12.06.2018, 22:53

Deux hommes dénoncent une agression homophobe à Neuchâtel

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L’agression s’est déroulée samedi tard dans la nuit devant l’hôtel Beaulac.

 12.06.2018, 22:53 Deux hommes dénoncent une agression homophobe à Neuchâtel

Fait divers Matthis et Sylvain ont été agressés dimanche vers 3 heures devant l’hôtel Beaulac à Neuchâtel, alors qu'un ami venait d'évoquer leur homosexualité. La police confirme une bagarre, mais indique qu'aucune plainte n'a encore été déposée.

«Je n’ai pas envie d’avoir honte, de me sentir victime, je ne suis pas du genre à me laisser abattre.» Sylvain tenait à dénoncer l’agression – qualifiée d’homophobe – qu’il a subie avec un ami, Matthis, samedi soir à quelques dizaines de mètres de l’entrée de l’hôtel Beaulac, à Neuchâtel.

Plus de 1700 réactions

Pour le faire, il a choisi d’utiliser «le seul moyen» qu’il avait à sa disposition: Facebook. A l’origine du texte, Matthis explique que cette publication permet de «défendre la cause».  

Postée lundi soir, la publication «on va te faire courir sale pédé» s’est propagée comme une traînée de poudre (plus de 1700 réactions et partages mardi à 22h). Photos et attestation médicale à l’appui, Sylvain décrit une violente agression.

Ce soir-là, Sylvain, 26 ans, Matthis, 22 ans, et quatre amis fêtaient la fin de leurs examens et voulaient se rendre sur la «nouvelle terrasse du Beaulac», déjà fermée lorsqu’ils sont arrivés sur place aux alentours de 3h du matin. Ils se sont alors mis à discuter avec un petit groupe devant l’hôtel, visiblement venus fêter un mariage.

Les jumeaux voient rouge

La discussion du «samedi soir» aurait dégénéré lorsqu’un des amis des étudiants eut révélé au petit groupe que Matthis et Sylvain sont homosexuels. Deux «frères jumeaux qui ont vu rouge» se seraient attaqués aux deux jeunes hommes. Résultat: traumatisme crânien, dents cassées, genoux et épaules tuméfiés. Frappé par surprise par un coup de poing, Sylvain aurait perdu connaissance pendant un bon quart d’heure.

Un des amis des deux étudiants à la Haute Ecole de musique aurait finalement réussi à s’interposer et à calmer le jeu. Alertés par le personnel de l’hôtel Beaulac, des agents de la police neuchâteloise sont intervenus peu de temps après l’altercation.

Agresseurs identifiés

La police confirme qu’une intervention a bien eu lieu entre 3h30 et 4h45, à la suite d’une bagarre entre quatre personnes. Les deux victimes de voies de fait et les deux potentiels agresseurs ont été identifiés sur place par les policiers. Mais pour l’heure, la police ne s’avance pas sur le caractère homophobe de l’agression.

Le travail des forces de l’ordre s’est arrêté là, aucune plainte n’ayant pour l’heure été déposée. Les voies de fait et lésions corporelles simples ne sont pas poursuivies d’office par le Ministère public et l’acte homophobe n’est pas incriminé par la loi.

Réserves de la police

Matthis et Sylvain expliquent avoir pris rendez-vous lundi, et seront auditionnés mercredi par les forces de l’ordre.

«Tous les protagonistes n’ont pas encore été entendus, on ne sait pas encore ce qu’il s’est passé», émet avec quelques réserves Georges-André Lozouet, chargé de communication de la police neuchâteloise. «Nous ne contredisons pas les victimes, mais il s’agit pour l’instant d’une seule version rendue publique.» Si une plainte est déposée, la police procédera à des auditions et à une recherche active de témoins.

L’établissement hôtelier a, d’ores et déjà, fourni ses images de vidéosurveillance, mais les caméras étaient cependant trop éloignées pour filmer la bagarre. «Il est possible que les agresseurs soient des clients à nous, mais nous n’avons pas pu formellement les identifier», explique Maxime Rod, directeur de l’hôtel. De leur côté, les victimes assurent que les deux frères logeaient bien à l’hôtel Beaulac et qu’ils sont apparemment originaires de La Chaux-de-Fonds.

De telles attaques sont-elles fréquentes? La police n’a pas en sa possession de statistiques qui recensent les agressions homophobes dans le canton. Mais il s’agirait toutefois de cas «extrêmement rares», selon Pierre-Louis Rochaix, porte-parole de la police neuchâteloise.

 

 

 


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