quand on pense au scandale du Rana Plaza ou aux forçats du coton en Ouzbékistan.

A l’opposé de ce thème plutôt noir, c’est le film de Gunilla Klingberg qui cherche à nous hypnotiser par un kaléidoscope de motifs géométriques, un peu à l’image des indiennes et leurs couleurs flamboyantes. Sauf qu’en peu de temps, un sentiment nauséeux nous envahit, la tête tourne, presque enivrée.

Une conclusion artistique riche, complexe et dérangeante

Ne subsistent donc que les traces laissées de cette activité: des coups de tampons géants sur les murs (Urban Requiem de Barthélémy Toguo), la sciure des bois ayant servi à leur confection et devenant seul motif (les œuvres de Marcos Ávila Forero) ou des morceaux de vie collés et rapiécés sur papier (par Frida Orupabo). L’art et l’histoire s’entrechoquent ici. Dynamisée par différentes pièces de la collection du MAHN, cette exposition, à voir jusqu’au 25 août, apporte une conclusion artistique aussi riche, complexe et dérangeante que ne le fut le commerce des indiennes en son temps.

Camille Jean Pellaux

Infos pratiques

Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel, jusqu’au dimanche 25 août. Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h.


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