30.11.2016, 00:01

Les amis du Musée d’histoire naturelle sont prêts au combat

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Arnaud Maeder se retrouvera peut-être au pain sec et à l’eau le 31juillet prochain...

 30.11.2016, 00:01 Les amis du Musée d’histoire naturelle sont prêts au combat

Par Alain Prêtre

LA CHAUX-DE-FONDS Le non-renouvellement du contrat du conservateur émeut.

L’annonce du non-renouvellement de contrat pour raisons économiques d’Arnaud Maeder, conservateur du Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds, a fait l’effet d’une bombe parmi les soutiens de cette structure. Marcel Jacquat, le prédécesseur d’Arnaud Maeder, est sous le choc. «Je suis fou de rage et complètement abasourdi par la décision du Conseil communal. C’est débile.» Les mots sont...

L’annonce du non-renouvellement de contrat pour raisons économiques d’Arnaud Maeder, conservateur du Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds, a fait l’effet d’une bombe parmi les soutiens de cette structure. Marcel Jacquat, le prédécesseur d’Arnaud Maeder, est sous le choc. «Je suis fou de rage et complètement abasourdi par la décision du Conseil communal. C’est débile.» Les mots sont durs et cinglants, mais à la mesure de l’attachement de la population à son Musée d’histoire naturelle. Président de la Société des amis du Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds, rassemblant quelque 750 membres, Daniel Christen ne mâche pas ses mots pour qualifier la décision de l’exécutif. «C’est scandaleux. On sabre sans humanité et émotion une institution remarquable dirigée par une personnalité remarquable.»

Fermé depuis plus de deux ans

Le départ d’Arnaud Maeder ne serait que la première étape du démantèlement du musée fermé déjà depuis plus de deux ans. C’est la crainte exprimée par Daniel Christen. La dispersion annoncée des collections n’augure rien de bon. «On a connu cela avec le Musée d’histoire naturelle du Locle. On a bien emballé les collections pour les mettre dans une cave. Le musée s’est éteint.» Le président de la Société des amis du musée déclare être «très vigilant» pour que pareille mésaventure n’arrive pas à l’institution chaux-de-fonnière. Le fait qu’il n’y ait plus à compter du 31 juillet prochain de pilote dans l’avion n’est pas là pour le rassurer. «Le musée est un peu comme un bateau auquel on a enlevé le timonier.» Marcel Jacquat enfonce le clou. «Si tu supprimes la direction, c’est la gabegie totale.»

Les amis du musée ne comprennent pas que les autorités ne les aient pas approchées avant de prendre de telles décisions. «Nous aurions pu réfléchir ensemble à des solutions. Nous ne sommes pas une société sans moyens, de même que la Société des amis du Bois du Petit-Château.» Et d’évoquer une piste qu’il aurait été judicieux, selon lui, d’explorer. «Nous aurions pu imaginer la création d’une fondation.»

Un coup au foie

L’heure est désormais à la préparation de la riposte, mais, avant de la mettre à exécution, Daniel Christen et ses amis doivent encaisser le choc. «Nous sommes comme un boxeur qui vient de recevoir un coup au foie. Nous devons d’abord nous relever pour ensuite reprendre le combat.» Le comité de la société se réunira la semaine prochaine pour étudier les moyens d’action qu’il mettra en œuvre. «Nous nous battrons jusqu’au bout pour que le zoo et le musée survivent», annonce Daniel Christen.

Immense déception

Arnaud Maeder ignore à qui il remettra les clés des institutions zoologiques de La Chaux-de-Fonds le 31 juillet 2017 au soir après avoir dit «adieu» à ses collègues et aux pensionnaires du Bois du Petit-Château. Le Conseil communal n’a en effet pas prévu de remplacer le conservateur du Musée d’histoire naturelle, sacrifié au nom des économies financières. L’intéressé est encore sous le choc d’une décision à laquelle il ne «s’attendait pas. J’ai été mis devant le fait accompli». Pour couper court à certaines rumeurs, Arnaud Maeder souligne que le non-renouvellement de son contrat est le fait exclusif des autorités communales. «Je suis victime d’une crise financière et j’éprouve une grande déception après neuf ans et demi passés au service des institutions. J’ai un véritable goût d’inachevé.»

L’intéressé ne croit guère à un retournement de situation, mais il signale qu’il serait «prêt à s’engager à fond dans l’ensemble des missions attachées aux deux structures, y compris», souligne-t-il, «dans un projet de zoo-musée redimensionné». Il précise sa pensée, affirmant «qu’un Naturama très light par rapport au projet initial lui permettrait de continuer à mettre sa volonté à disposition des autorités». Une hypothèse hautement improbable. Arnaud Maeder dit ne pas avoir encore réfléchi à son avenir professionnel. Ce Français ne se fixe pas «d’objectif géographique» laissant seulement entendre «qu’il a toujours navigué entre France et Suisse».


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