13.06.2018, 21:20

Agression du port de Neuchâtel: les versions divergent

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Sylvain, 26 ans, et Matthis, 22 ans, ont dénoncé une violente agression homophobe sur Facebook, lundi soir.

 13.06.2018, 21:20 Agression du port de Neuchâtel: les versions divergent

Fait divers Les frères accusés d’agression à Neuchâtel contestent son caractère homophobe, tandis qu’une plainte a été déposée auprès de la police, mercredi après-midi, par les deux jeunes hommes attaqués.

Matthis et Sylvain ont déposé plainte pour une agression qualifiée d’homophobe, mercredi après-midi, auprès de la police neuchâteloise. Des versions contradictoires circulent sur la bagarre qui s’est déroulée dimanche à 3 heures du matin à quelques dizaines de mètres de l’hôtel Beaulac. Les deux jeunes hommes racontaient lundi soir sur Facebook avoir été roués de coups, après qu’un ami eut révélé leur homosexualité à des inconnus.

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«Ils m’ont provoqué»

«Nous ne savions pas qu’ils étaient gays. Cette altercation n’avait rien d’homophobe», assure Bruno*, l’un des deux frères jumeaux incriminés dans l’affaire. «Ils m’ont provoqué, m’ont poussé à bout, je leur avais demandé de partir», se justifie encore Adrien*, le second frère chaux-de-fonnier, qui aurait lui seul porté les coups sur les deux hommes. Une version que soutient un témoin, une femme qui faisait partie du petit groupe d’invités lors du mariage d’un couple de la région.

Selon elle, l’un des deux frères se serait fait chambrer sur la tenue vestimentaire qu’il portait. A l’occasion du mariage organisé au sein de l’hôtel Beaulac, un photomaton aurait été installé pour prendre des photos avec un déguisement. L’un des frères, coiffé d’un petit chapeau rouge – un fez ou tarbouche –, porté par le singe Abu dans le dessin animé Aladdin de Disney, aurait alors été traité de «macaque» à plusieurs reprises. L’alcool aidant, il aurait couru après Matthis et donné des coups aux jeunes hommes, qui faisaient partie d’un groupe de quatre personnes.

Toujours selon cette version, l’altercation aurait été rapide, personne n’aurait été frappé au sol, mais plusieurs coups ont bien été portés aux deux victimes. «J’ai également reçu des coups», assure Adrien. De son côté, Marc défend qu’«ils n’ont tabassé personne».
«Ils veulent uniquement faire le buzz sur les réseaux sociaux. Le post était également rédigé en anglais», tonne Bruno sous le coup de la colère. «Ils sont en train de créer une mise en scène», estime-t-il encore.

Les frères envisagent de porter plainte pour diffamation.

Blessures manifestes

Pourtant, les blessures des deux victimes sont manifestes. Sylvain explique devoir porter une minerve jusqu’à vendredi et il boite. Les attestations médicales postées sur Facebook indiquent des contusions musculaires avec érosions multiples sur l’épaule droite, en cervicale gauche et genou gauche pour Sylvain. Pour Matthis, il est mentionné des douleurs aux mains, à l’épaule droite, à une dent et une entorse bénigne à la cervicale.

Sylvain explique que la publication avait été traduite par une amie, parce qu’une partie importante de son réseau est anglophone.
Désormais, l’affaire est entre les mains de la justice.

*Prénom d’emprunt.

Deux questions à Loris D'Albenzio, porte-parole de Togayther, assocation neuchâteloise LGBT+

Recevez-vous de nombreux témoignages d’homophobie dans le canton de Neuchâtel?

Cela arrive régulièrement. Il faut comprendre l’homophobie de manière large. Elle comprend insultes, blessures physiques et psychologiques. Cette affaire n’est que la pointe de l’iceberg, les attaques se produisent au quotidien dans beaucoup de situations.

Pourquoi dénoncer de telles agressions sur les réseaux sociaux?

C’est important, car cela permet de lutter contre leur invisibilité, étant donné qu’elles ne sont pas recensées par la police. Cela rappelle que ce genre d’agressions homophobes existe toujours et qu’il ne faut se reposer sur nos acquis. En cas de problème, notre association propose une écoute active et des groupes de parole sont mis en place pour ceux qu’ils le souhaitent.


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